Sylvestre Ndoumou
Dans cette édition, nous allons parler des relations conflictuelles entre la belle mère et la belle fille. Dans la plupart des cas, ces relations ne sont pas toujours cordiales. Nous allons essayer de comprendre pourquoi.
Dans cette édition, nous allons parler des relations conflictuelles entre la belle mère et la belle fille. Dans la plupart des cas, ces relations ne sont pas toujours cordiales. Nous allons essayer de comprendre pourquoi.
Dans nos familles, parmi les conflits les plus difficiles à gérer, l’on peut citer sans hésiter, celui qui oppose très souvent la belle mère à la belle fille. Une situation très embrassante pour l’homme, un bras de fer que l’on ne peut gérer sans frustrer l’une ou l’autre partie, sans blesser moralement l’un des deux protagonistes. Dans ce schéma, l’homme se retrouve au centre d’un dilemme pénible, car il est à la fois, le fils de sa mère et l’époux de sa compagne. Souvent, par faiblesse humaine, il devient alors difficile de rester neutre, sauf peut-être pour les plus astucieux. D’une manière ou d’une autre, l’on peut être poussé à prendre position, soit en faveur de sa mère, soit en faveur de son épouse. Tout cela contribue malheureusement à raviver les tensions et la zizanie dans la famille.
D’où vient le malaise ?
Le plus souvent, le conflit est interne à la famille de l’homme. Peut-être que le fils a refusé d’épouser la femme que voulait sa mère. Ensuite, la mèche du conflit peut-être allumée dans la plupart des cas, par la belle mère frustrée qui entend se défouler sur cette belle fille qu’elle n’a pas choisie. Et très rarement, par la belle fille pour une raison ou d’une autre. Selon M. Tchoumi T. père de famille âgé de 60 ans qui a déjà eu à gérer ce genre de conflit : « Parfois, l’on découvre qu’il n’y a aucune raison fondamentale susceptible de provoquer des tensions. C’est tout simplement l’instinct naturel de possession de la femme qui s’exprime. La mère veut garder son fils, et la belle fille veut que son époux soit à elle ». Un point de vue que confirme l’analyse de Maryse Vaillant, psychologue et écrivain française : « C’est une question de pouvoir et de rivalité féminine pour le pouvoir d’un homme, de régner sur le coeur d’un homme. C’est l’enjeu : le même homme pour deux femmes, une mère qui ne veut pas le voir partir, et l’épouse qui ne veut pas le partager. Donc, dans cet enjeu de pouvoir, il y a un risque de conflit qui peut venir des deux, mais quand même, bien souvent, de la belle-mère... Car la plupart du temps, la belle-mère n’est pas prête à accueillir une belle-fille, sauf si elle est soumise à sa volonté. Et il y a aussi des belles-filles qui rentrent d’emblée en conflit avec leurs belles-mères, même si celle-ci est charmante, à cause d’une mauvaise éducation reçue des parents ».
