Claude Zéba
Le débat fait fureur entre partisans et pourfendeurs de la thèse d’assassinat depuis l’annonce du décès de ce combattant de la liberté de la presse au Cameroun.
Accusations
Toute chose qui n’a cependant pas empêché certains « fins limiers » de la presse locale de conclure, sans même s’être rendu sur le lieu du drame, à un assassinat. « Plus que courageux, Njawé était téméraire dans la défense de la liberté et des droits humains. Emprisonné 126 fois comme il aimait à le rappeler avec une pointe d’ironie, les menaces de mort ne lui étaient pas non plus épargnées. On ne se mesure pas à un Etat, lui répétaient souvent certains de ses interlocuteurs du pouvoir. C’est dire que l’assassinat perpétré sur le sol américain serait l’estocade après d’autres menaces qu’il a eues des barbouzes postées à travers le monde et toujours présentes partout où il était invité à prendre la parole. Enfin, on a « cloué le bec » à un oiseau de mauvaise augure », écrit Jacques Dobell, ami du DP de Le Messager et éditorialiste au journal éponyme. Avant de poursuivre « Et si nous titrons ce papier avec la grave question de savoir si le décès de Pius Njawé est le résultat d’un accident ou d’une exécution, c’est bien parce qu’en attendant qu’une enquête officielle américaine nous en démontre le contraire, les circonstances de ce décès telles que rapportées jusqu’ici par des sources extérieures n’établissent pas l’évidence de ce qu’on pourrait qualifier d’accident fortuit. En revanche, on ne peut pas a priori balayer d’un revers de la main les soupçons qui fusent de la rue et même du plus haut, et selon lesquels les menaces qui pesaient sur le Président du Free Media Group ont fini par aboutir ».
Admettons que tout cela soit vrai. Qui serait le véritable autuer, commanditaire et/ou le bénéficiaire de cet assassinat ? Le Messager croit savoir que les autorités camerounaises se seraient payées la tête de leur " général ". Une source qui a requis l'anonymat pointe un doigt accusateur sur ses camarades de la CAMDIAC qui lui aurait régler son compte pour son goût prononcé pour l'argent... du groupe, semble t-il. En dernier ressort, La Météo révèle dans sa livraison du 26 juillet 2010, p. 4, que le DP. Du journal de la Rue des Ecoles à Douala " aurait été fauché par des leaders de l'opposition qui redoutaient que le journaliste devienne le seul challenger crédible contre Paul Biya ". Qui dit vrai dans tout ce méli-mélo ? Allez donc le savoir.
Réactions
De quoi remonter de nombreux observateurs et compatriotes de Pius Njawé qui pensent comme cet internaute de Zoétélé qu’il est inadmissible que l’on se fonde sur des « soupçons qui fusent de la rue » pour affirmer un fait aussi gravissime : le meurtre d’un combattant de la liberté dans un pays où l’option pour la promotion et la défense des les libertés individuelles ne souffre d’aucun doute. « Je comprends, écrit-il, que face à la fatalité on puisse se poser des questions aussi saugrenues ». Et de se demander « S’il c’est une exécution, qui en est le commanditaire et pourquoi ? Le moment où il (Pius Njawé, NDLR) était exécutable est passé (1991-1992). Donc mon cher Jacques (à moins d’être un naïf de première classe ou encore d’avoir passé le plus clair de votre temps hors du triangle national), croyez-vous sincèrement que l’agitation observée pour l’alternance ébranle la machine du RDPC ? Il faut transposer les choses transposable [...] Exécution ? Mon frère est-ce que le pouvoir peut exécuter quelqu’un surtout aux USA sachant qu’il y aura une vraie commission d’enquête ? […] L’axe lourd est là. Pourquoi aller jusqu’aux USA et surtout sur l’autoroute pour zigouiller quelqu’un ? »
Tout compte fait, chacun est libre de penser et d'écrie ce qui lui semble bon. Toutefois, le bon sens voudrait qu'on laisse aux spécialistes le soin de faire d'abord leur travail. C'est pourquoi, pensons-nous à L'Effort camerounais, qu'il faille donner le temps aux enquêteurs et d'orienter plutôt le débat vers la recherche des voies et moyens pour la pérennisation des oeuvres de cette icône de la liberté de la presse au Cameroun. Dans ce contexte de suspicion et d'accusations tous azimuts, le journal des Evêques du Cameroun ose faire sienne cette supplique d'Albert Ndzongang, homme politique camerounais, émise sur une chaine de télévision privée camerounaise basée à Douala il y a quelques jours : " De grâce, que les uns et les autres laissent l'âme de Pius N. Njawé reposer en paix ! ".

Bon, je vais faire tout ça depuis mon bureau actuel à Montreuil, mais ca le fait quand même!
Rédigé par : coach shoes | 16/11/2010 à 16:36