J-B-P- Nlend
Voilà une maxime de la morale pragmatique que l’on emploie souvent pour constater la fin tragique de tous ceux qui ont eu à mal gérer leur vie et surtout leur jeunesse. On la dit pour combattre le vice et le décourager pour qu’il ne fasse pas des émules. On n’imite pas ceux qui dansent mal, dit-on encore. On imite ceux qui dansent bien. Cette maxime écarte toute fatalité dans la destinée humaine. On est responsable de son infortune, soutient-elle.
On devrait aussi utiliser cette maxime comme constat d’une réussite chez ceux qui ont eu le bonheur de réaliser leurs ambitions et qui, à leur vieillesse, n’ont pas la conscience taraudée par le regret. Ceux-là,seuls, pourront connaître la bonne mort. Cette mort qui perd son aspect hideux et qui est un repos mérité. Généralement, elle ne surprend pas ceux qui ont le bonheur de la connaître. Au lieu de marquer leur déchéance, elle les consacre plutôt.
Les obsèques de Monseigneur Paul VERDZEKOV illustrent de façon plus que patente notre maxime. C’était beau. Personne n’avait envie de pleurer, de mettre Dieu en procès, au contraire, on a tous eu l’occasion de mesurer la grandeur et l’amour de Dieu qui veut bien partager ses attributs à ses créatures. La magnificence de la créature renvoie tout simplement au Créateur.
Monseigneur Paul a eu les hommages mérités de toute l’Eglise et de toute la nation, pour plusieurs raisons.
La première, parce qu’il était un Evêque. Jusque- là, tous nos Evêques ont eu droit, à leur décès aux hommages grandioses et solennels.
La deuxième raison, Monseigneur Paul était un homme de science avéré. Excellent théologien, son érudition faisait de lui un savant respecté et vénéré et trop souvent sollicité avant la prise de grandes décisions concernant l’Eglise.
La troisième raison : Monseigneur Paul était un grand humaniste, dans la mesure où il a oeuvré toute sa vie à diminuer les souffrances de ses congénères, et surtout en étant très proche des couches les plus vulnérables.
La quatrième raison, et il nous semble que c’est la plus importante, c’était un vrai homme de Dieu. On avait l’impression qu’il communiquait de façon particulière avec Dieu. Sa sagesse était un peu de l’ordre divin.
Comment ne pas rendre hommage à un si grand homme ? S’il était possible de faire mieux, on l’aurait fait. L’illustre disparu était une véritable icône, fier produit de notre culture et parfait chantre de l’universalisme. Il a contribué personnellement à édifier cette civilisation planétaire et transraciale qui prône la justice et la fraternité. On n’arrive pas là au hasard. Si nous voulons reproduire de tels pictogrammes, nous n’avons qu’à lire les mémoires de Paul VERDZEKOV. Son histoire est claire et linéaire. Le mérite revient d’abord à ses parents qui l’ont rigoureusement éduqué sur l’appréciation objective des valeurs. L’Eglise et les études ont tout simplement et fort heureusement prolongé cette éducation. Excellent thomiste, Monseigneur Paul savait mieux que quiconque que le bien est à faire et que le mal est à éviter. Le mérite lui revient ensuite, parce qu’il a été disponible aux enseignements reçus, mieux encore, parce qu’il parlait avec autorité. Il n’était pas seulement un bon maître, mais il était un véritable disciple du Christ, en paroles et en actes.
Sa mémoire restera à jamais gravée dans les annales des grands hommes de notre pays. Il est de cette race de personnes qui ont su rester fidèles et fières de leur choix à la suite du Christ, et qui ont fait l’unité autour de leur personne. Il était tel qu’on le voyait, tout simplement vrai. Les hommages des hommes, nous sommes sûrs, ne sont rien par rapport à ce que lui réserve le Seigneur, cette couronne de gloire qui revient à ceux qui ont trempé leurs vêtements dans le sang de l’Agneau.
Abbé Paul, de tous vos titres prestigieux, c’est celui que vous avez bien voulu retenir, vous avez bien dressé votre lit. Vous méritez le repos.

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