Voici deux témoignages, l’un d’une belle mère, et l’autre d’une belle fille. Chacune essaye de tirer la couverture de son côté. « J'ai une belle fille depuis 20 ans et elle ne m'aime pas. J'étais heureuse de voir mon fils avec cette personne. Le lendemain de leur mariage, elle a changé totalement sans savoir pourquoi ni comment. Je ne connais pas mes petits enfants dont l'aîné a 19 ans. Mon fils a coupé les ponts avec ses soeurs et son frère jumeau, et toute la famille, sans savoir pourquoi. Donc voyez vous, ce n'est pas toujours la faute de la belle-mère. Cette belle fille était la première dans la famille, et je l'aimais plus que ma propre fille. Que s'est il passé. Elle a eu la tête montée, et je connais cette personne qui a monté la tête à mon fils ainsi qu'à ma belle fille. Mais je suis obligée de me taire pour toujours ». Voilà le témoignage que nous a donné Mme T. Marie Paule. Quant à Mme Françoise M. voici son histoire : « J'ai une belle mère depuis 6 ans, et tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle vienne vivre avec nous. Elle ne venait que pour un mois, histoire de se reposer après une grave maladie, mais elle est là depuis 6 mois, et ce que je craignais s'est produit... Restauratrice, elle transforme le chez moi en restaurant. Avec elle, il faut toujours cuisiner, et cela nous coûte cher. En effet, elle ne se sent bien que lorsque les marmites sont au feu. Elle trouve son fils trop maigre et moi très grosse. Elle m'a dit : « Maintenant que je suis là, il mangera bien". Elle me reprend sur tout, me critique sur tout, avec des propos du genre "c'est comme ça que je faisais avec son père"... C'est terrible. Lorsque je m'emporte, elle boude et mon mari me dit de lui demander pardon. C'est très humiliant. Il m'a fait comprendre que je ne peux pas me comparer à sa mère, elle est bien trop supérieure à moi. Un jour après un échange de mots durs avec mon époux, celui-ci a décidé de lui donner l'argent des courses, pour la ration et l'entretien de la maison. Histoire de bien me montrer que je ne suis pas indispensable ».
La position de l’homme
Dans notre souci d’en savoir plus, nous avons interrogé une trentaine de personnes mariées, pour connaître quelle serait leur position en cas de conflit entre leur mère et leur femme. Les réponses recueillies montrent que beaucoup d’hommes ne sont pas assez armés pour juguler cette crise. Alors qu’ils devraient jouer les arbitres impartiaux, nous avons été plutôt surpris par leurs réactions : « Quand on épouse un homme, on épouse aussi sa mère » ; «Peut-elle être contente si je me comporte mal envers sa mère ? » ; « Ma femme doit être le prototype de ma mère. Elle doit représenter tout ce qu’est ma mère » ; « Je dois tout à la mère », etc. On découvre donc avec surprise que les hommes sont d’éternels adolescents. Même mariés, ils restent affectueusement attachés à leurs mères à travers un cordon ombilical qui n’est en réalité jamais coupé. Si donc une mère met le foyer de son fils en péril, c’est le signe que son fils est encore "marié" avec elle, et que celui-ci n’est pas encore mature pour couper ce lien qui n’a plus lieu d’être à l’âge adulte. Dans ce cas, il faut mettre le fils face à ses responsabilités : veut-il encore être "le fils à sa maman" ou être un homme, un père, un époux ? Finalement, l’épouse n’est en réalité que la deuxième femme dans le c?ur de son mari, et c’est bien évidemment sa chère maman qui a toujours raison. Si la belle fille tente alors d’acquérir son indépendance, cela est parfois ressenti comme une guerre ouverte avec la belle-mère qui ressent cela comme une frustration. Avec le soutien de son fils, qui pour la circonstance, désapprouve la résistance de son épouse, la mère peut alors monter au créneau, car c’est elle qui l’a porté, nourri, élevé de la naissance à l’âge adulte. Cet enfant, devenu aujourd’hui époux, a été le centre de ses préoccupations durant toute sa vie et le restera. Mais avant d’être une belle-mère, elle est surtout une mère, avec tout ce que cela implique. Et de fait, elle cherche avant tout à protéger celui qui restera toujours son enfant. Même si cela implique une certaine ingérence dans le couple du fiston, et des tensions larvées avec sa belle-fille.
En général, l’homme se sent bien souvent dépassé par les événements. Quand il ne peut soutenir aucun camp, il tient alors un discours d’impuissance qui montre clairement qu’il refuse de trancher. Pour lui, l’amour qu’il porte à ces « deux femmes » (maman et l’épouse) se situe au même degré, et c’est une erreur. Il doit pourtant "quitter" sa mère pour choisir une épouse, une autre femme.
