Abbé André Fils Mbem
les sacrements
Un Chrétien reconnu publiquement comme étant un adepte d'une secte ésotérique (Franc MaНonnerie, Rose-Croix) doit-il communier ? C'est la réflexion que propose l'Abbé André Fils Mbem, Curé de la paroisse Saint Michel Archange de Nyalla.
les sacrements
Un Chrétien reconnu publiquement comme étant un adepte d'une secte ésotérique (Franc MaНonnerie, Rose-Croix) doit-il communier ? C'est la réflexion que propose l'Abbé André Fils Mbem, Curé de la paroisse Saint Michel Archange de Nyalla.
A l'occasion de la Présentation de Redemptionis Sacramentum, une question similaire avait été posée au Cardinal Francis Arinze, Préfet Emérite de la Congrégation pour les Sacrements et le Culte Divin : " Un prêtre doit -il refuser de donner la communion à un homme politique dont il sait pertinemment qu'il ne respecte pas les positions les plus importantes de l'Eglise Catholique, en particulier sur l'avortement ? "
Le Cardinal Préfet a répondu " Oui ". La même question avait été posée à Mgr Burke Raymond aux Etats-Unis. Se fondant sur le canon 915, il avait demandé à ses prêtres de refuser la communion aux élus catholiques prenant publiquement position en faveur de l'avortement. En effet, l'Eglise fait une distinction fondamentale entre le péché privé et le péché public. On ne peut pas refuser la communion à un fidèle qui n'est que pécheur privé, même si on sait qu'il est en état de péché mortel pour lui avoir refusé l'absolution ou pour l'avoir vu commettre un crime ou un sacrilège, car on n'a pas le droit de faire perdre sa réputation à un fidèle. Ce dernier, suivant la Parole de l'Apôtre Paul, mange et boit sa propre condamnation en prenant de façon indigne le Corps et le Sang du Christ. C'est une affaire entre lui et sa conscience. Il en va tout autrement quand on bafoue publiquement les lois de l'Eglise, que l'on vote publiquement une loi en faveur de l'avortement ou du divorce ou du mariage homosexuel ou de façon ostensible, on prend position par des articles ou des pétitions en faveur des doctrines contraires à la foi catholique ou à l'Enseignement de l'Eglise. Tel est le cas par exemple de celui qui défendrait et soutiendrait ostensiblement la Rose Croix ou la Franc- Maçonnerie, qui sont contraires à la foi catholique.
Saint Ambroise, Archevêque de Milan, refusa publiquement l'entrée de sa Cathédrale à Théodose coupable de multiples meurtres et qui n'avait pas fait publiquement pénitence. Quand le Roi Louis XV tomba gravement malade et que l'on craignit qu'il ne vint à décéder, l'Evêque refusa de lui donner les derniers sacrements tant qu'il n'aurait pas chassé d'auprès de lui sa maîtresse la duchesse de Châteauroux. Il a agi ainsi parce que la maîtresse du roi vivait publiquement en concubinage avec lui. Il se serait agi d'une liaison secrète, il n'aurait pas agi ainsi. Rien n'est plus logique : on ne peut pas bafouer ouvertement les prescriptions les plus graves de l'Eglise et en même temps prétendre recevoir les sacrements comme un fidèle en état de grâce. Le prêtre qui donne sciemment la communion à un homme qu'il sait coupable de péché public se rend complice de son sacrilège. En cas de péché privé, le prêtre doit donner la communion. Seul le fidèle est alors coupable de ce sacrilège.
" Quiconque mange le pain et boit la coupe indignement, aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même ". (1Cor 11, 27 - 29). En partant de cet enseignement, il revient à chacun de savoir, si oui ou non, il est bien préparé et en état de grâce pour recevoir la Sainte communion. Cependant, il y a des cas où le Curé et même la communauté chrétienne connaît un chrétien qui est en situation de péché mortel et public : polygamie, divorcé remarié, appartenance à une secte, défense publique de l'avortement ou du mariage homosexuel. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'un refus de la part du prêtre de donner la communion au fidèle, mais tout simplement un rappel à ce dernier s'il avait oublié que les conditions requises pour la pieuse réception de la Communion ne sont pas remplies. Il faut qu'il revienne au Seigneur de tout son cœur, se convertisse pour réintégrer la communion avec Dieu dans son Eglise.
