Jean Pierre Hachda
Entre fraude et légalité, des commerçants multiplient des voies et pistes pour approvisionner les marchés de la Région du Nord.
Entre fraude et légalité, des commerçants multiplient des voies et pistes pour approvisionner les marchés de la Région du Nord.
A l’entrée de la ville de Garoua, au lieu dit quartier Takasko, le 19 juillet 2010, des motos surchargées de marchandises diverses foncent à vive allure dans la ville. A quelques mètres, un poste de contrôle de la douane. La file de cascadeurs, contrebandiers réputés dans la région septentrionale, ne prendra même pas la peine de s’arrêter. Seul le chef du groupe, le « négociateur », discutera avec les deux douaniers, qui le laisseront rejoindre le groupe de motards, déjà arrivé dans la ville. Ce manège, les populations de Garoua y sont habituées. « Ce sont des transporteurs de Demsaré. Ils prennent des marchandises des commerçants dans cette partie du pays pour les transporter à Garoua », explique Hamadou, un commerçant faisant de temps en temps appel aux techniciens de manutention.
Partis du Nigeria voisin, les marchandises et produits de contrebande d’origine chinoise tels que des motocyclettes, des chaînes musicales, des emballages en plastique, des piles électriques, des cassettes et cd, des thermos, pneus, des vélos, des produits pharmaceutiques, des tissus et des groupes électrogènes…inondent la région septentrionale du pays. « Les gens se regroupent au niveau de la frontière. Il y a ceux qui préfèrent donner leurs marchandises aux motocyclistes. Qu’ils passent par la douane ou pas, ils amènent les marchandises moyennant quelque chose. Ce sont ces gens là qu’on appelle les motos de Demsa, puisque c’est au niveau du fleuve Demsa, région frontalière avec le Nigeria, qu’ils reçoivent ces marchandises. Vous savez, un motocycliste est à mesure de transporter la moitié d’une pirogue », note le délégué régional du Commerce, Haman Oumar. D’autres commerçants qui se rendent au Nigeria, notamment à Yola ou Moubi, achètent les produits électroniques, électroménagers, détergent, sucre, engrais, savon… transportés dans des camions, les marchandises sont souvent dédouanées avant d’être distribuées sur le marché.
Des sources proches de la délégation régionale du Commerce révèlent également que les hommes d’affaire de la région du Grand Nord s’approvisionnent à Douala. « Il y a des grossistes qui partent à Douala acheter les produits chez les importateurs. Les produits manufacturés, ils les transportent soit par train ou par camion. Quand la marchandise arrive, à leur tour, ils la laissent aux demi-grossistes, aux détaillants de la région », ajoute Haman Oumar.
Il révèle également que plusieurs autres voies de ravitaillement existent. De plus en plus, des gens se rendent directement à Dubaï où ils achètent leurs marchandises. « Ils les font transiter soit par bateau ou par avion. Ce qu’ils ramènent ici ce sont les matériels immobiliers, des salons, des tables de bureau », dévoilet-il. La filière « Cotonou », semble également intéresser plusieurs « affairistes ». « Beaucoup se sont lancés dans cette filière. Ils achètent des véhicules, des motos à Cotonou qu’ils font transiter par le Nigeria », note Ousmanou, vendeur de voitures.
« Il suffit de montrer la marque que tu veux, et moyennant une avance pour que ton démarcheur te livre le véhicule de ton choix », explique le délégué du Commerce. Le port fluvial de Garoua reste aussi une porte d’entrée et de sortie des marchandises à Garoua. Là, il y règne un commerce de contrebande florissant « géré » par la Communauté urbaine. C’est pendant la saison des pluies, en août, que le commerce est florissant avec l’arrivée de nombreuses pirogues à moteur généralement chargées d’engrais, du carburant frelaté et autres marchandises.
Partis du Nigeria voisin, les marchandises et produits de contrebande d’origine chinoise tels que des motocyclettes, des chaînes musicales, des emballages en plastique, des piles électriques, des cassettes et cd, des thermos, pneus, des vélos, des produits pharmaceutiques, des tissus et des groupes électrogènes…inondent la région septentrionale du pays. « Les gens se regroupent au niveau de la frontière. Il y a ceux qui préfèrent donner leurs marchandises aux motocyclistes. Qu’ils passent par la douane ou pas, ils amènent les marchandises moyennant quelque chose. Ce sont ces gens là qu’on appelle les motos de Demsa, puisque c’est au niveau du fleuve Demsa, région frontalière avec le Nigeria, qu’ils reçoivent ces marchandises. Vous savez, un motocycliste est à mesure de transporter la moitié d’une pirogue », note le délégué régional du Commerce, Haman Oumar. D’autres commerçants qui se rendent au Nigeria, notamment à Yola ou Moubi, achètent les produits électroniques, électroménagers, détergent, sucre, engrais, savon… transportés dans des camions, les marchandises sont souvent dédouanées avant d’être distribuées sur le marché.
Des sources proches de la délégation régionale du Commerce révèlent également que les hommes d’affaire de la région du Grand Nord s’approvisionnent à Douala. « Il y a des grossistes qui partent à Douala acheter les produits chez les importateurs. Les produits manufacturés, ils les transportent soit par train ou par camion. Quand la marchandise arrive, à leur tour, ils la laissent aux demi-grossistes, aux détaillants de la région », ajoute Haman Oumar.
Il révèle également que plusieurs autres voies de ravitaillement existent. De plus en plus, des gens se rendent directement à Dubaï où ils achètent leurs marchandises. « Ils les font transiter soit par bateau ou par avion. Ce qu’ils ramènent ici ce sont les matériels immobiliers, des salons, des tables de bureau », dévoilet-il. La filière « Cotonou », semble également intéresser plusieurs « affairistes ». « Beaucoup se sont lancés dans cette filière. Ils achètent des véhicules, des motos à Cotonou qu’ils font transiter par le Nigeria », note Ousmanou, vendeur de voitures.
« Il suffit de montrer la marque que tu veux, et moyennant une avance pour que ton démarcheur te livre le véhicule de ton choix », explique le délégué du Commerce. Le port fluvial de Garoua reste aussi une porte d’entrée et de sortie des marchandises à Garoua. Là, il y règne un commerce de contrebande florissant « géré » par la Communauté urbaine. C’est pendant la saison des pluies, en août, que le commerce est florissant avec l’arrivée de nombreuses pirogues à moteur généralement chargées d’engrais, du carburant frelaté et autres marchandises.

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