Priorité à la paix en famille
Dans cette situation conflictuelle, le maintien de la paix familiale ne doit pas être négligé. Lorsque le couple vit avec la mère, même pendant une courte durée, celle-ci perçoit les besoins de son fils, et cherche à les combler immédiatement. Le fils la laisse faire sans aucune objection. Mais il devrait, s’il pense à la situation de sa femme, expliquer à sa mère qu’elle n’aurait pas dû intervenir, dans une situation que l’épouse est à mesure de gérer. Malheureusement, le fils est trop peu souvent laxiste.
Même si le fils est maintenant adulte, le lien qui l’attache à sa mère reste très fort. Il doit donc faire un effort conscient pour « quitter son père et sa mère, et s’attacher à sa femme ». Un mari qui sait régler les situations avec tact, cherche tout d’abord à connaître les sentiments de sa femme. Puis il parle à sa mère de ce qui fait l’objet du litige, en présence de sa femme. En assumant ainsi son rôle de conciliateur, un homme peut contribuer à créer au foyer des relations agréables entre les deux femmes qu’il aime, ou à défaut, laisser pourrir la situation.
Conflit inexplicable
Ce conflit entre belle-mère et belle-fille a quelque chose d’assez irrationnel. « Psychologiquement parlant, explique le Dr japonais Saito Makoto, la mère a l’impression que sa belle-fille lui a volé son fils. Bien sûr, elle n’avoue pas ouvertement une pensée aussi puérile, mais, inconsciemment, cette sensation d’avoir été dépossédée de l’affection de son fils est profondément ancrée en elle ». Il en résulte des relations tendues, quand ce n’est pas une guerre ouverte, entre les deux femmes ».
Cette tendance semble d’autant plus prononcée lorsque la famille est petite. Ayant eu à s’occuper de moins d’enfants, la mère se sent plus proche de son fils et, après avoir vécu avec lui pendant des années, elle connaît parfaitement ses goûts. Bien que la jeune épouse fasse son possible pour plaire à son mari, au moins dans les premiers temps, elle en sait moins que sa belle-mère dans ce domaine. Un esprit de compétition peut donc facilement s’installer, pollué par de petites flèches pimentées du genre : « Tiens, je ne t’imaginais pas aussi petite, mon fils n'aime que les grandes femmes comme moi », etc.
Pas de recette miracle
Il n’y a pas de recette rapide pour résoudre ce genre de conflit (sauf si vous en possédez une). Les spécialistes des problèmes familiaux dont nous avons lu les études, suggèrent qu’il convient « de s’accepter. C’est un long chemin de vie. Pour la belle fille, elle ne trouvera la bonne distance que si elle accepte de négocier, de faire des concessions, et de savoir ce qui lui est essentiel. Pour le mari, s’il est mature, il faut qu’il grandisse, qu’il apprenne qu’une mère se quitte, mais que cela n’empêche pas de l’aimer, loin de là. Et pour la belle-mère, souvent, ses réactions s’inscrivent sur des blessures infantiles et refoulées, car elle est persuadée qu’elle agit pour le bien de la famille. Alors, il faut qu’elle fasse l’apprentissage de l’évolution de la société, que les belles-filles d’aujourd’hui ne sont plus comme celles d’hier. Que les belles mères regardent leurs propres filles, pour prendre conscience qu’il n’y a pas de fille idéale, ni de belle-fille parfaite. Avec leurs belles filles, elles doivent avoir la même attitude maternelle qu’elles portent à leurs propres filles.
La belle mère, votre mère
A nos soeurs nous prions d’accorder à votre belle mère, la place qui lui revient dans votre foyer. Sachez qu’elle est la grand-mère de votre enfant, elle représente ses racines, il est important de garder de bons rapports avec elle. C'est bien pratique de pouvoir compter sur son aide de temps en temps. Cela vous aidera à supporter ses petits défauts. Confiez-lui votre bébé de temps en temps. Si elle doit le garder, indiquez-lui ses habitudes, mais ne lui donnez pas une foule de recommandations, faites-lui confiance. Ne la supervisez pas. Elle peut faire différemment de vous, sans que cela traumatise votre enfant. Ecoutez ses conseils, même si vous les jugez d'un autre âge, ou pas du tout adaptés. Vous n'êtes pas obligée de les suivre. Ne la disqualifiez pas, elle vous en garderait une rancune tenace. Elle veut bien faire et, peut-être, certaines de ses idées seront-elles les bienvenues.
