J.B.P. Nlend
Découvert au début des années 80, le virus du SIDA a eu le temps de se propager dans tout le globe terrestre malgré les campagnes de sensibilisation tous azimuts. Des cas, au début étaient rares, juste une dizaine dans notre pays. Progressivement, toutes nos villes et campagnes ont été touchées.
Aujourd’hui, il n’y a presque plus de famille qui n’ait été frappée par le décès d’un de ses membres, à cause de ce virus. 34 millions de séropositifs reconnus de par le monde. Plus de 26 millions de personnes atteintes en Afrique sub- saharienne. Six millions de malades en Afrique du Sud. Plusieurs millions de morts enregistrés déjà. Les résultats dans les laboratoires révèlent que personne ne paie de mine. Les infirmiers dans certaines structures hospitalières, notamment à l’hôpital de district de la Cité des Palmiers, en sont traumatisés au point de s’imposer le port des gangs pour tout contact avec les patients, quelle que soit leur maladie. 300 de nos jeunes admis au concours d’entrée à la police nationale viennent d’être disqualifiés à cause de leur sérologie positive à l’HIV. Le chiffre serait le même, sinon plus grand si tous les jeunes faisaient leur test. Bien entendu, nous dénonçons la sanction infligée à ces jeunes compatriotes. Parce que, être porteur du virus d’HIV n’est passible de sanction dans aucun pays de droit. En plus, ceux qui prennent de telles iniques décisions ne sont pas sûrs qu’ils sont sains ou qu’ils le seront toujours. Parce que tout ce qui arrive à l’homme peut arriver à tout homme, notre commune et précaire condition humaine nous impose le respect et la magnanimité face à tous ceux qui sont frappés par le sort et l’infortune. Si rien n’est fait, dans dix ans, le taux de prévalence avoisinera les 50% de la population sub-saharienne. A qui la faute ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Il y a beaucoup de victimes parmi les personnes atteintes, il y a aussi malheureusement parmi elles des criminels, ceux qui ont pris pour option de propager le SIDA, par vengeance ou par méchanceté. Notre dossier sur le SIDA tient à réconforter les malades pour leur rappeler que leur état n’altère pas l’image de Dieu en eux. Les encourager ensuite et raviver leur espérance au Dieu de Jésus Christ, Puissant et Sauveur, toujours Capable d’opérer des miracles même quand toutes les issues semblent bouchées. Leur ouvrir enfin les yeux sur les progrès de la médecine actuelle qui a considérablement amélioré le sort des malades. Notre dossier s’adresse à tous nos lecteurs pour leur révéler qu’au Cameroun, actuellement, mourir de SIDA est un suicide, de même que ne pas connaître son statut sérologique. Dans presque tous les Diocèses du Cameroun, des structures hospitalières sont créées pour offrir aux patients une prise en charge complète leur permettant de vivre normalement. Nous voulons surtout répondre aux questions posées plus haut. La responsabilité de cette catastrophe n’incombe surtout pas à l’Eglise. En condamnant l’usage des préservatifs dans la lutte contre le sida, elle affirme tout simplement que le préservatif n’est pas le meilleur moyen de vaincre le sida. L’utilisation des préservatifs ne fait pas partie des préoccupations de l’Eglise parce que nous savons tous dans quelles circonstances on en fait recours: dans l’infidélité et le papillonnage. L’Eglise n’a pas pour mission de proposer aux hommes des moyens de bien gérer le péché. Elle nous propose des voies de sanctification, les seules capables de procurer la satisfaction et le bonheur. La faute incombe d’abord à notre culture de silence et de camouflage qui favorise le mensonge. Pour autant, nous condamnons les déclarations de notre Ministre de la Communication qui a pris sur lui la responsabilité d’annoncer à travers les médias que Bibi NGOTA était mort terrassé par le SIDA. M. TCHIROMA est gravement coupable de violation d’un secret médical. Il n’avait pas besoin d’aller jusque là. Sous d’autres cieux, cela entraînerait sa démission et sa mise en examen. La faute incombe ensuite à l’Etat qui laisse, s’il n’encourage pas le commerce du sexe et la prolifération des bars, avec en prime l’émergence des rues de la joie dans toutes nos métropoles et bientôt dans tous les quartiers. Véritables cavernes de bandits et conservatoires de tout ce que l’on peut imaginer d’ignoble et d’exécrable. La faute incombe enfin à tous ceux qui transmettent volontairement le virus aux autres. Rien ne justifie leur action, même pas la vengeance. Ils ont certainement été involontairement affectés, car très peu de personnes, ayant une vie sexuelle active, connaissent leur statut sérologique dans notre pays. Il est temps que la justice réprime sévèrement tous ceux qui exercent des violences sexuelles sur les autres, qui abusent sexuellement des autres, et qui continuent à poser des actes irresponsables et moralement blâmables. Le SIDA est en voie d’être vaincu. Mais il ne le sera véritablement que si tout le monde y met du sien pour le juguler et ne pas ouvrir portes et fenêtres à d’autres nouvelles maladies qui seront causées par la prétention de l’homme de rivaliser Dieu et d’effacer Dieu. Aux autorités, nous rappelons qu’elles ont le devoir et l’obligation de conduire à la lumière, tout le monde, bon gré, malgré, même les aveugles.

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