J.B. P. Nlend
Doit- on tout accepter ou peut-on tout faire ? Voilà un sujet de morale que l’on pourrait soumettre aux étudiants de philosophie ou de théologie, et même à toute personne de bonne foi. C’est une question qui, malheureusement, nous échappe souvent. La réponse est claire, elle relève du bon sens : on ne doit pas tout accepter et on ne peut pas tout faire.
Doit- on tout accepter ou peut-on tout faire ? Voilà un sujet de morale que l’on pourrait soumettre aux étudiants de philosophie ou de théologie, et même à toute personne de bonne foi. C’est une question qui, malheureusement, nous échappe souvent. La réponse est claire, elle relève du bon sens : on ne doit pas tout accepter et on ne peut pas tout faire.
On ne doit pas tout accepter ou tout recevoir de l’autre. La solidarité et la condition humaine obligent tous les hommes à entretenir de sains rapports d’échanges et de partages pour le plus grand bonheur de tous. Tout rapport qui rapetisse l’autre est à dénoncer et à condamner avec rigueur. Nous exigeons des autres, un traitement juste et équitable. Nous leur donnons le meilleur de ce que nous sommes et de ce que nous avons. Eux, ils nous envoient des rebus, des tarés, des déchets. La vérité est là, alarmante, et désarmante : le Cameroun est devenu un véritable dépotoir, au propre comme au figuré, des immondices des puissances occidentales et orientales. Tout ce qui a servi et qui n’est plus d’actualité en Europe ou en Amérique trouve bon accueil en Afrique : voitures, ordinateurs, meubles, vaisselle, vêtements et sous-vêtements. Comme si cela ne suffisait pas, nos marchés débordent, depuis seulement quelques années, de “chinoiseries”, c’est-à-dire, des produits de très mauvaise qualité, des pacotilles non contrôlées et certainement dangereuses pour la santé. Ailleurs, notamment en France où la qualité est exigée, elles ont fait des dégâts, en Afrique, on n’envisage même pas encore d’en évaluer les dommages. Comment a- t- on pu en arriver là ? Qu’est-ce qui peut justifier une telle abomination ? La crise, la pauvreté ? Nous disons non à l’option des solutions faciles qui entretiennent l’illusion du bonheur et du bien-être, et qui précarisent l’existence et la vie. Nous ne sommes pas faits seulement pour des articles de seconde main, des objets d’occasion. Le neuf nous conviendrait aussi, et à merveille. La générosité impose la qualité et le prix. Ce qu’on reçoit doit avoir une valeur réelle et non fallacieuse. Autrement, on a le devoir et même l’obligation de le refuser. Les déchets, on les détruit, on ne les donne pas, question de savoir-vivre. Le marché de la friperie, de la brocante qui se ravitaille dans la poubelle est exécrable et franchement répugnant, ce d’autant plus que les fripiers et brocanteurs, n’hésitent pas à aller puiser même dans les décharges des hôpitaux ou des morgues.
On ne peut pas aussi tout faire. La première raison est que nous sommes des factures, des êtres limités gérant fondamentalement l’imperfection. Même s’il arrivait qu’on puisse tout faire, on n’aurait pas le droit de tout faire. Pour rester dans les limites de notre dossier, nous dirons qu’il n’est pas juste de permettre l’importation des produits dangereux à la consommation sous aucun prétexte. On n’a pas le droit de faire fortune sur la misère et la souffrance de l’autre. Vivre d’expédients est moralement condamnable. Il y a vingt ans, seulement, certains métiers n’existaient pas chez nous. L’occasion faisant le larron, par la crise, de nouvelles professions ont vu le jour. Aucun de ces petits métiers n’apporte, à vrai dire, aucune garantie à ceux qui les exercent : impossibilité de faire des prévisions à long terme, difficultés réelles à fonder une famille, pas de couverture des frais médicaux et des soins, pas de retraite à la vieillesse. Les ressources qu’on en retire ne permettent de vivre en réalité, mais de vivoter. Notre siècle ne permet plus la navigation à vue. Question d’honneur, n’acceptons plus tout et ne faisons plus n’importe quoi. Aux pécheurs en eaux troubles, nous disons que la consommation rime avec la production, économiquement et moralement. Vous consommez le bonheur ? Ayez la décence de le produire et de le mettre à la portée des autres.
On ne peut pas aussi tout faire. La première raison est que nous sommes des factures, des êtres limités gérant fondamentalement l’imperfection. Même s’il arrivait qu’on puisse tout faire, on n’aurait pas le droit de tout faire. Pour rester dans les limites de notre dossier, nous dirons qu’il n’est pas juste de permettre l’importation des produits dangereux à la consommation sous aucun prétexte. On n’a pas le droit de faire fortune sur la misère et la souffrance de l’autre. Vivre d’expédients est moralement condamnable. Il y a vingt ans, seulement, certains métiers n’existaient pas chez nous. L’occasion faisant le larron, par la crise, de nouvelles professions ont vu le jour. Aucun de ces petits métiers n’apporte, à vrai dire, aucune garantie à ceux qui les exercent : impossibilité de faire des prévisions à long terme, difficultés réelles à fonder une famille, pas de couverture des frais médicaux et des soins, pas de retraite à la vieillesse. Les ressources qu’on en retire ne permettent de vivre en réalité, mais de vivoter. Notre siècle ne permet plus la navigation à vue. Question d’honneur, n’acceptons plus tout et ne faisons plus n’importe quoi. Aux pécheurs en eaux troubles, nous disons que la consommation rime avec la production, économiquement et moralement. Vous consommez le bonheur ? Ayez la décence de le produire et de le mettre à la portée des autres.

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