Il convient toutefois qu'avant de refuser la Communion à un fidèle, qu'on applique la méthode de la correction fraternelle, que le Christ nous a enseignée, sauf si donner la Communion causerait un scandale irréparable. Il conviendrait qu'on appelle d'abord le fidèle seul à seul ; qu'on lui donne l'occasion de s'exprimer et de l'écouter par rapport à la situation de péché public qui lui est reprochée. Si ce dernier s'obstine et s'entête à continuer à communier, alors on lui refuse la Communion. Il peut arriver que le fidèle soit ignorant, alors on l'éclaire, on lui fait la catéchèse, et il peut se repentir. Il peut arriver qu'il reconnaisse sa situation et s'abstienne désormais de communier. Le refus ne doit pas être dans le souci d'humilier, mais le refus doit être une marque de charité envers le fidèle. Et il doit être le dernier recours. En conclusion, évitons au prêtre la peine de refuser la communion, car ce n'est pas une joie pour lui de refuser le Corps du Christ au fidèle qui se présente à lui.
Revenons maintenant au cas précis d'un adepte de Franc Maçonnerie ou de la Rose-Croix. Si un adepte de la Rose- croix ou de la Franc maçonnerie doit ou peut communier au Corps et au Sang du Christ ?
Dans sa Lettre au Peuple Italien "Custodi" (8 décembre 1892), le Pape Léon XIII écrivait: "Rappelons-nous que le christianisme et la maçonnerie sont essentiellement inconciliables et que s'inscrire à l'une signifie se séparer de l'autre". La Congrégation de la Doctrine de la Foi que présidait à l'époque le Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd'hui Pape Benoît XVI a déclaré : " Le jugement négatif de l'Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Eglise, et l'inscription à ces associations reste interdite par l'Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n'ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981. Ainsi, indépendamment de la considération de l'attitude pratique des diverses loges, d'hostilité ou non envers l'Église, la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par sa déclaration du 26.11.1983, entendait se placer au niveau le plus profond et par ailleurs essentiel du problème: soit sur le plan de l'impossibilité de conciliation des principes, c'est-à-dire sur le plan de la foi et de ses exigences morales.
À partir de ce point de vue doctrinal, et par ailleurs en continuation de la position traditionnelle de l'Église, comme en témoignent les documents de Léon XIII cités plus haut, s'ensuivaient par la suite les conséquences pratiques nécessaires, valables pour tous ceux des fidèles qui auraient pu s'inscrire à la maçonnerie.
C'est précisément en considérant tous ces éléments que la Déclaration de la Sacrée Congrégation affirme que l'inscription aux associations maçonniques "demeure interdite par l'Église", et que les fidèles qui s'y inscrivent "sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion".
Par cette dernière expression, la Sacrée Congrégation indique aux fidèles qu'une telle inscription constitue objectivement un péché grave, et en précisant que ceux qui adhèrent à une association maçonnique ne peuvent accéder à la Sainte Communion, elle veut éclairer la conscience des fidèles sur la conséquence grave de leur adhésion à une loge maçonnique.
Sur quels points s'opposent l'Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ?
Mgr Henri BRINCARD, Evêque du Puy-en-Velay, dans une interview à lui accordée en voit trois principaux :
A) La franc-maçonnerie prône le relativisme doctrinal. Autrement dit, les vérités profondes concernant l'homme et sa destinée ne peuvent être connues avec certitude. A ce sujet, il n'y a donc ni vérité définitive ni vérité universelle. Le croyant, au contraire, affirme : " Jésus Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie." Mais le croyant authentique ajoutera aussitôt : " Si en Jésus Christ, j'atteins la vérité, cette vérité, je la reçois ; ensuite je suis appelé à la connaître toujours plus ; enfin, ce que j'en connais, je ne le mets pas suffisamment en pratique. C'est pourquoi connaître la Vérité ne signifie pas la posséder, c'est bien plutôt Elle qui me possède!"
Voici quelques conséquences de ce relativisme doctrinal :
a) La connaissance de l'Etre suprême est une connaissance si générale que tout homme peut se faire un dieu selon son idée. " Le grand architecte de l'univers ", comme on appelle Dieu dans la tradition maçonnique, est quelque chose d'indéfini, ouvert à toute compréhension. Autrement dit, chacun peut y introduire sa représentation de Dieu, le chrétien comme le musulman, le confucianiste comme l'animiste ou le fidèle de n'importe quelle religion. Pour le franc-maçon, " le grand architecte de l'univers " n'est pas un être au sens d'un Dieu personnel. C'est pourquoi, il suffit d'une " vive sensibilité religieuse " pour reconnaître son existence. Cette conception d'un Etre suprême, trônant dans un éloignement déiste, veut, bien entendu, saper à la base la foi catholique en Dieu et rendre vaine toute réponse de l'homme à Celui qui se révèle comme un Père plein d'amour et de miséricorde.
