Jean-Benoît-P. Nlend
La première salle du nouveau bâtiment pédagogique de la faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Yaoundé I s’est révélée étroite le vendredi 26 février dernier lors de la soutenance de la thèse de doctorat de Charles Jean-Marie Minyem .
Le sujet, atypique et original ne manquait pas d'intérêt : " Rationalité africaine et développement économique ". Véritable réquisitoire du colonialisme et de l'impérialisme occidental qui continue à maintenir l'Afrique dans la misère et la précarité. Selon le candidat, il n'y a que la philosophie pour libérer véritablement le Noir. Pour des raisons endogènes et exogènes, l'Afrique, berceau de l'humanité a subi, au fil des ans, une véritable acculturation qui l'a ravalée au dernier rang des civilisations. Charles Minyem se propose de rétablir simplement la vérité : l'Afrique a eu non seulement un passé glorieux dont les vestiges demeurent visibles encore aujourd'hui en Egypte, mais elle a aussi une rationalité propre, efficace, efficiente et malheureusement occulte et mystérieuse. Il suffit, selon le candidat, d'opérer une revalorisation de nos cultures pour endiguer un grand nombre de nos maux et avoir notre place au concert des nations. Les pratiques telles que la sorcellerie, la métamorphose, le don d'ubiquité, l'invulnérabilité, les attaques mystiques du " NSON ", le cannibalisme mystique par exemple peuvent être mises au service de la médecine, de la défense, de la recherche scientifique et du développement économique. On comprend l'intérêt qu'a suscité cette thèse pour les étudiants et les curieux avides de science et de connaissance. La témérité de Charles Minyem a été d'oser parler d'irrationalité dans un univers qui se veut rationnel et détenteur exclusif de la raison. Pour apprécier ce travail, d'éminentes personnalités universitaires ont été choisies par l'autorité académique. A la présidence du jury, il y avait le Professeur Gabriel NDINGA de l'UCAC. Rapporteurs : les Professeurs Hubert MONO NZANA et Robert NDEBI BIYA, par ailleurs directeur de la thèse. Les deux autres membres du jury étaient aussi de grands savants enseignants et d'excellents orateurs, à savoir, le Professeur MBONJI EDJENGUELE et le Professeur PIUS ONDOUA. Le candidat n'a pas eu de répit. En dehors de son directeur qui, d'entrée de jeu, a relevé la valeur du thème choisi et les mérites du candidat qui a fait preuve de créativité et d'originalité dans un monde où le plagiat commence à s'ériger en règle, tous les autres ne l'ont pas chatouillé, à commencer par le professeur MONO NDZANA, qui dans un brillant exposé d'une heure a littéralement laminé la thèse dans sa forme et dans son fond en mettant en cause sa valeur épistémologique. Le Professeur MBONJI, chef du département d'ethnologie, a quant à lui reconnu la grande valeur du travail de Charles MINYEM. En tant qu'initié et chercheur, le Professeur MBONJI a démontré avec beaucoup d'éloquence que bien de faits qui jadis relevaient du paranormal et de l'irrationnel commencent à avoir des justifications et des explications scientifiques. Loin donc de faire l'éloge de l'obscurantisme, les recherches de Charles MINYEM, et cela relève aussi de la philosophie, posent tout simplement le problème de la convertibilité de l'irrationalité en rationalité, en Afrique. Le Professeur ONDOUA, le moins virulent des membres du jury a plutôt aidé le candidat à clarifier son sujet et à l'enrichir. Quatre heures après de très houleuses interventions, l' assistance est rentrée bien satisfaite et pleine de reconnaissance pour Charles MINYEM qui lui a permis de vivre ces riches moments d'échanges intellectuels sous la très grande couverture des plus grands parmi les grands, avec le triste et malheureux constat que le candidat n'a pas été trop aidé par son prestigieux directeur. Cette thèse aurait sûrement eu une appréciation plus qu'honorable. Incidemment, les justes observations et critiques des membres du jury retombent sur le directeur principal de la thèse. Il y en avait un peu trop. Y a-t-il encore des directeurs " noyeurs " dans nos Universités ?
