Sylvestre Ndoumou
Bien préparer la rentrée scolaire pour garantir le succès aux enfants
L’année scolaire 2010 -2011est déjà là. Le succès ou l’échec des enfants dépendra de la manière dont les parents ont préparé ou géré la nouvelle année scolaire.
Inculquer le goût du travail
bien fait
A l’école, il n’y a pas une autre alternative. Pour réussir, il faut travailler dur, c’est-à-dire apprendre ses leçons, en sacrifiant les loisirs et autres plaisirs inopportuns pour les études. Le principal défi à relever par les parents, c’est celui d’inculquer le goût du travail bien fait aux enfants. Aujourd’hui, l’effort ne semble plus être une valeur dans notre société. Il devient même difficile d’en transmettre aux enfants, quand la télévision, avec ses “Star Academy”, les stars de cinéma, de sport, et même de la prostitution, montre chaque jour comment tous ces gens gagnent des millions facilement. La télévision fait croire aux enfants que la réussite est une affaire de charme, de roublardise, de séduction, de chance, et non du travail bien fait, de persévérance, de patience. Les psychologues et psychanalystes Claude Boukobza et Hélène Brunschwig, et Xavier Pommereau qui ont mené de nombreuses études sur la psychologie des jeunes, nous apprennent que : « Nous vivons sous le signe de l’éphémère : les idoles, du spectacle comme du sport, et de la feymania, descendent de leur piédestal aussi vite qu’elles y sont montées. Tout contribue à donner la sensation que la gloire s’acquiert en un coup de baguette magique, sans effort ». Comment, dans ces conditions, convaincre les enfants que seul le travail compte pour réussir, même pour devenir bon en sport ou en musique ? Les parents qui, au lieu d’encourager l’effort, s’investissent dans la corruption des enseignants pour qu’ils distribuent des notes complaisantes à leurs enfants, qui sont prêts à acheter les épreuves à leurs enfants, ont déjà tracé le chemin de l’échec à leurs progénitures. L’amour de l’effort n’a rien de naturel. C’est le fruit d’un apprentissage, d’une prise de conscience qui ne peuvent avoir lieu sans les parents eux-mêmes, convaincus que « faire des efforts » n’est pas une expression creuse.
Pression négative sur les enfants
Certains parents exercent une forte pression négative sur leurs enfants. Celle-ci peut s’avérer catastrophique pour le résultat escompté. Cette pression, les éducateurs la qualifient de ‘’hyper-éducation”. Le Dr américain Rosenfeld a beaucoup travaillé avec le National Family Night dans la lutte contre les effets dévastateurs de l’hyper éducation. Voici la mise en garde qu’il adresse aux parents : ‘’ Un investissement excessif des parents qui conduit à une sur-implication : concrètement, c’est s’attacher à régler la vie de l’enfant jusque dans les moindres détails, comme par exemple celui de choisir les copains et copines (ce qui ne veut pas dire qu’il faille être négligeant sur les types de fréquentations) et amener l’enfant à s’allier d’amitié avec tel ou tel autre enfant ; un surnombre d’activités extra-scolaires chez l’enfant (hyperactivité). Par exemple, dès la sortie de l’école Nathalie se rend à son cours de piano, et cela 3 fois par semaine. Les autres jours, c’est la natation, agrémentée d’un programme intensif d’entraînement le mercredi pour être suffisamment performante le jour des compétitions. Enfin, le week-end, c’est la fréquentation d’un club de tennis”. Certes, ces parents sont animés de bonnes intentions pour leur fille. Pourtant ils ne s’aperçoivent pas qu’ils sont en train de la surcharger et de la fatiguer par une pression constante exercée par ces multiples activités ; une protection exagérée des parents, c’est le syndrome de la mère poule. A vouloir lui éviter tous les dangers, en réglant tous les problèmes à sa place dans le but louable de le mettre dans les meilleures conditions possibles, l’enfant n’apprend pas ou mal à être autonome. Dans la vie adulte, il aura alors bien du mal à surmonter les obstacles qui ne manqueront pas de se dresser sur sa route.
Le danger de l’argent de poche exagéré
L’argent de poche aide l’enfant à se responsabiliser et à devenir plus autonome. A condition toutefois que vous ne lâchiez pas dans la nature votre rejeton avec un petit magot ! Pour que cette nouvelle liberté ne devienne pas un casse-tête pour vous comme pour lui, le montant doit être adapté à ses besoins, et s’assortir de quelques bons conseils. Malheureusement, que voyons –nous dans les lycées et collèges de notre pays ? Des parents nantis qui donnent jusqu’à 5000 Fcfa à leur enfant par jour ! Si on fait la calculette des jours ouvrables pendant un mois, on découvre que l’argent que ces parents donnent à leurs enfants s’élève à 130.000 Cfa par mois ! Une somme qui représente le salaire d’au moins cinq Camerounais qui gagnent 26 000 Fcfa ! Cependant, une erreur courante est de priver votre enfant de son argent de poche sous prétexte qu'il a de mauvaises notes. C'est comme si on vous supprimait votre salaire parce que vous avez commis une erreur au travail. La punition sur l'argent de poche ne rend d'ailleurs pas les enfants plus travailleurs. L’enfant ne demande qu'à avoir un bon bulletin, et s'il n'y arrive pas, mieux vaut chercher les raisons : besoin d'une meilleure aide pour les devoirs ou d'un renfort avec un répétiteur. Autre chose, il est aussi nécessaire de diminuer le temps de télévision. Mais supprimer l'argent de poche, ne saurait être une bonne décision. Les parents doivent transmettre les valeurs en donnant de l'argent de poche. En donner trop, c'est amener l’enfant à penser que l'argent est facile à gagner, et qu’il ne sert plus à rien d’étudier ses leçons. Il est essentiel d’être cohérent entre ce que l’on exige de l’enfant et ce qu’on lui donne à voir. Bien l’accompagner dans sa scolarité, c’est d’abord être un modèle pour lui au quotidien. Parents, entre l’échec et la réussite de votre enfant : vous avez le choix !

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