b) La franc-maçonnerie, d'une manière générale, refuse jusqu'à la possibilité d'une révélation divine. Certaines obédiences soutiennent que l'intelligence humaine peut affirmer l'existence de l'Etre suprême. Mais aucun franc-maçon n'acceptera jamais que Dieu ait parlé aux hommes, leur donnant une lumière venant des profondeurs de son Amour, une lumière confiée à l'Eglise pour être transmise fidèlement à tous les hommes.
Ajoutons que lorsqu'une révélation divine est considérée comme acceptable, une telle révélation ne passe en aucun cas par un magistère ecclésial. Elle est livrée à l'appréciation subjective de chacun. Il faut surtout souligner que la franc-maçonnerie verse dans un rationalisme typique du " Siècle des Lumières. " Un tel rationalisme est une infirmité intellectuelle. En effet, quiconque cherche la vérité, l'aime pour elle-même, sans jamais prétendre qu'elle provient de la seule raison humaine. Si la vérité attire seulement en tant que mesurée par l'homme, cette attraction ne cache-t-elle pas un grand orgueil ?
c) La franc-maçonnerie n'admet aucune morale objective et donc universelle. Selon un franc-maçon que je cite : "La morale est essentiellement contingente. Elle évolue". Nous saisissons mieux aujourd'hui les conséquences funestes d'un tel scepticisme.
B) La franc-maçonnerie refuse toute idée de salut. L'homme se construit par lui-même. Il n'a pas besoin de Dieu pour changer son cœur et trouver le bonheur. Il en va autrement pour le croyant. La foi lui découvre qu'en Jésus Christ, Dieu est venu parmi les hommes pour les sauver. " Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a envoyé son Fils". Ce salut consiste en une délivrance. C'est un salut de tout l'homme, proposé à tout homme. Jésus Christ sauve en particulier la liberté humaine, abîmée par le péché. Mais en Jésus Christ, la vie divine est aussi communiquée : c'est une vie de lumière et d'amour que "l'œil n'a pas vue et que l'oreille n'a pas entendu". L'homme est appelé à entrer en communion avec la Trinité divine. Autrement dit Jésus comble et même dépasse les aspirations les plus profondes du cœur humain.
L'opposition farouche de la maçonnerie au salut apporté en Jésus Christ, me fait penser à cette réflexion d'un grand écrivain de notre temps : "Le plus impressionnant aujourd'hui n'est pas que l'homme fasse le mal, c'est-à-dire se détruise et détruise les autres. Le plus effrayant est que l'homme veuille se passer de Dieu pour faire le bien". Pierre Simon, ancien Grand Maître de la Grande loge, le dit à sa manière : " L'homme est le point de départ de tout chose et de toute connaissance, il est sa propre référence. Seul aujourd'hui, il peut dire ce qui est bon pour l'homme."
C) Le secret maçonnique est quelque chose que l'Eglise n'a jamais accepté.
Sur ce point, il n'est pas nécessaire d'affabuler : l'existence de ce secret, reconnue par les francs-maçons eux-mêmes, porte gravement atteinte à la dignité de la personne humaine. Le secret maçonnique, en effet, empêche l'homme de s'engager consciemment et librement.
Evoquons brièvement quelques aspects de ce secret : un maçon n'a pas le droit de révéler à un " profane " l'identité de ses frères ; tout au plus peut-t-il - s'il le juge utile, déclarer son appartenance à la franc-maçonnerie.
Il ne peut pas non plus divulguer le contenu de certains travaux auxquels il a pris part au sein de son atelier, ni faire connaître aux frères de grades inférieurs les mots de passe, signes ou symboles propres à son grade. Enfin, il existe un secret spécial, fruit d'une initiation aux formes douteuses. L'initiation est censée conduire à une révélation intérieure illuminant celui qui en est l'objet au fur et à mesure qu'il avance sur la voie de la connaissance.
A sa manière, la franc-maçonnerie est donc une gnose " au nom menteur " (Saint Irénée) avec une dimension occultiste très inquiétante. Ajoutons que les hauts gradés de la franc-maçonnerie présents dans une loge de la base ne révèleront jamais aux membres de cette loge leur " dignité". On a pu dire à juste titre que la franc-maçonnerie est une " superposition de loges secrètes ".