En balayant du revers de la main le travail d'un doctorant, le Professeur MONO NZANA a péché par excès. Tout ce que le professeur a dit n'est pas à prendre pour Parole d'Evangile. Il n'est, par exemple, pas vrai que la métaphysique est purement spéculative et donc qu'elle ne devrait pas traiter d'économie. Charles Minyem attaque justement cette sorte de métaphysique restée déconnectée de la réalité, celle de DESCARTES ou de SARTRES, par exemple. Cher Prof, convenez avec Saint Thomas que " l'étude de la philosophie ne consiste pas à chercher à savoir ce que les hommes ont pensé, mais elle consiste particulièrement à chercher à savoir quelle est la vérité de la réalité "(Studium philosophiae non est ad hoc quod sciatur quid senserint homines, sed partculariter se habeat veritas rerum). Cela, le Professeur MBONJI l'a compris et Docteur MINYEM l'a réalisé. Bravo Charles. La vraie philosophie, comme le soutient Christian Cardinal TUMI, " est une science. Elle part de l'observation des faits, de l'expérience et elle réfléchit ensuite sur le sens et la valeur qu'ils ont ".Il est temps de redonner à la philosophie son statut antique d'école de la sagesse où les étudiants apprennent à voir, à juger et à agir (Cf. Préface du RETOUR AU BON SENS de Padre BOUMTJE Nicolas).

PRESENTATION DE LA THESE DE PHILOSOPHIE DE CHARLES JEAN MARIE MINYEM
À partir de nos recherches au niveau du DEA, nous nous sommes préoccupé des problèmes du développement économique dans le monde en général et en Afrique en particulier. C’est d’ailleurs un problème qui préoccupe toutes les couches sociales, des organisations internationales jusqu’aux communautés villageoises locales en passant par les gouvernements, les Eglises et la société civile.
Pour cela, il nous a fallu retrouver les fondements premiers de ce phénomène si général et si important. De tous les fondements que nous avons recensés, le fondement philosophique s’avère le premier. Ceci peut même se justifier dans l’histoire. En effet, de l’antiquité au moyen âge, les hommes ne se préoccupaient pas tellement des problèmes du développement, la science elle-même était orientée soit dans la cosmologie, soit dans l’ontologie ou encore dans la religion. Ce n’est qu’au 16ème siècle qu’apparaissent les premières recherches à caractère scientifique et la reforme véritable de la philosophie avec Descartes. A partir de Descartes le réalisme aristotélicien cède la place à l’idéalisme cartésien. Dieu créateur du ciel et de la terre est remplacé par l’homme qui se voudra plus tard être « comme le maître et le possesseur de la nature » par le biais de la science.
Quatre siècles plus tard, le problème du développement économique continue toujours à se poser dans le monde avec acuité, mais de différente manière selon que l’on se trouve en Occident ou en Afrique. Si en Occident aujourd’hui, on souffre des méfaits du développement économique à cause de ses pollutions de tout genre, l’Afrique par contre souffre du manque de ce développement économique qui se caractérise par ce que l’on pourrait appeler « le manque généralisé ».En plus, l’éthique qui l’accompagne n’est pas toujours du genre à rechercher le vrai bonheur.
Notre préoccupation dans un premier temps est de montrer que le phénomène du développement économique émane d’une rationalité qui n’est autre que la rationalité cartésienne. Ceci à travers la dialectique du cogito à l’idéalisme ; de l’idéalisme au matérialisme ; du matérialisme au marxisme ; du marxisme au capitalisme et du capitalisme au développement économique.
Quant à notre thèse dont le titre est : « rationalité africaine et développement économique », nous démontrons que l’Afrique qui souffre du sous-développement économique et qui cherche depuis des siècles quelques repères pour asseoir ce développement, ne peut se développer économiquement d’après le modèle occidental du développement économique. Ceci pour trois (03) raisons fondamentales :
- D’abord parce que le modèle occidental de développement économique a montré ses limites là où il est né.
- Deuxièmement à cause de l’inadaptation de ce modèle de développement par rapport aux réalités socio-cosmiques de l’Afrique.
- Troisièmement parce que le développement économique étant un
phénomène essentiellement d’opposition, de concurrence et d’intérêt, l’Afrique sous ce rapport viendrait toujours en dernière position tant qu’elle attendra que ce soit l’occident qui lui montre le modèle à suivre pour son développement économique. « L’Afrique ne peut donc véritablement se développer et de façon durable que si elle origine son développement économique à partir d’une rationalité qui lui est propre ».
- De la rationalité africaine, peut-on parvenir au développement économique ?
