Père Matthieu Goy, op
Un homme normal peut-il transmettre de façon volontaire le Sida à un autre. Si oui, comment peut-on qualifier pareil acte ?
Depuis quelques décennies, l’humanité tout entière fait de nouveau l’expérience d’un fléau qui lui rappelle les souvenirs sombres de tant d’autres tels que la peste, la tuberculose, le choléra, la lèpre. Aussi, de nos jours, le nom tel que Sida à lui seul suffit pour faire remuer les entrailles.
En effet, cette maladie s’avère redoutable parce qu’elle s’attaque au noyau dur de l’être humain à savoir, le sang et la sexualité. Ciblant ces éléments clés de l’existence humaine, le Sida demeure jusqu’alors imbattable, malgré toutes les dispositions prises par l’homme moderne pour limiter ses conséquences néfastes. Il continue à décimer, à inquiéter, provoquant pour ainsi dire traumatisme et psychose aussi bien dans le rang du patient que de la famille, amis et entourage.
Contrairement à d’autres maladies, le Sida atteint l’homme au plus profond de lui-même, en infectant le sang qui est, on le sait, l’élément vital pour la survie d’un individu, et déstabilise en même temps dans sa fonction sexuelle qui est le moyen naturel de procréation et l’avenir de la famille, de la société. Cela étant, qui n’a pas peur ou ne peut en avoir peur surtout lorsque l’on sait d’avance qu’il conduit inexorablement à la mort.
Ainsi, l’on peut se poser cette question de savoir si un homme normal peut transmettre de façon volontaire le Sida à un autre. Si oui, comment peut-on qualifier pareil acte ? Est-il diabolique ou pas ?
En effet, le diable, du grec « diabolos » veut dire « qui désunit ». Au lieu de rassembler, le diable dans le cas d’espèce, signifie penser à tout ce qui fait le malheur de l’homme. En d’autres termes, le commun des mortels retient que le diable est cet esprit ou cette force invisible qui pousse un homme à nuire à son prochain. Face à cette réalité, il n’est pas étonnant qu’il traite de diable, celui qui s’emploierait à favoriser la propagation de ladite pandémie au sein de la société.
Le Christ n’a pourtant pas manqué de le désigner sous le nom de « Prince de ce monde » Cf. Jn14, 30 à cause de ses mauvaises intentions. Voilà pourquoi lui-même, le Christ, Prince de la Paix s’employait à chasser, à déloger le malin, le mauvais. Cf. 1 Jn3, 8.
Fort de ce qui précède, nous pouvons d’emblée dire que celui qui transmettrait volontairement le virus du Sida à un autre, commet un acte diabolique parce qu’il a cherché le malheur d’un innocent. Et comme nous le disons, au lieu de préserver l’intégrité psychologique de son frère ou de sa sour, il a plutôt sacrifié sa vie en lui donnant ce qu’il sait d’avance comme mal. Somme toute, il est disciple du diable qui agit en lui.
Toutefois, le raisonnement serait incorrect, si on se limitait tout simplement à ce stade. Dès le départ, il s’agit d’un acte posé en toute liberté. Autrement dit, l’auteur est conscient de la gravité de l’acte qu’il pose. C’est en toute lucidité qu’il commet ce forfait, ce qui veut ici que le diable n’y est pour rien.
On se trouve tout simplement devant une personne dont la conscience est mal formée. Il s’agit ici d’un choix maladroitement orienté, quelles que soient les raisons, quand bien qu’il serait lui-même victime d’une pareille barbarie, il n’y a aucun droit d’en faire autant à l’endroit d’un innocent. Utiliser sa liberté en ce sens, dénote une irresponsabilité notoire en face de la société
Il est certes vrai que l’homme a toujours tendance de justifier son échec dans une cause extérieure. Mais devant une telle situation, on assiste à une méchanceté flagrante où l’on décide de compromettre l’avenir d’un tiers pour se consoler dans sa misère. Ici, l’on peut affirmer que la liberté étant la faculté qui aide l’homme dans le choix de ses actions est tombée plus bas, déroutée parce qu’elle n’a pas atteint son but qui est celui de conduire au bien. Par conséquent, elle a besoin d’être éclairée, d’être formé pour éviter un tel scandale.
Une fois de plus, la liberté mal réfléchie conduit au dérapage d’un individu et lui enlève le privilège reconnu à un être humain : l’intelligence et sagesse. L’auteur de ce forfait est l’homme et non un quelconque diable.

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