A suivre à la prochaine édition
Le Cardinal Préfet a répondu " Oui ". La même question avait été posée à Mgr Burke Raymond aux Etats-Unis. Se fondant sur le canon 915, il avait demandé à ses prêtres de refuser la communion aux élus catholiques prenant publiquement position en faveur de l'avortement. En effet, l'Eglise fait une distinction fondamentale entre le péché privé et le péché public. On ne peut pas refuser la communion à un fidèle qui n'est que pécheur privé, même si on sait qu'il est en état de péché mortel pour lui avoir refusé l'absolution ou pour l'avoir vu commettre un crime ou un sacrilège, car on n'a pas le droit de faire perdre sa réputation à un fidèle. Ce dernier, suivant la Parole de l'Apôtre Paul, mange et boit sa propre condamnation en prenant de façon indigne le Corps et le Sang du Christ. C'est une affaire entre lui et sa conscience. Il en va tout autrement quand on bafoue publiquement les lois de l'Eglise, que l'on vote publiquement une loi en faveur de l'avortement ou du divorce ou du mariage homosexuel ou de façon ostensible, on prend position par des articles ou des pétitions en faveur des doctrines contraires à la foi catholique ou à l'Enseignement de l'Eglise. Tel est le cas par exemple de celui qui défendrait et soutiendrait ostensiblement la Rose Croix ou la Franc- Maçonnerie, qui sont contraires à la foi catholique.
Saint Ambroise, Archevêque de Milan, refusa publiquement l'entrée de sa Cathédrale à Théodose coupable de multiples meurtres et qui n'avait pas fait publiquement pénitence. Quand le Roi Louis XV tomba gravement malade et que l'on craignit qu'il ne vint à décéder, l'Evêque refusa de lui donner les derniers sacrements tant qu'il n'aurait pas chassé d'auprès de lui sa maîtresse la duchesse de Châteauroux. Il a agi ainsi parce que la maîtresse du roi vivait publiquement en concubinage avec lui. Il se serait agi d'une liaison secrète, il n'aurait pas agi ainsi. Rien n'est plus logique : on ne peut pas bafouer ouvertement les prescriptions les plus graves de l'Eglise et en même temps prétendre recevoir les sacrements comme un fidèle en état de grâce. Le prêtre qui donne sciemment la communion à un homme qu'il sait coupable de péché public se rend complice de son sacrilège. En cas de péché privé, le prêtre doit donner la communion. Seul le fidèle est alors coupable de ce sacrilège.
" Quiconque mange le pain et boit la coupe indignement, aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même ". (1Cor 11, 27 - 29). En partant de cet enseignement, il revient à chacun de savoir, si oui ou non, il est bien préparé et en état de grâce pour recevoir la Sainte communion. Cependant, il y a des cas où le Curé et même la communauté chrétienne connaît un chrétien qui est en situation de péché mortel et public : polygamie, divorcé remarié, appartenance à une secte, défense publique de l'avortement ou du mariage homosexuel. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'un refus de la part du prêtre de donner la communion au fidèle, mais tout simplement un rappel à ce dernier s'il avait oublié que les conditions requises pour la pieuse réception de la Communion ne sont pas remplies. Il faut qu'il revienne au Seigneur de tout son cœur, se convertisse pour réintégrer la communion avec Dieu dans son Eglise.
Il convient toutefois qu'avant de refuser la Communion à un fidèle, qu'on applique la méthode de la correction fraternelle, que le Christ nous a enseignée, sauf si donner la Communion causerait un scandale irréparable. Il conviendrait qu'on appelle d'abord le fidèle seul à seul ; qu'on lui donne l'occasion de s'exprimer et de l'écouter par rapport à la situation de péché public qui lui est reprochée. Si ce dernier s'obstine et s'entête à continuer à communier, alors on lui refuse la Communion. Il peut arriver que le fidèle soit ignorant, alors on l'éclaire, on lui fait la catéchèse, et il peut se repentir. Il peut arriver qu'il reconnaisse sa situation et s'abstienne désormais de communier. Le refus ne doit pas être dans le souci d'humilier, mais le refus doit être une marque de charité envers le fidèle. Et il doit être le dernier recours. En conclusion, évitons au prêtre la peine de refuser la communion, car ce n'est pas une joie pour lui de refuser le Corps du Christ au fidèle qui se présente à lui.
Revenons maintenant au cas précis d'un adepte de Franc Maçonnerie ou de la Rose-Croix. Si un adepte de la Rose- croix ou de la Franc maçonnerie doit ou peut communier au Corps et au Sang du Christ ?