Le concept de rationalité africaine au delà de la théorie des principes qui la fonde a souvent été perçu comme un concept choquant. Dans ses manifestations les plus perceptibles et les plus souvent remarquées, la rationalité africaine s’est souvent laissée confondre avec la sorcellerie et le mysticisme, deux termes à connotation péjoratives de par leurs effets néfastes dans la société africaine.
En effet, combien de fois avons-nous entendus que dans tel village ou telle région les sorciers se sont opposés à la construction d’une route, symbole du développement de cette zone et pour cause, le passage de la route en question devrait détruire un arbre ou un sanctuaire, siège des pratiques de sorcellerie. Combien de fois avons-nous été témoins des décès des personnes importantes ou des jeunes dynamiques et pleins d’avenir et dont on a attribué la cause à la sorcellerie ou aux pratiques de mysticisme. Le spectacle désolant de nos villages qui se vident d’année en année de leurs populations jeunes vers des villes par peur d’être mangés par les sorciers du village, des hauts fonctionnaires qui ne partent jamais dans leur village avec leurs enfants par peur des pratiques de sorcellerie, des grands chantiers abandonnés dans certains villages à cause de la mort subite de leurs propriétaires qui voulaient investir dans ces localités caractérisées par une absence généralisée de « tout »… ne sont que très récurrents. Ce tableau très sombre est celui qui est le plus souvent attribué à la rationalité africaine symbole par excellence du sous développement en Afrique.
Or le thème de notre recherche s’intitule « Rationalité africaine et développement économique ». Quel paradoxe ! Comment une rationalité reconnue par ses effets néfastes dans la société pourrait-elle devenir le moteur du développement économique ? N’est-il pas plutôt certain qu’à partir d’une rationalité de ce genre, l’Afrique soit condamnée à jamais à vivre dans le sous-développement et la misère ? Y a-t-il au contraire une possibilité d’exploitation positive de la rationalité africaine à des fins de développement économique ? Telle sera plutôt la question à laquelle nous essayerons d’apporter une réponse tout au long de notre travail.
Pour y parvenir, les africains devront d’abord ressusciter cette rationalité engloutie dans les décombres de l’ignorance et de la colonisation, ensuite se réapproprier cette rationalité en rentrant dans ce qu’on pourrait appeler l’école du savoir africain. C’est une école qui n’est pas une simple vue de l’esprit, elle existe bel et bien ses principes et sa méthode peuvent être historiquement prouvés et techniquement expérimentés.
A- L’école du savoir africain
Contrairement à ceux qui pensent que l’école commence en Afrique avec l’arrivée des occidentaux, nous affirmons que les africains de tous les temps ont toujours connu une forme d’école. Il ne s’agit pas forcement de l’école institutionnalisée, (c’est celle là qui est certainement un apport de l’extérieur) mais d’un ensemble de procédés qui ont constitué depuis l’époque de nos ancêtres jusqu’à nos jours, l’école africaine. Il s’agit là d’un processus qui part de l’initiation jusqu’à la formation en passant par bien d’autres attitudes acquises ou développées qui constituent les sources d’inspiration chez les africains. Parmi ceux-ci nous pouvons noter :
-l’observation
-le rêve
-l’extase
-le mythe
-les ordalies
-la divination
-la magie et la sorcellerie
-l’initiation sous toute ses formes
Par ailleurs, nous avons établi qu’il est possible pour les besoins d’efficacité, de lier ces sources d’inspiration avec la méthode de Claude Bernard, à travers l’expérimentation, la vérification et l’établissement des lois.
Cette phase de réappropriation du passé culturel, religieux et mystique des africains intègre nécessairement des connaissances en égyptologie
B- L’égyptologie
C’est une science initialement occidentale, née du déchiffrement des hiéroglyphes au XIX° siècle et progressivement devenue une discipline académique internationale du point de vue de sa place dans la recherche pour la reconstruction de l’histoire africaine longtemps niée. Malgré la controverse dont elle est l’objet aujourd’hui et par l’existence de plusieurs courants en son sein, l’égyptologie apparait comme une source majeure et primordiale de la nouvelle historiographie africaine, en raison de l’ancienneté, de l’abondance de l’originalité et de la valeur heuristique des sources égyptiennes. Nous pensons qu’au delà de la controverse dont elle est l’objet, l’égyptologie représente non seulement une source d’inspiration pour la reconstruction du savoir africain, mais d’abord un réceptacle de la culture, de la tradition et de la mystique africaine à l’état pur. Ainsi, au delà de la controverse qui a déjà l’objet de prise de position de la plupart des intellectuels africains et africanistes en l’occurrence C.A.Diop, Th. Obenga, P. Oum Ndigi, nous allons préciser son rôle en tant que berceau de la rationalité africaine et sa participation dans la reconstruction de l’école du savoir africain.
