Jean Pierre Hachda
Des milliers de porcs atteints par la peste porcine africaine sont abattus. Les populations réclament des indemnisations.
Des milliers de porcs atteints par la peste porcine africaine sont abattus. Les populations réclament des indemnisations.
Face à la peste porcine africaine qui sévit dans la Région du Nord depuis le mois de mars, les autorités en charge de l’Elevage, des pêches et des industries animales, préconisent l’abattage systématique des foyers contaminés par la maladie. «La seule solution, comme l’a présenté la décision du ministre, c’est d’abattre systématiquement les animaux rescapés des foyers, les enterrer, détruire et désinfecter tout le matériel touché par les animaux au moment de la maladie », explique Abouna Adam Alifa, Délégué régional de l’Elevage, des pêches et des industries animales (Minepia) du Nord.
Plusieurs autres mesures ont également été prises afin de limiter l’évolution de l’épidémie, notamment celles d’interdire les déplacements de porcs. En effet, depuis le 28 avril 2010, le flux d’animaux venant de l’Extrême-Nord pour l’Adamaoua vers la partie méridionale a été arrêté. «On a pris des mesures et demandé aux gens de ne pas laisser les animaux divaguer, d’aller des élevages infectés aux élevages sains », indique Adam Alifa.
Ces mesures ont permis, selon les autorités, à réduire l’évolution de la peste porcine africaine. «Malheureusement, certains ont pris les animaux pour aller à Lagdo. C’est ainsi qu’ils ont propagé la maladie de l’autre côté. D’autres sont allés avec les animaux à l’Extrême-Nord, et c’est ainsi que cette région a aussi été contaminée », révèle-t-il. Depuis juin, les abattages de porcs se poursuivent dans les derniers foyers localisés à Douloumi, Langui, Pitoa, Gounougou, Lagdo, Tchéboa, Gouna, Bamé et Rabingha. Depuis 4 mois 1.0721 cas de mortalité ont été recensés et des milliers de porcs déclarés infectés sur 43.0115 têtes que compte la région. En attendant les nouvelles estimations, les autorités du Minepia estimaient à 10.401, les pertes enregistrées dans la région à la mi-juin.
Dédommagement
Sur les 13 arrondissements que compte le département, 11 ont été touchés par la peste. Si les autorités s’activent à lutter contre l’épidémie, certains éleveurs ayant pour seule et unique ressource l’élevage de porc, tentent de sauver leur ultime richesse. «Pendant qu’on abattait dans la zone de Lagdo, un éleveur a pris quelques porcelets et est allé dans la zone de Mayo-Rey dans le village de Rabingha, et un foyer est né là-bas », raconte notre source. La propagation de la peste et la décision irréversible des autorités de décimer les porcs dans les foyers contaminés, inquiètent plus que jamais les producteurs informels de porc qui ne savent plus à quel saint se vouer. Des dizaines d’éleveurs ont tout perdu, parfois des centaines de porcs, abattus par les agents du Minepia.
Si les pertes économiques sont énormes, elles font replonger davantage les populations qui y vivaient déjà dans la misère. «J’ai tout perdu et je ne sais plus de quoi je vais vivre. La rentrée scolaire de mes enfants cette année est incertaine », se lamente Douswé, éleveur de Lagdo. Pour l’heure, aucun dédommagement n’est assuré pour les éleveurs qui ont tout perdu. « Nous abattons, nous donnons les fiches et nous attendons », indique le délégué du Minepia. Pourtant, l’épidémie de la peste porcine «a ravagé la quasi-totalité des élevages», relève le rapport synthétique du premier semestre 2010 du programme d’appui à l’agriculture durable du Codas-Caritas. Une situation qui préoccupe l’organisme catholique qui a exprimé sa vive inquiétude au cours de son dernier conseil d’orientation. Les membres de l’organisme de développement se disent préoccupés par les pertes économiques des éleveurs dans ces zones où des dizaines de milliers de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour.
Plusieurs autres mesures ont également été prises afin de limiter l’évolution de l’épidémie, notamment celles d’interdire les déplacements de porcs. En effet, depuis le 28 avril 2010, le flux d’animaux venant de l’Extrême-Nord pour l’Adamaoua vers la partie méridionale a été arrêté. «On a pris des mesures et demandé aux gens de ne pas laisser les animaux divaguer, d’aller des élevages infectés aux élevages sains », indique Adam Alifa.
Ces mesures ont permis, selon les autorités, à réduire l’évolution de la peste porcine africaine. «Malheureusement, certains ont pris les animaux pour aller à Lagdo. C’est ainsi qu’ils ont propagé la maladie de l’autre côté. D’autres sont allés avec les animaux à l’Extrême-Nord, et c’est ainsi que cette région a aussi été contaminée », révèle-t-il. Depuis juin, les abattages de porcs se poursuivent dans les derniers foyers localisés à Douloumi, Langui, Pitoa, Gounougou, Lagdo, Tchéboa, Gouna, Bamé et Rabingha. Depuis 4 mois 1.0721 cas de mortalité ont été recensés et des milliers de porcs déclarés infectés sur 43.0115 têtes que compte la région. En attendant les nouvelles estimations, les autorités du Minepia estimaient à 10.401, les pertes enregistrées dans la région à la mi-juin.
Dédommagement
Sur les 13 arrondissements que compte le département, 11 ont été touchés par la peste. Si les autorités s’activent à lutter contre l’épidémie, certains éleveurs ayant pour seule et unique ressource l’élevage de porc, tentent de sauver leur ultime richesse. «Pendant qu’on abattait dans la zone de Lagdo, un éleveur a pris quelques porcelets et est allé dans la zone de Mayo-Rey dans le village de Rabingha, et un foyer est né là-bas », raconte notre source. La propagation de la peste et la décision irréversible des autorités de décimer les porcs dans les foyers contaminés, inquiètent plus que jamais les producteurs informels de porc qui ne savent plus à quel saint se vouer. Des dizaines d’éleveurs ont tout perdu, parfois des centaines de porcs, abattus par les agents du Minepia.
Si les pertes économiques sont énormes, elles font replonger davantage les populations qui y vivaient déjà dans la misère. «J’ai tout perdu et je ne sais plus de quoi je vais vivre. La rentrée scolaire de mes enfants cette année est incertaine », se lamente Douswé, éleveur de Lagdo. Pour l’heure, aucun dédommagement n’est assuré pour les éleveurs qui ont tout perdu. « Nous abattons, nous donnons les fiches et nous attendons », indique le délégué du Minepia. Pourtant, l’épidémie de la peste porcine «a ravagé la quasi-totalité des élevages», relève le rapport synthétique du premier semestre 2010 du programme d’appui à l’agriculture durable du Codas-Caritas. Une situation qui préoccupe l’organisme catholique qui a exprimé sa vive inquiétude au cours de son dernier conseil d’orientation. Les membres de l’organisme de développement se disent préoccupés par les pertes économiques des éleveurs dans ces zones où des dizaines de milliers de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour.

Commentaires