Comment entretenir une bonne relation entre belle-mère et belle-fille ?
Marie Ange Nardi, spécialiste des problèmes de famille, donne une série de conseils à propos : « Mettez-vous chacune à la place de l’autre : en tant que belle-fille, comprenez qu’il est toujours difficile pour une mère de ne plus avoir l’exclusivité de l’amour de son enfant. Et qu’en tant que mère, il est normal qu’elle veuille protéger votre conjoint. Finalement, vos préoccupations ne sont pas très éloignées : elle veut, tout comme vous, ce qu’il y a de mieux pour lui. Votre propre mère doit d’ailleurs avoir les mêmes réactions à l’égard de votre gendre. Et vous belle-maman, rappelez-vous les rapports entretenus avec votre propre belle-mère. Evitez de reproduire les mêmes erreurs de communication et de mésentente que vous avez pu vivre de votre côté. Apprenez à vous connaître : en dehors de votre relation et de l’homme qui vous unit, vous êtes aussi deux femmes. Apprenez à vous connaître, à vous écouter. Ne considérez pas uniquement l’autre par sa fonction, mais prenez en compte sa personnalité. Cela vous aidera sans doute à mieux vous entendre et surtout vous comprendre. De quoi casser la symbolique opposition belle-mère / belle-fille, et pourquoi pas, à terme, devenir amies. Ouvrez le dialogue : on ne le dira jamais assez, il faut communiquer ! Si vous ressentez des tensions, parlez-en avec l’intéressée. Rien de tel qu’une bonne explication pour éviter les malentendus, et surtout désamorcez une situation avant qu’elle n’explose. Soyez objective : évitez de vous enflammer pour des broutilles. Ce n’est pas parce que votre belle-mère ou belle-fille n’est pas en accord avec vous qu’il faut nécessairement le prendre comme une attaque. En tant que belle-fille, sachez imposer vos choix, mais n’oubliez pas d’écouter les suggestions de votre belle-mère : elle essaye de vous épauler, et son expérience pourrait vous aider. En tant que belle-mère, apprenez à respecter les décisions prises par votre belle-fille, sachez suggérer sans vous immiscer dans la vie privée du couple. Et surtout, évitez de mettre votre mari ou votre fils au centre de vos éventuelles querelles ! L’impliquer revient à lui demander de choisir entre sa femme et sa mère. Chose qu’il ne peut pas et ne doit surtout pas faire ».
D’où vient le malaise ?
Le plus souvent, le conflit est interne à la famille de l’homme. Peut-être que le fils a refusé d’épouser la femme que voulait sa mère. Ensuite, la mèche du conflit peut-être allumée dans la plupart des cas, par la belle mère frustrée qui entend se défouler sur cette belle fille qu’elle n’a pas choisie. Et très rarement, par la belle fille pour une raison ou d’une autre. Selon M. Tchoumi T. père de famille âgé de 60 ans qui a déjà eu à gérer ce genre de conflit : « Parfois, l’on découvre qu’il n’y a aucune raison fondamentale susceptible de provoquer des tensions. C’est tout simplement l’instinct naturel de possession de la femme qui s’exprime. La mère veut garder son fils, et la belle fille veut que son époux soit à elle ». Un point de vue que confirme l’analyse de Maryse Vaillant, psychologue et écrivain française : « C’est une question de pouvoir et de rivalité féminine pour le pouvoir d’un homme, de régner sur le coeur d’un homme. C’est l’enjeu : le même homme pour deux femmes, une mère qui ne veut pas le voir partir, et l’épouse qui ne veut pas le partager. Donc, dans cet enjeu de pouvoir, il y a un risque de conflit qui peut venir des deux, mais quand même, bien souvent, de la belle-mère... Car la plupart du temps, la belle-mère n’est pas prête à accueillir une belle-fille, sauf si elle est soumise à sa volonté. Et il y a aussi des belles-filles qui rentrent d’emblée en conflit avec leurs belles-mères, même si celle-ci est charmante, à cause d’une mauvaise éducation reçue des parents ».