L’un des plus grands savoirs que pourrait procurer l’Egypte antique pour la reconstruction du savoir africain est la Maât. C’est la totalité, l’être qui par défaut pourrait se traduire par la vérité et la justice.
- La science égyptienne
Elle est très vaste et diversifiée. Dans un premier temps, Nous identifions les mathématiques ; elles se subdivisent en géométrie et en algèbre. Pour être bref à ce sujet, nous constatons tout simplement que les dits pionniers dans ces disciplines avaient seulement copié leurs maîtres les égyptiens sans toutefois les citer. Les égyptiens quant à eux, s’en servaient pour la construction et l’orientation des monuments.
Dans le même ordre d’idée, nous pouvons citer :
- L’astronomie
- La magie égyptienne
Elle avait beaucoup d’influence sur la médecine.
- La médecine égyptienne
- La chimie
- La métallurgie du fer
- L’architecture
- L’esthétique et l’art égyptien
- La cosmologie égyptienne
- L’agriculture égyptienne
- Les religions égyptiennes
- Le trafique et les relations commerciales égyptiennes
Cependant, cette longue théorie sur le savoir africain resterait vide si elle n’aboutissait pas à une phase pratique qui a pour but de démontrer comment, à partir de la rationalité africaine contenue dans la culture, la religion et la mystique, l’Afrique pourrait arriver à un développement harmonieux de son continent et à s’imposer aussi sur le plan mondial comme un géant non de la mendicité, mais de la production des œuvres d’art, d’architecture et de science. Cette phase pourrait être divisée en deux parties : d’abord nous allons étudier quelques modèles de cultures africaines en présentant certains aspects de la culture basa au sud Cameroun et d’autres aspects de la culture observées en Ethiopie. C’est ainsi que nous avons étudié chez les basa les phénomènes du mbok avec ses corolaires le ngé, le mbak, le ndjek. Nous avons également établi un rapport entre certains phénomènes culturels observés chez les basa et le développement économique.
Ainsi, l’action à distance, le yañ(transsubstantiation et vaccination), le hoñol ( la mémoire prodigieuse) pourraient être convertibles en instrument du développement de la science et de la technique.
Le cannibalisme mystique ainsi que d’autres éléments rentrant dans la
médecine du mbok basa, pourraient révolutionner la médecine en Afrique.
Le djis li mbas (grain de maïs) le ndjek (justicier infaillible) pourraient
révolutionner le domaine de la justice.
Les métamorphoses d’hommes en animaux, le kon (secret
d’invulnérabilité), le libunda (secret d’invisibilité), pourraient révolutionner le domaine stratégique et militaire.
Enfin, la lévitation ou téléportassions pourraient révolutionner la
communication en Afrique.
Au terme de cette analyse, nous sommes conscients du ridicule que nous
frisons en introduisant dans l’univers de la philosophie au Cameroun, les phénomènes mystiques prélevés dans l’univers africains et surtout à l’Université de Yaounde I, où la philosophie semble se résumer à l’idéalisme et à la techno science ; où l’athéisme semble être de mode, où la raison qui pourtant avait commencé à être mise à l’épreuve dans la postmodernité avec Michel Foucault, semble célébrer son triomphe. Voila pourquoi nous sommes obligé d’évoquer M. Gell- Man, un spécialiste de la physique quantique, physique utilisée dans la haute technologie de pointe, celle qui alimente par exemple les industries satellitaires et bien d’autres réalisations spatiales. Ce dernier qui est pourtant sensé mieux connaître ce domaine, affirme pourtant que : « la physique quantique est cette discipline mystérieuse et troublante qu’aucun d’entre nous ne comprend réellement, mais que nous savons comment utiliser ». Une telle phrase semble opposer un défi à l’une des théories de la compréhension les plus courantes à l’heure actuelle, à travers le rapprochement qu’elle opère entre « savoir utiliser et ne pas comprendre ».
