Jean Pierre Hachda
L’épidémie de choléra déclarée dans la Région de l’Extrême Nord a déjà fait 30 morts sur 293 cas notifiés depuis son apparition en début mai dernier.
L’épidémie de choléra déclarée dans la Région de l’Extrême Nord a déjà fait 30 morts sur 293 cas notifiés depuis son apparition en début mai dernier.
Il ne fait aucun doute que l’épidémie de choléra continue de sévir dans la Région de l’Extrême Nord. En un mois, le nombre de personnes décédées est passé de 6 à 30. Soit un pourcentage de 10,2 %, tente de minimiser le gouvernement par la voix du ministre de la Santé, André Mama Fouda en visite de travail dans la Région le 28 juin 2010. « A ce jour, nous avons déjà 293 cas notifiés tant en communauté que dans les hôpitaux. Nous avons déjà enregistré 30 décès », a-t-il déclaré à Maroua.
Depuis le 6 mai dernier en effet, 7 districts de santé dont Mogodé, Kousseri, Mada, Makari, Méri, Koza et Guéné sont touchés par l’épidémie qui progresse en raison des mauvaises conditions d’hygiène des populations, et de la rareté de l’eau potable et saine dans la région. Dans le district de santé de Guéré à lui seul, 13 décès ont été enregistrés et 7 à Makary. Les autres localités sont aussi plus ou moins touchées par l’épidémie, constate le Minsanté. « Des efforts seront concentrés à Guéré pour que l’épidémie soit rapidement maîtrisée (…) Nous pouvons dire que cette situation est maintenant sous contrôle », a-t-il relevé.
Selon des informations recueillies auprès des populations des localités affectées par l’épidémie, les chiffres officiels annoncés par les autorités sont en deçà de la réalité, car plusieurs cas n’ont pas été pris en compte. Une vingtaine de cas supplémentaires dont une victime décédée, auraient par exemple, été signalés notamment à Ouro Tada, un quartier de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga, sans que les autorités ne l’aient mentionné. L’information avait pourtant été confirmée par le chef de bureau de l’hôpital de district de Mokolo. Situation identique à Gobo dont 124 cas et 15 morts ont été recensés selon le maire Elias Vounsoumnia qui révèle que « chaque jour on enregistre des cas ».
En vue de réduire l'évolution de l'épidémie, le MINSANTE a déclaré avoir mis à disposition des populations touchées des médicaments et des produits de traitement d'eau. Il a invité les uns et les autres à saisir dès que possible, les formations sanitaires les plus proches pour tout cas suspect, et à respecter les précautions minimales d'hygiène, notamment à ne pas déféquer en plein air ou dans les cours d'eau, de bien bouillir l'eau avant son utilisation, de cuire suffisamment les aliments, et de se laver les mains après chaque selle et avant les repas.
Si les autorités sanitaires minimisent la propagation de la maladie, la réalité semble contraire sur le terrain. Les populations s’approvisionnent dans les puits pas du tout entretenus. « Les conditions précaires des populations sont les causes de la résurgence des foyers de la maladie. Les gens manquent d’eau potable et se ravitaillent dans les marigots », explique Thérèse Ngassaya, commerçante à Mokolo. En cette saison de pluies où les mouches et autres insectes abondent, personne n’est épargné. « Que ce soit dans les marchés, les cabarets de bil-bil ou en famille, les gens se partagent tout. Dans certains villages, les points d’eau et les marigots servent à ravitailler tout le village. Il n’y aucune mesure d’hygiène qui est respectée, et les puits sont des foyers même du choléra », croit savoir une infirmière du district de santé de Mokolo qui explique que rien n’est gagné, et que l’épidémie poursuit son chemin.
