Jean Pierre Hachda
Les réfugiés tchadien de Langui dénoncent leurs conditions précaires. Près de 1500 sont en attente d’un rapatriement volontaire. Certains demandent une réinstallation dans un autre pays d’accueil, suite aux mauvais traitements subis.
Les réfugiés tchadien de Langui dénoncent leurs conditions précaires. Près de 1500 sont en attente d’un rapatriement volontaire. Certains demandent une réinstallation dans un autre pays d’accueil, suite aux mauvais traitements subis.
A Langui, localité située à une vingtaine de kilomètres de Garoua, la célébration de la Journée internationale des réfugiés le 20 juin 2010, a été une occasion pour le HCR d’évaluer les actions entreprises pour améliorer la situation de près de 3.000 réfugiés tchadiens qui ont fui la guerre dans leur pays en février 2008. «Les réfugiés partagent les mêmes ressources que les populations locales, ils cultivent les mêmes terres, ils pêchent dans les mêmes eaux, bénéficient de la même éducation, de la même protection et des mêmes soins de santé», constate Jean-Jacques Ebene, chef de bureau HCR de Garoua.
Selon lui, malgré quelques difficultés d’approvisionnement, les réfugiés tchadiens vivant au Cameroun sont très bien traités et respectés. Il estime que cette situation est unique dans le monde entier, car ailleurs, les réfugiés ne disposent de ces conditions. « Cela n’existe nulle dans le monde… Il n’y a pas de distinction entre les réfugiés et les Camerounais. Ils partagent la même protection et jouissent des mêmes infrastructures », avait constaté Antonio Gutteres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, en visite au Cameroun en mars 2010.
« Regardez par exemple les maisons, certaines sont recouvertes de tôles ondulées, alors que dans les villages environnants du camp, certaines maisons n’ont pas ce luxe. En outre, les réfugiés ont les champs pour cultiver et le délégué d’arrondissement de l’Agriculture supervise leurs activités agricoles. On vient de leur distribuer des semences pour cultiver le riz, en sus du mil et du maïs », témoigne Felix Antoine Owona Messi, gardien volontaire au camp qui explique que « les réfugiés vivent mieux que les autochtones ».
Selon les responsables du HCR, les pouvoirs publics sont satisfaits du climat d’apaisement qui existe dans le camp. « Nous apprécions la collaboration entre les pouvoirs publics interalliés à Pitoa, le HCR et d’autres organisations humanitaires et les communautés riveraines», souligne Simplice Hervé Kengne, 1er adjoint du préfet de la Bénoué, le 20 juin dernier au camp des réfugiés.
Une réalité que contestent les concernés. « On continue de nous soigner avec des médicaments périmés », raconte Tarnayade Bodalta, responsable du Collectif des réfugiés tchadiens de langue (Coral). «Continuez à prendre vos médicaments même après péremption, car il faut 3 à 4 mois après la date officielle de péremption », les aurait on conseillés.
Pas de perspective pour
les réfugiés diplômés
Sur le plan alimentaire, relève Tarnayade Bodalta, « le mois passé et celui-ci, on a été privé d’huile, de farine, de haricot blanc et de sel». Selon le chef de sécurité du bloc C03, Charlotte Madjibaye, « par mois, une personne a droit à moins d’un litre d’huile, deux litres de pétrole et une petite marmite de farine, un peu de haricot et du sel de 25 Fcfa » avant de confesser que « Dieu est puissant et c’est par sa grâce que nous vivons ». Les réfugiés relèvent néanmoins que certains aspects de leur situation ont été améliorés. « L’Unicef et Actiondaid ont doté l’école primaire de tables bancs », explique le responsable du Coral. Depuis, les élèves ne s’asseyent plus à même le sol. L’ouverture d’un centre de santé, bien que fermé à partir de 14 heures, permet aux réfugiés du camp de disposer des soins.