Comme nous pouvons le constater, il y a entre les phénomènes
culturels en Afrique y compris les phénomènes paranormaux et la physique quantique, une similitude de méthode et même de rationalité. Cependant, alors que cette physique quantique est aujourd’hui, à la base d’une technologie de pointe en occident et la cause de son développement économique, l’incompréhensibilité par contre des phénomènes culturelles africains par une certaine rationalité, continue toujours à être un obstacle pour leur exploitation par les africains eux-mêmes à toute fin utile.
L’heure est donc certainement arrivée pour que les africains
abandonnent « la philosophie du complexe », qu’ils se penchent sur leur culture et leur rationalité afin de pouvoir y tirer des éléments nécessaires pour le développement économique durable de leur continent.
Ces quelques éléments que nous avons présenté comme relevant de l’Afrique profonde, ont été tirés de la seule culture basa au Cameroun. Quand nous savons que le Cameroun à lui seul compte plus de 250 cultures aussi riches que la culture basa , il est clair que l’Afrique en général qui compte 52 Etats représente un scandale de richesses culturelles qui pourraient, mieux que le pétrole et d’autres matières premières, développer économiquement l’Afrique et lui redonner la place qu’elle occupait autrefois à l’époque de la grande civilisation de l’Égypte antique, celle d’être le centre du monde et de la culture.
Les recherches menées par M. Hebga surtout dans son ouvrage intitulé Rationalité d’un discours africain sur les phénomènes paranormaux, ont ouvert une brèche sur la compréhension et l’interprétation des phénomènes paranormaux présents dans les cultures africaines afin de pouvoir mieux les combattre ou les éviter parce que, le plus souvent nocifs pour la société. Nous sommes parti des résultats obtenus par M. Hebga dans cette étude non plus pour les combattre ou les éviter, mais dans le but de les exploiter à des fins de développement économique. C’est ce qui pourrait faire certainement l’originalité de notre recherche.
Dans la réalisation de ce travail, nous avons rencontré beaucoup de difficultés, nous en présentons quelques unes :
- Les difficultés d’ordre matériel.
Nous n’avons bénéficié d’aucune aide financière ni matérielle pour la
réalisation de ce travail, ceci nous a obligé de dispenser parfois plus de 30 H de cours par semaine dans les collèges et les Institution universitaires afin de pouvoir subvenir à nos besoins et continuer la recherche.
Nous avons également été limité dans nos descentes sur le terrain, car
beaucoup de nos rendez-vous avec les initiés n’avaient pas été honorés par manque de moyen. Nous avons également fait beaucoup de promesses à ceux qui acceptaient de nous dévoiler quelques pans de la mystique africaine ou de nous introduire dans quelques lieux sacrés. Ces promesses sont restées lettre morte par manque de moyen.
Autres difficultés à relever ; l’absence de documentation adéquate, nos
bibliothèques locales ne répondant pas toujours favorablement à notre demande. Mais la plus grande difficulté à laquelle nous avons été confronté la fermeture totale du monde des initiés. Certes, nous avons été initié jusqu’à un certain niveau, mais cela ne nous permettait pas d’accéder à un type d’information que nous voulions par contre avoir. Nous avions donc par moment infiltrer certains cercles réservés par effraction et les risques encourus pouvaient aller jusqu’à la mort.
Signalons pour terminer que l’univers de l’invisible et du supra-
rationnel obéit aux lois et principes qui ne sont pas toujours compatibles avec les exigences de la science. En plus les réalités auxquelles on est confrontées ne peuvent pas être partagées ni même racontées, elles sont tout simplement objet d’expérience personnelle, une expérience qui aboutit à un savoir qu’on ne peut aussi partager.
Par l’initiation, on apprend moins à connaitre mais plus à être, ce qui
n’est pas forcement le but de la science positive.
Nous avons dédié ce travail à Marie Thérèse MPOND MBONDO
Nous adressons nos remerciements tout d’abord au Pr Robert Ndebi Biya qui a dirigé ce travail, pour sa disponibilité, son savoir, sa rigueur et son amour pour le travail-bien-fait.
Nous ne saurions oublier le Pr Pius Ondoua qui, bien que n’étant pas directement impliqué dans ce travail, a mis à notre disposition tous ses écrits, particulièrement sa thèse de doctorat d’Etat en voie de parution. Il a toujours été disponible pour apporter des réponses à toutes nos questions, mêmes les plus stupides. De lui, nous garderons le souci de l’extrême rigueur dans la recherche.
