Sylvestre Ndoumou
L’opération d’identification des motos- taxis en activité dans la ville de Douala, bat son plein. L’autorité est déterminée à séparer le bon grain de l’ivraie, question d’éloigner les malfaiteurs de cette activité. Les motos – taximen ont un mois pour se conformer.
Depuis l’avènement du transport par motos dans les villes du Cameroun, les motos taximen sont en permanence au coeur de la polémique. Accusés de tous les maux, ils sont régulièrement impliqués dans les accidents de la circulation, du fait de leur méconnaissance du code de la route et la dangerosité de leur conduite désordonnée. Ils sont aussi accusés d’agresser et de dépouiller les passagers. Aujourd’hui, l’autorité administrative et la Communauté Urbaine de Douala semblent cette fois déterminées à prendre le taureau par les cornes. Après avoir longtemps toléré le règne de l’anarchie dans le transport par motos, il s’agit à présent d’appliquer avec rigueur le décret n°2008/3447/Pm du 31 décembre 2008, fixant les conditions et les modalités d’exploitation à titre onéreux des motocycles « motos -taxis » affectés au transport public de personnes dans les zones péri urbaines et rurales. Cette opération est salvatrice, car elle permettra de blanchir les vrais professionnels des maux dont ils sont accusés, comme le souligne Ngambeu Martin, moto taximan rencontré au poste d’identification de la Salle des fêtes d’Akwa à Douala : « Je suis pour l’identification. Vous voyez, des bandits s’infiltrent parmi nous et agressent les passagers, et le public accuse les vrais motos taximen. Ceux qui font honnêtement leur travail n’ont rien à voir avec les agressions ». Un sentiment partagé par son collègue Mekouin Ernest : « Je suis très content pour cette opération, parce que si tous les vrais motos taximen adhèrent, l’opinion publique ne nous accusera plus de commettre des agressions. Ce sont les bandits qui agressent les gens. Puisqu’ils utilisent les motos, le public ne peut plus faire un discernement entre les vrais motos taximen et les bandits ».
Rendu à la salle des fêtes d’Akwa où la mairie de Douala 1er a établi un point d’identification, nous avons rencontré M. Moukouri France. C’est lui l’agent identificateur. « A l’heure où je vous parle, les opérations d’identification se déroulent dans la sérénité. Tous les usagers qui arrivent ici sont servis. Je profite de l’occasion pour lancer un appel à tous les motos taximen qui hésitent encore, de venir se faire identifier », souligne t-il d’entrée de jeu. Pour se faire identifier, « Il n’y a que deux pièces à fournir. Il s’agit de la carte nationale d’identité et sa photocopie, ensuite, la carte grise et sa photocopie. Si l’usager n’a pas de carte grise, il doit impérativement présenter une facture originale de la moto et sa photocopie. Ensuite, deux numéros sont attribués à la moto. L’un est posé sur le réservoir, et l’autre à l’avant de la moto. Chaque moto est habillée aux couleurs de la mairie d’arrondissement où elle a été recensée ’’, précise encore M. Moukouri. A la Salle des fêtes d’Akwa, M. Moukouri France est épaulé par une équipe de la Délégation régionale des transports du Littoral. Leur rôle est d’aider les motos taximen à établir la carte grise. Comme l’a précisé Joseph T : « Nous sommes là pour faciliter l’obtention de la carte grise aux motos taximen. En plus des pièces exigées par le ministère des Transports, la seule condition est d’abord de se faire identifier. Si un usager n’est pas identifié, nous ne pouvons lui établir sa carte grise ».
Mais l’opération rencontre quelques petits soucis, du fait de la résistance de certains conducteurs qui agressent leurs collègues déjà identifiés, comme le déplore M. Moukouri France : « Nous avons reçu des plaintes de certains motos taximen déjà identifiés qui auraient été agressés par ceux qui ne le sont pas. A cela, nous avons trouvé une solution. Après l’identification d’une moto, l’usager doit faire une photocopie de la fiche et la garder avec lui. L’original est transmis à l’agent qui habille la moto. Pour avoir une preuve qu’ils sont déjà identifiés, ils présentent tout simplement la photocopie de la fiche d’identification. Lorsque le contrôle va commencer, ils pourront présenter cette photocopie même si leurs frères déchirent l’habillage qui a été donné par la Commune ».
Mais pour quelles raisons certains conducteurs refusent-ils de se faire identifier ? Ngambeu Martin, répond sans hésiter : “Je suis convaincu que ce sont les brigands qui ont l’habitude d’agresser les usagers et les voleurs de motos. Les voleurs par exemple, ne peuvent pas se faire identifier, puisqu’ils ne peuvent pas présenter la carte grise d’une moto qui ne leur appartient pas. Ils ont peur de se faire appréhender. Nous souhaitons que le public soutienne cette opération, en boycottant les services des motos qui évoluent en marge de la réglementation ‘’ .

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