En mai 2010, le premier cas de choléra a été recensé au Centre de santé intégré (CSI) de Ngouma où un jeune homme âgé de 25 ans et domicilié à Bargaram avait trouvé la mort. Des témoignages révélaient qu’il aurait séjourné à Kirta Farança, un village frontalier du Nigeria. Même indications à Koza et Mogodé, où les premiers cas sont des personnes ayant également séjournés au Nigeria. Par contre, à Guéré, la première victime n’avait jamais voyagé et serait mort de la consommation de légumes souillés. L’épidémie s’est ensuite propagée dans l’entourage des victimes. Récurrentes dans cette région, l’épidémie de choléra avait déjà été déclarée au mois de janvier 2010. En octobre 2009, 407 cas de choléra avait officiellement été enregistrés dans les districts de santé de l'Extrême-Nord et avait fait 65 victimes.
Depuis le 6 mai dernier en effet, 7 districts de santé dont Mogodé, Kousseri, Mada, Makari, Méri, Koza et Guéné sont touchés par l’épidémie qui progresse en raison des mauvaises conditions d’hygiène des populations, et de la rareté de l’eau potable et saine dans la région. Dans le district de santé de Guéré à lui seul, 13 décès ont été enregistrés et 7 à Makary. Les autres localités sont aussi plus ou moins touchées par l’épidémie, constate le Minsanté. « Des efforts seront concentrés à Guéré pour que l’épidémie soit rapidement maîtrisée (…) Nous pouvons dire que cette situation est maintenant sous contrôle », a-t-il relevé.
Selon des informations recueillies auprès des populations des localités affectées par l’épidémie, les chiffres officiels annoncés par les autorités sont en deçà de la réalité, car plusieurs cas n’ont pas été pris en compte. Une vingtaine de cas supplémentaires dont une victime décédée, auraient par exemple, été signalés notamment à Ouro Tada, un quartier de Mokolo dans le Mayo-Tsanaga, sans que les autorités ne l’aient mentionné. L’information avait pourtant été confirmée par le chef de bureau de l’hôpital de district de Mokolo. Situation identique à Gobo dont 124 cas et 15 morts ont été recensés selon le maire Elias Vounsoumnia qui révèle que « chaque jour on enregistre des cas ».
En vue de réduire l'évolution de l'épidémie, le MINSANTE a déclaré avoir mis à disposition des populations touchées des médicaments et des produits de traitement d'eau. Il a invité les uns et les autres à saisir dès que possible, les formations sanitaires les plus proches pour tout cas suspect, et à respecter les précautions minimales d'hygiène, notamment à ne pas déféquer en plein air ou dans les cours d'eau, de bien bouillir l'eau avant son utilisation, de cuire suffisamment les aliments, et de se laver les mains après chaque selle et avant les repas.
Si les autorités sanitaires minimisent la propagation de la maladie, la réalité semble contraire sur le terrain. Les populations s’approvisionnent dans les puits pas du tout entretenus. « Les conditions précaires des populations sont les causes de la résurgence des foyers de la maladie. Les gens manquent d’eau potable et se ravitaillent dans les marigots », explique Thérèse Ngassaya, commerçante à Mokolo. En cette saison de pluies où les mouches et autres insectes abondent, personne n’est épargné. « Que ce soit dans les marchés, les cabarets de bil-bil ou en famille, les gens se partagent tout. Dans certains villages, les points d’eau et les marigots servent à ravitailler tout le village. Il n’y aucune mesure d’hygiène qui est respectée, et les puits sont des foyers même du choléra », croit savoir une infirmière du district de santé de Mokolo qui explique que rien n’est gagné, et que l’épidémie poursuit son chemin.
En mai 2010, le premier cas de choléra a été recensé au Centre de santé intégré (CSI) de Ngouma où un jeune homme âgé de 25 ans et domicilié à Bargaram avait trouvé la mort. Des témoignages révélaient qu’il aurait séjourné à Kirta Farança, un village frontalier du Nigeria. Même indications à Koza et Mogodé, où les premiers cas sont des personnes ayant également séjournés au Nigeria. Par contre, à Guéré, la première victime n’avait jamais voyagé et serait mort de la consommation de légumes souillés. L’épidémie s’est ensuite propagée dans l’entourage des victimes. Récurrentes dans cette région, l’épidémie de choléra avait déjà été déclarée au mois de janvier 2010. En octobre 2009, 407 cas de choléra avait officiellement été enregistrés dans les districts de santé de l'Extrême-Nord et avait fait 65 victimes.

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