Le Dr Pierre Oum Ndigi nous a suivi particulièrement depuis trois ans. Il a participé activement à notre initiation comme homme, africain, basa et intellectuel. Il a particulièrement veillé sur la partie de notre travail axée sur l’égyptologie ; pour cela, il a mis toute sa documentation personnelle à notre disposition.
Nous ne saurions oublier l’Institut de Philosophie Saint Joseph MUKASA dans lequel nous enseignons depuis quatre ans, pour son cadre intellectuel et spirituel, pour la disponibilité de sa bibliothèque à nos nombreuses sollicitations. Cet Institut a également contribué financièrement à la réalisation de ce travail.
L’Institut Catholique d’Afrique Centrale (Centre Supérieur des Sciences de la Santé) dans lequel nous dispensons les cours de philosophie de la santé depuis deux ans, a également participé à l’élaboration de ce travail en mettant à notre disposition sa photocopieuse pour la multiplication de notre thèse en autant d’exemplaires exigés par la F.A.L.S.H de Yaoundé I.
A tous ceux qui ont de près ou de loin participé à l’élaboration de ce travail, nous disons grandement.
MERCI
PROJET DE RECHERCHE DU DR CHARLES JEAN MARIE MINYEM
Thème : Rationalité africaine et développement économique
À partir de nos recherches au niveau du DEA, nous nous sommes préoccupé des problèmes du développement économique dans le monde en général et en Afrique en particulier. C’est d’ailleurs un problème qui préoccupe toutes les couches sociales, des organisations internationales jusqu’aux communautés villageoises locales en passant par les gouvernements, les Eglises et la société civile.
Pour cela, il nous a fallu retrouver les fondements premiers de ce phénomène si général et si important. De tous les fondements que nous avons recensés, le fondement philosophique s’avère le premier. Ceci peut même se justifier dans l’histoire. En effet, de l’antiquité au moyen âge, les hommes ne se préoccupaient pas tellement des problèmes du développement, la science elle-même était orientée soit dans la cosmologie, soit dans l’ontologie ou encore dans la religion. Ce n’est qu’au 16ème siècle qu’apparaissent les premières recherches à caractère scientifique et la reforme véritable de la philosophie avec Descartes. A partir de Descartes le réalisme aristotélicien cède la place à l’idéalisme cartésien. Dieu créateur du ciel et de la terre est remplacé par l’homme qui se voudra plus tard être « comme le maître et le possesseur de la nature » par le biais de la science.
Quatre siècles plus tard, le problème du développement économique continue toujours à se poser dans le monde avec acuité, mais de différente manière selon que l’on se trouve en Occident ou en Afrique. Si en Occident aujourd’hui, on souffre des méfaits du développement économique à cause de ses pollutions de tout genre, l’Afrique par contre souffre du manque de ce développement économique qui se caractérise par ce que l’on pourrait appeler « le manque généralisé ».En plus, l’éthique qui l’accompagne n’est pas toujours du genre à rechercher le vrai bonheur.
Notre préoccupation dans un premier temps est de montrer que le phénomène du développement économique émane d’une rationalité qui n’est autre que la rationalité cartésienne. Ceci à travers la dialectique du cogito à l’idéalisme ; de l’idéalisme au matérialisme ; du matérialisme au marxisme ; du marxisme au capitalisme et du capitalisme au développement économique.
Le but de la recherche
Quant à notre thèse dont le titre est : « rationalité africaine et développement économique », nous démontrons que l’Afrique qui souffre du sous-développement économique et qui cherche depuis des siècles quelques repères pour asseoir ce développement, ne peut se développer économiquement d’après le modèle occidental du développement économique. Ceci pour trois (03) raisons fondamentales :
- D’abord parce que le modèle occidental de développement économique a montré ses limites là où il est né.
- Deuxièmement à cause de l’inadaptation de ce modèle de développement par rapport aux réalités socio-cosmiques de l’Afrique.
- Troisièmement parce que le développement économique étant un
phénomène essentiellement d’opposition, de concurrence et d’intérêt, l’Afrique sous ce rapport viendrait toujours en dernière position tant qu’elle attendra que ce soit l’occident qui lui montre le modèle à suivre pour son développement économique. « L’Afrique ne peut donc véritablement se développer et de façon durable que si elle origine son développement économique à partir d’une rationalité qui lui est propre ».