Voici deux témoignages, l’un d’une belle mère, et l’autre d’une belle fille. Chacune essaye de tirer la couverture de son côté. « J'ai une belle fille depuis 20 ans et elle ne m'aime pas. J'étais heureuse de voir mon fils avec cette personne. Le lendemain de leur mariage, elle a changé totalement sans savoir pourquoi ni comment. Je ne connais pas mes petits enfants dont l'aîné a 19 ans. Mon fils a coupé les ponts avec ses soeurs et son frère jumeau, et toute la famille, sans savoir pourquoi. Donc voyez vous, ce n'est pas toujours la faute de la belle-mère. Cette belle fille était la première dans la famille, et je l'aimais plus que ma propre fille. Que s'est il passé. Elle a eu la tête montée, et je connais cette personne qui a monté la tête à mon fils ainsi qu'à ma belle fille. Mais je suis obligée de me taire pour toujours ». Voilà le témoignage que nous a donné Mme T. Marie Paule. Quant à Mme Françoise M. voici son histoire : « J'ai une belle mère depuis 6 ans, et tout se passait bien jusqu'à ce qu'elle vienne vivre avec nous. Elle ne venait que pour un mois, histoire de se reposer après une grave maladie, mais elle est là depuis 6 mois, et ce que je craignais s'est produit... Restauratrice, elle transforme le chez moi en restaurant. Avec elle, il faut toujours cuisiner, et cela nous coûte cher. En effet, elle ne se sent bien que lorsque les marmites sont au feu. Elle trouve son fils trop maigre et moi très grosse. Elle m'a dit : « Maintenant que je suis là, il mangera bien". Elle me reprend sur tout, me critique sur tout, avec des propos du genre "c'est comme ça que je faisais avec son père"... C'est terrible. Lorsque je m'emporte, elle boude et mon mari me dit de lui demander pardon. C'est très humiliant. Il m'a fait comprendre que je ne peux pas me comparer à sa mère, elle est bien trop supérieure à moi. Un jour après un échange de mots durs avec mon époux, celui-ci a décidé de lui donner l'argent des courses, pour la ration et l'entretien de la maison. Histoire de bien me montrer que je ne suis pas indispensable ».
La position de l’homme
Dans notre souci d’en savoir plus, nous avons interrogé une trentaine de personnes mariées, pour connaître quelle serait leur position en cas de conflit entre leur mère et leur femme. Les réponses recueillies montrent que beaucoup d’hommes ne sont pas assez armés pour juguler cette crise. Alors qu’ils devraient jouer les arbitres impartiaux, nous avons été plutôt surpris par leurs réactions : « Quand on épouse un homme, on épouse aussi sa mère » ; «Peut-elle être contente si je me comporte mal envers sa mère ? » ; « Ma femme doit être le prototype de ma mère. Elle doit représenter tout ce qu’est ma mère » ; « Je dois tout à la mère », etc. On découvre donc avec surprise que les hommes sont d’éternels adolescents. Même mariés, ils restent affectueusement attachés à leurs mères à travers un cordon ombilical qui n’est en réalité jamais coupé. Si donc une mère met le foyer de son fils en péril, c’est le signe que son fils est encore "marié" avec elle, et que celui-ci n’est pas encore mature pour couper ce lien qui n’a plus lieu d’être à l’âge adulte. Dans ce cas, il faut mettre le fils face à ses responsabilités : veut-il encore être "le fils à sa maman" ou être un homme, un père, un époux ? Finalement, l’épouse n’est en réalité que la deuxième femme dans le c?ur de son mari, et c’est bien évidemment sa chère maman qui a toujours raison. Si la belle fille tente alors d’acquérir son indépendance, cela est parfois ressenti comme une guerre ouverte avec la belle-mère qui ressent cela comme une frustration. Avec le soutien de son fils, qui pour la circonstance, désapprouve la résistance de son épouse, la mère peut alors monter au créneau, car c’est elle qui l’a porté, nourri, élevé de la naissance à l’âge adulte. Cet enfant, devenu aujourd’hui époux, a été le centre de ses préoccupations durant toute sa vie et le restera. Mais avant d’être une belle-mère, elle est surtout une mère, avec tout ce que cela implique. Et de fait, elle cherche avant tout à protéger celui qui restera toujours son enfant. Même si cela implique une certaine ingérence dans le couple du fiston, et des tensions larvées avec sa belle-fille.