Dans sa Lettre au Peuple Italien "Custodi" (8 décembre 1892), le Pape Léon XIII écrivait: "Rappelons-nous que le christianisme et la maçonnerie sont essentiellement inconciliables et que s'inscrire à l'une signifie se séparer de l'autre". La Congrégation de la Doctrine de la Foi que présidait à l'époque le Cardinal Joseph Ratzinger, aujourd'hui Pape Benoît XVI a déclaré : " Le jugement négatif de l'Eglise sur les associations maçonniques demeure donc inchangé, parce que leurs principes ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l'Eglise, et l'inscription à ces associations reste interdite par l'Eglise. Les fidèles qui appartiennent aux associations maçonniques sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion.
Les autorités ecclésiastiques locales n'ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques par un jugement qui impliquerait une dérogation à ce qui a été affirmé ci dessus, dans la ligne de la déclaration de cette Congrégation du 17 février 1981. Ainsi, indépendamment de la considération de l'attitude pratique des diverses loges, d'hostilité ou non envers l'Église, la Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par sa déclaration du 26.11.1983, entendait se placer au niveau le plus profond et par ailleurs essentiel du problème: soit sur le plan de l'impossibilité de conciliation des principes, c'est-à-dire sur le plan de la foi et de ses exigences morales.
À partir de ce point de vue doctrinal, et par ailleurs en continuation de la position traditionnelle de l'Église, comme en témoignent les documents de Léon XIII cités plus haut, s'ensuivaient par la suite les conséquences pratiques nécessaires, valables pour tous ceux des fidèles qui auraient pu s'inscrire à la maçonnerie.
C'est précisément en considérant tous ces éléments que la Déclaration de la Sacrée Congrégation affirme que l'inscription aux associations maçonniques "demeure interdite par l'Église", et que les fidèles qui s'y inscrivent "sont en état de péché grave et ne peuvent accéder à la Sainte Communion".
Par cette dernière expression, la Sacrée Congrégation indique aux fidèles qu'une telle inscription constitue objectivement un péché grave, et en précisant que ceux qui adhèrent à une association maçonnique ne peuvent accéder à la Sainte Communion, elle veut éclairer la conscience des fidèles sur la conséquence grave de leur adhésion à une loge maçonnique.
Sur quels points s'opposent l'Eglise catholique et la Franc-maçonnerie ?
Mgr Henri BRINCARD, Evêque du Puy-en-Velay, dans une interview à lui accordée en voit trois principaux :
A) La franc-maçonnerie prône le relativisme doctrinal. Autrement dit, les vérités profondes concernant l'homme et sa destinée ne peuvent être connues avec certitude. A ce sujet, il n'y a donc ni vérité définitive ni vérité universelle. Le croyant, au contraire, affirme : " Jésus Christ est le Chemin, la Vérité et la Vie." Mais le croyant authentique ajoutera aussitôt : " Si en Jésus Christ, j'atteins la vérité, cette vérité, je la reçois ; ensuite je suis appelé à la connaître toujours plus ; enfin, ce que j'en connais, je ne le mets pas suffisamment en pratique. C'est pourquoi connaître la Vérité ne signifie pas la posséder, c'est bien plutôt Elle qui me possède!"
Voici quelques conséquences de ce relativisme doctrinal :
a) La connaissance de l'Etre suprême est une connaissance si générale que tout homme peut se faire un dieu selon son idée. " Le grand architecte de l'univers ", comme on appelle Dieu dans la tradition maçonnique, est quelque chose d'indéfini, ouvert à toute compréhension. Autrement dit, chacun peut y introduire sa représentation de Dieu, le chrétien comme le musulman, le confucianiste comme l'animiste ou le fidèle de n'importe quelle religion. Pour le franc-maçon, " le grand architecte de l'univers " n'est pas un être au sens d'un Dieu personnel. C'est pourquoi, il suffit d'une " vive sensibilité religieuse " pour reconnaître son existence. Cette conception d'un Etre suprême, trônant dans un éloignement déiste, veut, bien entendu, saper à la base la foi catholique en Dieu et rendre vaine toute réponse de l'homme à Celui qui se révèle comme un Père plein d'amour et de miséricorde.
b) La franc-maçonnerie, d'une manière générale, refuse jusqu'à la possibilité d'une révélation divine. Certaines obédiences soutiennent que l'intelligence humaine peut affirmer l'existence de l'Etre suprême. Mais aucun franc-maçon n'acceptera jamais que Dieu ait parlé aux hommes, leur donnant une lumière venant des profondeurs de son Amour, une lumière confiée à l'Eglise pour être transmise fidèlement à tous les hommes.