Problématiques de la recherche
Cependant, la question que nous pouvons nous poser est la suivante : de la rationalité africaine, peut-on parvenir au développement économique ?
Le concept de rationalité africaine au delà de la théorie des principes qui la fonde a souvent été perçu comme un concept choquant. Dans ses manifestations les plus perceptibles et les plus souvent remarquées, la rationalité africaine s’est souvent laissée confondre avec la sorcellerie et le mysticisme, deux termes à connotation péjoratives de par leurs effets néfastes dans la société africaine.
En effet, combien de fois avons-nous entendus que dans tel village ou telle région les sorciers se sont opposés à la construction d’une route, symbole du développement de cette zone et pour cause, le passage de la route en question devrait détruire un arbre ou un sanctuaire, siège des pratiques de sorcellerie. Combien de fois avons-nous été témoins des décès des personnes importantes ou des jeunes dynamiques et pleins d’avenir et dont on a attribué la cause à la sorcellerie ou aux pratiques de mysticisme. Le spectacle désolant de nos villages qui se vident d’année en année de leurs populations jeunes vers des villes par peur d’être mangés par les sorciers du village, des hauts fonctionnaires qui ne partent jamais dans leur village avec leurs enfants par peur des pratiques de sorcellerie, des grands chantiers abandonnés dans certains villages à cause de la mort subite de leurs propriétaires qui voulaient investir dans ces localités caractérisées par une absence généralisée de « tout »… ne sont que très récurrents. Ce tableau très sombre est celui qui est le plus souvent attribué à la rationalité africaine symbole par excellence du sous développement en Afrique.
Or le thème de notre recherche s’intitule « Rationalité africaine et développement économique ». Quel paradoxe ! Comment une rationalité reconnue par ses effets néfastes dans la société pourrait-elle devenir le moteur du développement économique ? N’est-il pas plutôt certain qu’à partir d’une rationalité de ce genre, l’Afrique soit condamnée à jamais à vivre dans le sous-développement et la misère ? Y a-t-il au contraire une possibilité d’exploitation positive de la rationalité africaine à des fins de développement économique ? Telle sera plutôt la question à laquelle nous essayerons d’apporter une réponse tout au long de notre recherche.
Pour y parvenir, les Africains devraient d’abord ressusciter cette rationalité engloutie dans les décombres de l’ignorance et de la colonisation, ensuite se réapproprier cette rationalité en rentrant dans ce que l’on pourrait appeler l’école de savoir africain. C’est une école qui n’est pas une simple vue de l’esprit, ses principes et sa méthode peuvent être historiquement prouvés et techniquement expérimentés.
L’école du savoir africain
Contrairement à ceux qui pensent que l’école commence en Afrique avec l’arrivée des occidentaux, nous affirmons que les africains de tous les temps ont toujours connu une forme d’école. Il ne s’agit pas forcement de l’école institution, c’est celle là qui est certainement un apport de l’extérieur, mais d’un ensemble de procédés qui ont constitué depuis l’époque de nos ancêtres jusqu’à nos jours, l’école africaine. C’est un processus qui part de l’initiation jusqu’à la formation en passant par bien d’autres attitudes acquises ou développées qui constituent les sources d’inspiration chez les africains. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer :
- l’observation
- le rêve
- l’extase
- le mythe
- les ordalies
- la divination
- la magie et la sorcellerie
- l’initiation sous toutes ses formes…
Par ailleurs, nous avons établi qu’il est possible pour des besoins d’efficacité de lier ces sources d’inspiration avec la méthode scientifique préconisée par Claude Bernard à travers l’expérimentation, la vérification et l’établissement des lois.
Implications pratiques de la recherche
Cette longue théorie sur le savoir africain resterait vide si elle n’aboutissait pas à une phase pratique qui a pour but de démontrer comment à partir de la rationalité africaine contenue dans la culture, la religion, la mystique, l’Afrique pourrait arriver à un développement plus harmonieux de son continent et à s’imposer sur le plan mondial comme un géant de la production des œuvres d’art d’architecture et de science. C’est ainsi qu’à partir de la culture basa au sud du Cameroun nous allons étudier le mbok avec ses corolaires le ngé, le mbak, le ndjek. Ensuite, nous établirons un rapport entre certains phénomènes issus de cette culture et le développement économique. Ainsi :
- l’action à distance, le yañ (transsubstantiation et vaccination), le hoñol (la mémoire prodigieuse) pourraient être convertible en instrument du développement de la science et de la technique.
