Le personnel de la Maison catholique de la communication sociale (MACACOS) a été convié au test de dépistage volontaire et gratuit de ces pathologies le 6 juillet dernier.
Une hépatite virale, disent les experts, est une inflammation du foie causée soit par des substances toxiques (tabac, alcool, drogue, etc.), soit -et c'est la majorité des cas- par des virus. Selon l’institut Pasteur, « un total de cinq virus provoquant une infection ciblée et une inflammation du foie ont été identifiés » à ce jour. Ces virus, apprend t-on de la même source, désignés par les lettres A, B, C, D, et E, diffèrent par leur mode de transmission et leur agressivité. Sur leur mode opératoire, les scientifiques renseignent que « Dès que les virus (surtout ceux désignés par les lettres B et C, Ndlr) introduits dans le sang atteignent le foie, ils pénètrent dans ses cellules, les hépatocytes, et s'y multiplient. Le système qui assure les défenses de l'organisme détruit alors les cellules infectées, ce qui provoque l'inflammation du foie ». Certains de ces virus peuvent alors conduire à un état de porteur chronique signifiant que le sujet ne se débarrasse jamais du virus et peut développer de nombreuses années plus tard une cirrhose ou un cancer du foie.
Epidémiologie
Selon l’OMS le nombre de personnes ayant été infectées par les hépatites virales B et C est estimé à 2 milliards, dont plus de 370 millions sont des porteurs chroniques et peuvent donc transmettre le virus pendant des années. Une qui est à l’origine de près d’un million et demi de décès par an à travers le monde. L’hépatite virale B est, à elle seule, à l’origine de plus 600 000 décès par an dans le monde. Elle se classe de ce fait au 10ème rang des causes de décès dans le monde. Comme c’est le cas avec les pandémies du SIDA, du paludisme et de la tuberculose, l’Afrique tient le haut du pavé avec les taux les plus élevés de prévalence aux hépatites virales B et C. Le Cameroun se hisse au troisième rang des pays les plus touchés, avec 10% de taux de prévalence à l’hépatite virale C et 12% à l’hépatite virale B. Il talonne ainsi de près l’Egypte, premier de la classe, qui totalise à lui seul 18% du taux de prévalence, suivie du Rwanda 14%. Aprè le Cameroun viennent la Guinée Conakry (10%) et bien d’autre pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
A la question de savoir pourquoi ces zones sont les plus touchées, les Docteurs Dénis Boileau et Sylvie Taku de la clinique Bonapriso de Douala croient savoir que cette situation est due en partie à l’attachement de la population à certaines pratiques ancestrales (scarifications, piercings, incisions, tatouages, circoncisions,…), à la misère rampante et à l’inobservance des principes élémentaires d’hygiène de vie. Outre cette épidémiologie alarmante, les médecins soutiennent que le virus de l'hépatite B est 100 fois plus infectieux que celui du SIDA. Les principales voies de transmission sont principalement les unions sexuelles non protégées, les injections et transfusions sanguines à risques, la transmission de la mère à l'enfant à l'accouchement et le contact étroit et prolongé avec une personne infectée.
Symptômes
Le comble avec les hépatites virales c’est qu’elles restent, pour la plupart des cas, asymptomatiques. Même si d’autres sources indiquent qu’elles peuvent se manifester par un état grippal alliant à la fois fatigue, troubles abdominaux, fièvre, manque d’appétit, nausées et vomissements, maux d’estomac, et la diarrhée. D’autres patients peuvent avoir les urines colorées ; les selles décolorées, et les yeux et la peau jaunâtres. On parlera en ce moment de l’ictère.
Voulant éviter toute surprise, les responsables de L’Imprimerie leader (autre appellation de MACACOS) ont initié, avec le concours de leur médecin du travail, le Dr Dénis Boileau, (qui a requis à son tour l’expertise du laboratoire Roche Hoffmann et de la Fondation camerounaise de gastro-entérologie), ce test de dépistage volontaire et gratuit des hépatites virales B et C. Ce d’autant plus que pour les professionnels de la santé, plus tôt la maladie est dépistée, plus on a la chance d’en guérir. « Cette opération de dépistage des hépatites virales est en elle-même une grande première en territoire camerounais », affirme le Dr Boileau. Les études étant encore en cours à l’OMS et dans les états majors des pays à forte exposition pour une campagne de dépistage à grande échelle. En attendant, conseille Dr Taku, pour l’heure, le meilleur moyen de s’en prémunir reste la vaccination contre l’hépatite virale B (le vaccin contre l’hépatite virale C étant indisponible) et l’observance d’une hygiène de vie irréprochable.

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