En général, l’homme se sent bien souvent dépassé par les événements. Quand il ne peut soutenir aucun camp, il tient alors un discours d’impuissance qui montre clairement qu’il refuse de trancher. Pour lui, l’amour qu’il porte à ces « deux femmes » (maman et l’épouse) se situe au même degré, et c’est une erreur. Il doit pourtant "quitter" sa mère pour choisir une épouse, une autre femme.
Priorité à la paix en famille
Dans cette situation conflictuelle, le maintien de la paix familiale ne doit pas être négligé. Lorsque le couple vit avec la mère, même pendant une courte durée, celle-ci perçoit les besoins de son fils, et cherche à les combler immédiatement. Le fils la laisse faire sans aucune objection. Mais il devrait, s’il pense à la situation de sa femme, expliquer à sa mère qu’elle n’aurait pas dû intervenir, dans une situation que l’épouse est à mesure de gérer. Malheureusement, le fils est trop peu souvent laxiste.
Même si le fils est maintenant adulte, le lien qui l’attache à sa mère reste très fort. Il doit donc faire un effort conscient pour « quitter son père et sa mère, et s’attacher à sa femme ». Un mari qui sait régler les situations avec tact, cherche tout d’abord à connaître les sentiments de sa femme. Puis il parle à sa mère de ce qui fait l’objet du litige, en présence de sa femme. En assumant ainsi son rôle de conciliateur, un homme peut contribuer à créer au foyer des relations agréables entre les deux femmes qu’il aime, ou à défaut, laisser pourrir la situation.
Conflit inexplicable
Ce conflit entre belle-mère et belle-fille a quelque chose d’assez irrationnel. « Psychologiquement parlant, explique le Dr japonais Saito Makoto, la mère a l’impression que sa belle-fille lui a volé son fils. Bien sûr, elle n’avoue pas ouvertement une pensée aussi puérile, mais, inconsciemment, cette sensation d’avoir été dépossédée de l’affection de son fils est profondément ancrée en elle ». Il en résulte des relations tendues, quand ce n’est pas une guerre ouverte, entre les deux femmes ».
Cette tendance semble d’autant plus prononcée lorsque la famille est petite. Ayant eu à s’occuper de moins d’enfants, la mère se sent plus proche de son fils et, après avoir vécu avec lui pendant des années, elle connaît parfaitement ses goûts. Bien que la jeune épouse fasse son possible pour plaire à son mari, au moins dans les premiers temps, elle en sait moins que sa belle-mère dans ce domaine. Un esprit de compétition peut donc facilement s’installer, pollué par de petites flèches pimentées du genre : « Tiens, je ne t’imaginais pas aussi petite, mon fils n'aime que les grandes femmes comme moi », etc.
