Claude Zéba
Le MINSANTE a sacrifié au rituel le 7 avril 2010 en présence de l’Archevêque métropolitain de Douala, Mgr Samuel Kleda, du Secrétaire d’Etat à la Santé publique, des autorités administratives, militaires, policières, traditionnelles et du corps médical de la ville de Douala.
“Le développement est le nouveau nom de la paix », soutenait alors le Pape Jean Paul II, de vénérée mémoire. Et de développement, il s’agit du développement à la fois spirituel, moral et physique de la personne humaine comme l’a souligné l’Archevêque dans son allocution. Bref, il s’agit du développement global et intégral de la personne humaine. D’un développement qui passe forcément par l’éducation, l’accès à une bonne alimentation et à un bon habitat, mais aussi et surtout par la santé des coeurs et du corps comme l’Eglise sait si bien le faire. C’est ce qui peut justifier l’engagement et la forte mobilisation de l’Eglise particulière qui est à Douala en cette mémorable journée du 7 avril 2010 autour de leur Pasteur, à l’occasion de l’inauguration par le ministre de la Santé publique (MINSANTE), André Mama Fouda, de deux fleurons de la santé de l’Archidiocèse de Douala : les hôpitaux Notre Dame de l’Amour de Logpom et Saint Albert le Grand de Bonabéri.
Ni le retard observé dans la programmation de cette cérémonie (prévue à 9h 45, c’est autour de 11h 20 qu’elle va commencer avec l’arrivée du MINSANTE et de la délégation qui l’accompagne) ni même le temps particulièrement nuageux et maussade, n’auront raison de la détermination de l’Archevêque et de ses ouailles qui tenaient à vivre cette cérémonie, qui, au-delà de son aspect protocolaire et purement festif, confère une certaine existence légale aux deux structures.
Après l’accueil par l’Ordinaire du lieu, la cérémonie va se dérouler au pas de course : exécution de l’hymne national par le personnel sanitaire, allocutions de Mgr Samuel Kléda puis de celle du MINSANTE, coupure du ruban, découverte de la plaque commémorative de l’événement, visite guidée de la structure en commençant par le dernier bloc en date, le bloc, C puis les blocs B et A.
A 11 heures et 50 minutes, la caravane des visiteurs s’ébranle, avec à leur côté Mgr Samuel Kleda, Mgr Paul Nyaga, Vicaire général de l’Archidiocèse de Douala, l’aumônier diocésain de la Santé, l’Abbé Antoine de Padoue Chonang, le recteur de la cathédrale SS. Pierre et Paul, l’Abbé Oscar Eoné Eoné, pour ne citer que ceux-là, pour l’hôpital Saint Albert le Grand de Bonabéri, situé à une trentaine de kilomètres du premier, à l’ouest de la ville.
Au bout d’une demi-heure, le MINSANTE et sa suite accostent à l’esplanade de la paroisse Saint-Esprit de Bonabéri, paroisse qui abrite le deuxième hôpital catholique du Diocèse. La visite peut alors commencer, toujours selon le rituel observé à Logpom, mais cette fois sous des acclamations des griots et autres groupes de danses traditionnelles venues rehausser l’éclat de cette fête. Sous la conduite du coordonateur diocésain de la santé, M. Etienne Pagop et du médecin chef de ce centre hospitalier, madame Nana née Agnès Mafuta Kakay, les visiteurs passent au peigne fin les différents compartiments de l’hôpital. Avant de se donner rendez-vous à la salle paroissiale pour un cocktail qui va sonner le glas de la cérémonie.
Synergie Eglise-Etat
Dans son adresse, Mgr Samuel Kleda s’attardera sur la spécificité des institutions sanitaires catholiques. « Le cachet spécial de nos soins de santé, a-t-il dit, se reconnaît à plusieurs titres : un grand respect de la dignité de chacun, soins appropriés offerts à tous sans distinction, une assistance spirituelle et pastorale, une profonde réflexion sur l’éthique, un accompagnement compatissant pour les mourants, un effort prévenant pour aller à la recherche des malades et des plus faibles de la société, lesquels sont souvent oubliés et moins capables de subvenir à leurs besoins ». Et d’ajouter : « L’Eglise porte son regard de foi sur tous ces aspects de services de santé et de guérison, offrant ainsi sa collaboration à l’Etat dans un domaine sensible qui requiert en fait l’apport de tous ». Un des faits saillants du ministère de l’Eglise pour la guérison et la santé, rappelle t-il, est son profond respect pour la vie humaine et sa dignité. Parce que pour celle-ci, la vie humaine, depuis sa conception jusqu’à la mort naturelle, est un don au-delà de toute mesure. A ce titre, conclut le prélat, « Chaque être humain créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance, a une dignité incalculable et mérite bien des égards ».
André Mama Fouda a, quant à lui, salué au nom du gouvernement camerounais, l’action menée par l’Eglise du Cameroun en général et celle de Douala en particulier, dans le secteur de la santé. Avant de les engager à poursuivre leurs efforts « pour que vivent le Cameroun et son Président, Son Excellence M. Paul Biya ». L’érection des dispensaires catholiques de Logpom et de Bonabéri en hôpitaux, a-t-il poursuivit, traduit l’engagement de l’Eglise d’oeuvrer non seulement à la santé des coeurs, mais également des corps. Cette oeuvre, observe le ministre, va sauver des milliers de vies humaines. C’est pourquoi il a réaffirmé « l’engagement du gouvernement d’être aux côtés de tous nos partenaires, notamment l’Eglise catholique qui est très bien organisée et avec qui nous avons signé un partenariat pour pouvoir appuyer fortement l’ensemble des structures sanitaires qui sont promues par l’Eglise catholique ».

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