Avez-vous déjà trompé votre épouse, ou encore, avez-vous une relation extra conjugale plus connue sous l’appellation de « deuxième bureau » ? Cette question, nous l’avons posée à près d’une cinquantaine de personnes, même si la fourchette n’est véritablement pas représentative. Mais, tous ces messieurs, visiblement embarrassés devant une telle question qui relève de leur vie privée, ont juré la main sur le coeur, n’entretenir aucune relation extra conjugale.
L’homme a parfois du mal à faire le juste discernement entre le devoir d’amour qu’il a envers son épouse, et la recherche du plaisir qui signifie adultère et destruction de la fidélité promise à son épouse le jour du mariage.
Pourquoi les hommes sont –ils si infidèles ? Qu’est ce qui explique ce comportement qui frise l’immaturité morale et spirituelle qui ronge nos frères, malgré les apparences qui sont souvent trompeuses ? La réponse à ces questions nous est donnée par Geneviève Couby, une conseillère conjugale qui s’est inspirée des recherches de l’Américain Gary Newman, auteur du livre intitulé «Vérité sur l'infidélité» (The Truth About Cheating. Il s’agit d’une étude qui lui a permis de comprendre ce qui pousse les hommes à commettre ce genre de dérapages : « 77% des époux volages affirment qu'un de leur meilleur copain trompe aussi sa femme ! A croire que les hommes sont non seulement au courant des écarts de conduite de leurs amis, mais surtout que le «pote» joue le rôle de baromètre du droit au cocufiage: «S'il le fait, pourquoi pas moi...». Se justifier ainsi parce qu’un ami le fait, est assez enfantin comme raison, une manière de ne pas prendre sa propre responsabilité en utilisant l’autre comme paravent de ses actes. Et curieuse logique: si un ami vole ou tue, ces hommes qui trompent feront-ils de même ?
Autre raison: le sentiment de n’être pas assez important ou valorisé par sa conjointe
Voici le constat de Gary Newman : «Ce que mes patients qui ont eu des activités extraconjugales me décrivent souvent, c'est le sentiment de ne pas être désiré à la maison. Par ce mot, ils n'entendent pas uniquement le côté sexuel pur et dur, mais le sentiment d'exister aux yeux de leur conjointe, d'être regardé, d'être reconnu pour ce qu'ils font de bien, pour leur «séduisance» et pour leurs performances. L'homme qui se sent davantage critiqué qu'apprécié, va se sentir mis en cause dans sa performance, qui est un enjeu identitaire important pour lui. Autrement dit, il va se sentir sous performant, comme si on le jugeait, qu'on lui donnait une mauvaise note». L’homme irait donc chercher ailleurs la reconnaissance qu’il ne trouve pas suffisamment chez lui. Et bien, il n’a qu’à le dire à son épouse, dire son manque, son ressenti, dire ce dont il a besoin. Aller chercher ailleurs sans le dire à la maison, c’est encore une fois très enfantin.
Nous avons l’impression que dans nos familles, même à l’âge de 50 ans, lorsqu’on totalise 20 ans de vie commune, les hommes ne savent toujours pas exactement ce qu’est un engagement à la fidélité. L’ancrage intérieur dans ses choix est un travail qui demande du temps. Mais c’est l’objectif à atteindre: être fidèle à soi-même, donc à ses engagements. Et ne pas prétexter des faiblesses d’un autre pour abandonner sa propre éthique. C’est ce qui fait le plus défaut aux hommes de notre société.
De toutes les façons, lorsque l’homme trompe son épouse, il lui vole quelque chose de précieux. C’est perdre sa liberté intérieure, c’est se fragiliser soi-même. Imaginez qu’un jour votre compagne vous demande droit dans les yeux si vous l’avez déjà trompée. Vous allez mentir, et ce mensonge vous habitera toute votre vie. Nous ne devons pas oublier que la tromperie est une blessure profonde, et une brèche dans la confiance. Et qu’on ne nous dise pas que si on le cache, c’est pour ne pas blesser. Même en le cachant, la blessure est faite, elle existe dans notre conscience.
Il s’avère aujourd’hui très important de mettre un accent particulier sur la préparation au mariage. C’est pour cette raison que l’Eglise prépare les mariés pendant au moins trois mois, afin que les fiancés prennent conscience de la signification profonde de ce qu’est un engagement et la vie à deux, et que chacun réfléchisse à ce qu’il veut vivre et ce qu’il peut assumer.
L’infidélité est un domaine insaisissable, puisque l’homme est divers et imprévisible. Sans doute, elle est due à la complexité du désir humain, liée à la contradiction entre ce que l’on croit vouloir et ce que l’on veut réellement. Apparemment, les hommes aiment la variété sexuelle. La tendance semble être de désirer éternellement de nouvelles partenaires, même si tout va pour le mieux dans le couple. C’est pour cela que l’on est parfois étonné de voir un homme qui a une maîtresse moins belle que sa femme. Finalement, on ne sait pas ce que cherchent les hommes. Vous avez une belle épouse que Dieu vous a donnée, mais vous ne vous fatiguez pas de multiplier de petites aventures avec des femmes moins attirantes que votre épouse. Messieurs les infidèles, sachez que dans ces aventures extra conjugales, il n’y a pas d’amour, car la vraie femme qui vous aime se trouve à la maison. Dans la joie comme dans les difficultés, elle sera toujours à vos côtés. Dehors, c’est l’intérêt qui prime. Pas d’argent, pas de relation. Vous ruinez et mettez votre santé en danger, vous dilapidez votre argent, vous détruisez l’harmonie de votre foyer, vous mettez même l’avenir de votre famille en péril. C’est lorsque vous perdez votre emploi, ou tombez malade, que vous pouvez bien mesurer le caractère funeste de ces relations extra conjugales. Les expériences malheureuses des autres doivent nous servir de leçon, et nous inviter à plus de discipline, comme le témoigne avec amertume N. S, ancien cadre à la CAMAIR : « J’avais un bon salaire, et j’entretenais une maîtresse dont je payais le loyer et assurais d’autres commodités. En même temps, je négligeais mon épouse, car je croyais que le « deuxième Bureau » m’aimait. Malgré les conseils des amis contre ce genre d’aventure, je suis resté sourd. A la fermeture de la CAMAIR, je n’avais plus de travail, donc je ne pouvais plus assurer les charges de ma maîtresse. Dès ce moment, elle n’acceptait plus de me rencontrer, ni de recevoir mes appels. J’ai compris sur le tard que j’avais construit sur du sable ». Voilà ce qui arrive généralement aux maris infidèles.

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