Ajoutons que lorsqu'une révélation divine est considérée comme acceptable, une telle révélation ne passe en aucun cas par un magistère ecclésial. Elle est livrée à l'appréciation subjective de chacun. Il faut surtout souligner que la franc-maçonnerie verse dans un rationalisme typique du " Siècle des Lumières. " Un tel rationalisme est une infirmité intellectuelle. En effet, quiconque cherche la vérité, l'aime pour elle-même, sans jamais prétendre qu'elle provient de la seule raison humaine. Si la vérité attire seulement en tant que mesurée par l'homme, cette attraction ne cache-t-elle pas un grand orgueil ?
c) La franc-maçonnerie n'admet aucune morale objective et donc universelle. Selon un franc-maçon que je cite : "La morale est essentiellement contingente. Elle évolue". Nous saisissons mieux aujourd'hui les conséquences funestes d'un tel scepticisme.
B) La franc-maçonnerie refuse toute idée de salut. L'homme se construit par lui-même. Il n'a pas besoin de Dieu pour changer son cœur et trouver le bonheur. Il en va autrement pour le croyant. La foi lui découvre qu'en Jésus Christ, Dieu est venu parmi les hommes pour les sauver. " Dieu a tellement aimé le monde qu'il lui a envoyé son Fils". Ce salut consiste en une délivrance. C'est un salut de tout l'homme, proposé à tout homme. Jésus Christ sauve en particulier la liberté humaine, abîmée par le péché. Mais en Jésus Christ, la vie divine est aussi communiquée : c'est une vie de lumière et d'amour que "l'œil n'a pas vue et que l'oreille n'a pas entendu". L'homme est appelé à entrer en communion avec la Trinité divine. Autrement dit Jésus comble et même dépasse les aspirations les plus profondes du cœur humain.
L'opposition farouche de la maçonnerie au salut apporté en Jésus Christ, me fait penser à cette réflexion d'un grand écrivain de notre temps : "Le plus impressionnant aujourd'hui n'est pas que l'homme fasse le mal, c'est-à-dire se détruise et détruise les autres. Le plus effrayant est que l'homme veuille se passer de Dieu pour faire le bien". Pierre Simon, ancien Grand Maître de la Grande loge, le dit à sa manière : " L'homme est le point de départ de tout chose et de toute connaissance, il est sa propre référence. Seul aujourd'hui, il peut dire ce qui est bon pour l'homme."
C) Le secret maçonnique est quelque chose que l'Eglise n'a jamais accepté.
Sur ce point, il n'est pas nécessaire d'affabuler : l'existence de ce secret, reconnue par les francs-maçons eux-mêmes, porte gravement atteinte à la dignité de la personne humaine. Le secret maçonnique, en effet, empêche l'homme de s'engager consciemment et librement.
Evoquons brièvement quelques aspects de ce secret : un maçon n'a pas le droit de révéler à un " profane " l'identité de ses frères ; tout au plus peut-t-il - s'il le juge utile, déclarer son appartenance à la franc-maçonnerie.
Il ne peut pas non plus divulguer le contenu de certains travaux auxquels il a pris part au sein de son atelier, ni faire connaître aux frères de grades inférieurs les mots de passe, signes ou symboles propres à son grade. Enfin, il existe un secret spécial, fruit d'une initiation aux formes douteuses. L'initiation est censée conduire à une révélation intérieure illuminant celui qui en est l'objet au fur et à mesure qu'il avance sur la voie de la connaissance.
A sa manière, la franc-maçonnerie est donc une gnose " au nom menteur " (Saint Irénée) avec une dimension occultiste très inquiétante. Ajoutons que les hauts gradés de la franc-maçonnerie présents dans une loge de la base ne révèleront jamais aux membres de cette loge leur " dignité". On a pu dire à juste titre que la franc-maçonnerie est une " superposition de loges secrètes ".
A suivre à la prochaine édition

Trois questions à Mr l'abbé Mbem:
1. Qui est le Grand Architecte de l'Univers ?
2.Qui a été à l'origine de la Franc-maçonnerie spéculative?
3. Où se trouvait la loge P2 et qui en était le Grand Maître ?
Rédigé par : Muna Mboa | 09/02/2013 à 18:51