Entre leur situation qu’ils trouvent « déplorable », certains préfèrent retourner au pays. Ils sont ainsi près de 1500 à attendre le rapatriement volontaire. Pour ceux qui voudront rester, il ne leur reste plus que l’option de l’intégration dans le pays. Le processus d’insertion pourrait aboutir à l’octroi d’un statut intermédiaire, voir à une naturalisation selon le bureau HCR de Garoua. Or, même si les pouvoirs publics disent avoir « pris bonne note » des doléances des réfugiés, ces derniers ont diversement interprété l’absence très remarquée du représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) à cette commémoration de la journée du réfugié.
Selon lui, malgré quelques difficultés d’approvisionnement, les réfugiés tchadiens vivant au Cameroun sont très bien traités et respectés. Il estime que cette situation est unique dans le monde entier, car ailleurs, les réfugiés ne disposent de ces conditions. « Cela n’existe nulle dans le monde… Il n’y a pas de distinction entre les réfugiés et les Camerounais. Ils partagent la même protection et jouissent des mêmes infrastructures », avait constaté Antonio Gutteres, Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, en visite au Cameroun en mars 2010.
« Regardez par exemple les maisons, certaines sont recouvertes de tôles ondulées, alors que dans les villages environnants du camp, certaines maisons n’ont pas ce luxe. En outre, les réfugiés ont les champs pour cultiver et le délégué d’arrondissement de l’Agriculture supervise leurs activités agricoles. On vient de leur distribuer des semences pour cultiver le riz, en sus du mil et du maïs », témoigne Felix Antoine Owona Messi, gardien volontaire au camp qui explique que « les réfugiés vivent mieux que les autochtones ».
Selon les responsables du HCR, les pouvoirs publics sont satisfaits du climat d’apaisement qui existe dans le camp. « Nous apprécions la collaboration entre les pouvoirs publics interalliés à Pitoa, le HCR et d’autres organisations humanitaires et les communautés riveraines», souligne Simplice Hervé Kengne, 1er adjoint du préfet de la Bénoué, le 20 juin dernier au camp des réfugiés.
Une réalité que contestent les concernés. « On continue de nous soigner avec des médicaments périmés », raconte Tarnayade Bodalta, responsable du Collectif des réfugiés tchadiens de langue (Coral). «Continuez à prendre vos médicaments même après péremption, car il faut 3 à 4 mois après la date officielle de péremption », les aurait on conseillés.
Pas de perspective pour
les réfugiés diplômés
Sur le plan alimentaire, relève Tarnayade Bodalta, « le mois passé et celui-ci, on a été privé d’huile, de farine, de haricot blanc et de sel». Selon le chef de sécurité du bloc C03, Charlotte Madjibaye, « par mois, une personne a droit à moins d’un litre d’huile, deux litres de pétrole et une petite marmite de farine, un peu de haricot et du sel de 25 Fcfa » avant de confesser que « Dieu est puissant et c’est par sa grâce que nous vivons ». Les réfugiés relèvent néanmoins que certains aspects de leur situation ont été améliorés. « L’Unicef et Actiondaid ont doté l’école primaire de tables bancs », explique le responsable du Coral. Depuis, les élèves ne s’asseyent plus à même le sol. L’ouverture d’un centre de santé, bien que fermé à partir de 14 heures, permet aux réfugiés du camp de disposer des soins.
Entre leur situation qu’ils trouvent « déplorable », certains préfèrent retourner au pays. Ils sont ainsi près de 1500 à attendre le rapatriement volontaire. Pour ceux qui voudront rester, il ne leur reste plus que l’option de l’intégration dans le pays. Le processus d’insertion pourrait aboutir à l’octroi d’un statut intermédiaire, voir à une naturalisation selon le bureau HCR de Garoua. Or, même si les pouvoirs publics disent avoir « pris bonne note » des doléances des réfugiés, ces derniers ont diversement interprété l’absence très remarquée du représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) à cette commémoration de la journée du réfugié.

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