Gildas Mouthé
Tsimi Evouna : intransigeant !
Traqués depuis le 22 juin 2010, ils jouent au chat et à la souris avec les éléments de la Communauté urbaine de Yaoundé.
Tsimi Evouna : intransigeant !
Traqués depuis le 22 juin 2010, ils jouent au chat et à la souris avec les éléments de la Communauté urbaine de Yaoundé.
Il est 13 heures ce jeudi, 24 juin 2010. L’axe allant de la Cathédrale Notre Dame des Victoires à l’immeuble Camair grouille de monde. De part et d’autre de cette avenue, les marchands ambulants exercent leur activité. Sur toute la longueur de la barrière de la Cathédrale, des jeunes gens ont étalé des paires de chaussures de tous genres. Avec un sourire charmeur et un vocabulaire approximatif, le marchand ambulant, un jeune homme d’une vingtaine d’années accoste les passants. « Chaussures de premier choix, bon prix, venez me tromper ! » Pas très loin de là, deux jeunes gens d’à peine quinze ans crient avec force. « Concours, de l’Enieg, concours de la police », scandent-ils en présentant aux passants les arrêtés fixant les conditions de participation au dit concours qu’ils vendent à 100 francs CFA. Autre lieu même scénario, l’entrée principale de la librairie Saint Paul. Ici, ce sont de jeunes gens qui vous proposent toutes sortes de manuels scolaires, des livres au programme aux annales des examens et autres concours officiels. Abritées sous de larges parasols, les gérantes de call-box mènent assidûment leurs activités, tout comme les vendeurs d’ananas et autres papayes installés au carrefour Camair, pas très loin de l’immeuble Binam. Tout semble bien se passer jusqu’à ce qu’un cri aigu perturbe la sérénité des uns et des autres. « Awara ! Awara ! Awara ! (agents de la Communauté urbaine, ndlr) ». Comme une traînée de poudre, le message est vite répandu, et c’est la débandade générale. On court dans tous les sens. On tombe, on se renverse, on se relève sans jamais faillir. La panique dure cinq minutes, mais au bout du compte, aucun camion, pas même un agent de la Communauté Urbaine de Yaoundé n’est visible. Ce n’était qu’une fausse alerte. Essoufflés et émoussés, les uns et les autres reprennent leurs places et le manège continue.
Les scènes de ce genre sont devenues monnaie courante à Yaoundé, depuis que Gilbert Tsimi Evouna, le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a décidé d’extirper des principales artères de la capitale politique du Cameroun, les mendiants, les malades mentaux et les vendeurs à la sauvette. Une opération qui fait suite au communiqué du 15 juin 2010, signé par le premier magistrat de la ville. Mardi 22 juin 2010, ils étaient au nombre de 126, les enfants de la rue interpellés par les agents « gros bras » de la Communauté Urbaine de Yaoundé. « Je fais mon travail : gérer la ville. Il faut que la ville soit propre. Ce n’est pas bien de voir traîner en ville les enfants de la rue, les malades mentaux et les mendiants. La ville ne peut pas être comme çà, je suis donc obligé de prendre certaines mesures », affirmait le 22 juin dernier le premier magistrat de la ville aux sept collines.
Du côté de la Communauté Urbaine de Yaoundé, l’on précise que l’action d’assainissement du centre urbain amorcé, est relative à l’arrêté du 17 juin 2003 qui stipule que “la mendicité et le petit commerce sont interdits dans les carrefours de la ville de Yaoundé”. Seulement, la partie est loin d’être gagnée face à la témérité des petits commerçants qui n’entendent pas être privés de leur principale source de revenus. « On nous chasse pour qu’on devienne quoi ? La vie est dure, il n’y a pas de travail, nous gagnons notre pain quotidien en nous débrouillant de cette manière. » S’indigne Marlyse, une gérante de call box. Pour Paulin, il n’est pas question de baisser les bras « Je suis marié et j’ai quatre enfants, c’est en vendant mes ananas que je fais vivre ma famille. Il n’est pas question que j’abandonne, sinon mes enfants vont mourir de faim », précise t-il. C’est donc dire qu’on ne sortira pas si tôt de l’auberge. Bien malin sera celui qui prédira l’issue de ce bras de fer qui perdure depuis déjà un bon bout de temps.
Les scènes de ce genre sont devenues monnaie courante à Yaoundé, depuis que Gilbert Tsimi Evouna, le Délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé a décidé d’extirper des principales artères de la capitale politique du Cameroun, les mendiants, les malades mentaux et les vendeurs à la sauvette. Une opération qui fait suite au communiqué du 15 juin 2010, signé par le premier magistrat de la ville. Mardi 22 juin 2010, ils étaient au nombre de 126, les enfants de la rue interpellés par les agents « gros bras » de la Communauté Urbaine de Yaoundé. « Je fais mon travail : gérer la ville. Il faut que la ville soit propre. Ce n’est pas bien de voir traîner en ville les enfants de la rue, les malades mentaux et les mendiants. La ville ne peut pas être comme çà, je suis donc obligé de prendre certaines mesures », affirmait le 22 juin dernier le premier magistrat de la ville aux sept collines.
Du côté de la Communauté Urbaine de Yaoundé, l’on précise que l’action d’assainissement du centre urbain amorcé, est relative à l’arrêté du 17 juin 2003 qui stipule que “la mendicité et le petit commerce sont interdits dans les carrefours de la ville de Yaoundé”. Seulement, la partie est loin d’être gagnée face à la témérité des petits commerçants qui n’entendent pas être privés de leur principale source de revenus. « On nous chasse pour qu’on devienne quoi ? La vie est dure, il n’y a pas de travail, nous gagnons notre pain quotidien en nous débrouillant de cette manière. » S’indigne Marlyse, une gérante de call box. Pour Paulin, il n’est pas question de baisser les bras « Je suis marié et j’ai quatre enfants, c’est en vendant mes ananas que je fais vivre ma famille. Il n’est pas question que j’abandonne, sinon mes enfants vont mourir de faim », précise t-il. C’est donc dire qu’on ne sortira pas si tôt de l’auberge. Bien malin sera celui qui prédira l’issue de ce bras de fer qui perdure depuis déjà un bon bout de temps.

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