Pas de recette miracle
Il n’y a pas de recette rapide pour résoudre ce genre de conflit (sauf si vous en possédez une). Les spécialistes des problèmes familiaux dont nous avons lu les études, suggèrent qu’il convient « de s’accepter. C’est un long chemin de vie. Pour la belle fille, elle ne trouvera la bonne distance que si elle accepte de négocier, de faire des concessions, et de savoir ce qui lui est essentiel. Pour le mari, s’il est mature, il faut qu’il grandisse, qu’il apprenne qu’une mère se quitte, mais que cela n’empêche pas de l’aimer, loin de là. Et pour la belle-mère, souvent, ses réactions s’inscrivent sur des blessures infantiles et refoulées, car elle est persuadée qu’elle agit pour le bien de la famille. Alors, il faut qu’elle fasse l’apprentissage de l’évolution de la société, que les belles-filles d’aujourd’hui ne sont plus comme celles d’hier. Que les belles mères regardent leurs propres filles, pour prendre conscience qu’il n’y a pas de fille idéale, ni de belle-fille parfaite. Avec leurs belles filles, elles doivent avoir la même attitude maternelle qu’elles portent à leurs propres filles.
La belle mère, votre mère
A nos soeurs nous prions d’accorder à votre belle mère, la place qui lui revient dans votre foyer. Sachez qu’elle est la grand-mère de votre enfant, elle représente ses racines, il est important de garder de bons rapports avec elle. C'est bien pratique de pouvoir compter sur son aide de temps en temps. Cela vous aidera à supporter ses petits défauts. Confiez-lui votre bébé de temps en temps. Si elle doit le garder, indiquez-lui ses habitudes, mais ne lui donnez pas une foule de recommandations, faites-lui confiance. Ne la supervisez pas. Elle peut faire différemment de vous, sans que cela traumatise votre enfant. Ecoutez ses conseils, même si vous les jugez d'un autre âge, ou pas du tout adaptés. Vous n'êtes pas obligée de les suivre. Ne la disqualifiez pas, elle vous en garderait une rancune tenace. Elle veut bien faire et, peut-être, certaines de ses idées seront-elles les bienvenues.
Comment entretenir une bonne relation entre belle-mère et belle-fille ?
Marie Ange Nardi, spécialiste des problèmes de famille, donne une série de conseils à propos : « Mettez-vous chacune à la place de l’autre : en tant que belle-fille, comprenez qu’il est toujours difficile pour une mère de ne plus avoir l’exclusivité de l’amour de son enfant. Et qu’en tant que mère, il est normal qu’elle veuille protéger votre conjoint. Finalement, vos préoccupations ne sont pas très éloignées : elle veut, tout comme vous, ce qu’il y a de mieux pour lui. Votre propre mère doit d’ailleurs avoir les mêmes réactions à l’égard de votre gendre. Et vous belle-maman, rappelez-vous les rapports entretenus avec votre propre belle-mère. Evitez de reproduire les mêmes erreurs de communication et de mésentente que vous avez pu vivre de votre côté. Apprenez à vous connaître : en dehors de votre relation et de l’homme qui vous unit, vous êtes aussi deux femmes. Apprenez à vous connaître, à vous écouter. Ne considérez pas uniquement l’autre par sa fonction, mais prenez en compte sa personnalité. Cela vous aidera sans doute à mieux vous entendre et surtout vous comprendre. De quoi casser la symbolique opposition belle-mère / belle-fille, et pourquoi pas, à terme, devenir amies. Ouvrez le dialogue : on ne le dira jamais assez, il faut communiquer ! Si vous ressentez des tensions, parlez-en avec l’intéressée. Rien de tel qu’une bonne explication pour éviter les malentendus, et surtout désamorcez une situation avant qu’elle n’explose. Soyez objective : évitez de vous enflammer pour des broutilles. Ce n’est pas parce que votre belle-mère ou belle-fille n’est pas en accord avec vous qu’il faut nécessairement le prendre comme une attaque. En tant que belle-fille, sachez imposer vos choix, mais n’oubliez pas d’écouter les suggestions de votre belle-mère : elle essaye de vous épauler, et son expérience pourrait vous aider. En tant que belle-mère, apprenez à respecter les décisions prises par votre belle-fille, sachez suggérer sans vous immiscer dans la vie privée du couple. Et surtout, évitez de mettre votre mari ou votre fils au centre de vos éventuelles querelles ! L’impliquer revient à lui demander de choisir entre sa femme et sa mère. Chose qu’il ne peut pas et ne doit surtout pas faire ».

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