- le cannibalisme mystique ainsi que d’autres éléments rentrant dans la médecine du mbok basa, pourraient révolutionner la santé
- le djis li mbas (grain de maïs), le ndjek (justicier infaillible) pourraient révolutionner le domaine de la justice.
- les métamorphoses d’hommes en animaux, le kon (le secret d’invulnérabilité) pourraient révolutionner le domaine stratégique et militaire.
- la lévitation ou téléportassions pourrait révolutionner la communication en Afrique
Originalité de la recherche
Jusque là, la rationalité utilisée dans la lutte pour le développement en Afrique était de type occidentale et l’instrument utilisé, la techno-science. Pour plus d’efficacité dans la recherche des résultats, nous proposons aux africains leur propre rationalité comme fondement, pour un développement économique plus adéquat
Mots clés
Développement, développement économique, rationalité, rationalité africaine, Descartes, cogito, idéalisme, matérialisme, marxisme, capitalisme, savoir africain, observation, rêve, extase, mythe, ordalies, divination, magie, sorcellerie, initiation, action à distance, cannibalisme mystique, métamorphose d’homme en animaux, lévitation…
CV DU DR CHARLES JEAN MARIE MINYEM
1. ETAT CIVIL
Nom : MINYEM
Prénom : Charles Jean Marie
Nationalité : Camerounaise
Date et lieu de naissance : 28 mai 1969 à Saint André
Fils de : MAKEI Victor
Et de : NGO BISSECK Thérèse
Département : NYONG-ET-KELLE
Arrondissement : NGOG-MAPUBI
Village : OMOG
Situation familiale : Célibataire sans enfant à charge
Religion : Catholique pratiquant
Adresse : BP s/c Université de Yaoundé I
FALSH
Département de Philosophie
Email : chminyem@yahoo.fr
Tél. D : (237) 22 23 16 21;
P : (237) 99 57 93 22
2. FORMATION ET REFERENCES ACADEMIQUES
2010 : Doctorat/Ph. D en philosophie
(Université de Yaoundé I, Cameroun)
2003 : DEA en Philosophie
(Université Yaoundé I, Cameroun)
2000 : Formation en Théologie
(Université Catholique d’Afrique Centrale, Yaoundé Cameroun)
1999 : Maîtrise en Philosophie
(Université Catholique d’Afrique Centrale, Yaoundé Cameroun).
1998 : Licence en Philosophie
(Université Catholique, Yaoundé Cameroun).
1994 : Admission comme Grand Séminariste, Diocèse de Douala Cameroun, et
affecté comme surveillant au Petit Séminaire Saint Paul de Nylon, Douala Cameroun.
1993 : Baccalauréat série A2, mention Passable
(Collège Sacré-Coeur, Makak Cameroun).
1992 : Probatoire
(Collège Sacré-Coeur, Makak Cameroun).
1989 : Brevet d’Etudes Secondaires (BEPC).
(Collège Educateur, Eséka Cameroun)
1983 : Admission au Petit Séminaire Saint Paul de Nylon, Douala Cameroun.
1982 : Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires (CEPE)
(Ecole Publique, Monatélé Cameroun
3. FONCTIONS OCCUPEES :
2006 – 2008 : Vacataire
(Université de Yaoundé I Cameroun)
Professeur (Grand séminaire de NKOLBISSON – Institut de
Philosophie Saint Joseph MUKASA)
Professeur associé (Université Catholique d’Afrique Centrale –
Centre Supérieur des Sciences de la Santé)
2006 – 2007 : Vacataire
(Université Yaoundé I Cameroun)
Professeur,
(Grand Séminaire de NKOLBISSON - Institut de
Philosophie Saint Joseph MUKASA)
2005 : Vacataire
(Université Yaoundé I Cameroun)
Vice-Principal
(Collège MOKALA, Yaoundé Cameroun)
Professeur,
(Grand Séminaire de NKOLBISSON (Institut de
Philosophie Saint Joseph MUKASA)
2004 : Vacataire
(Université Yaoundé I Cameroun)
2003 : Moniteur
(Université Yaoundé I Cameroun)
Préfet des Etudes
(Collège EDAF)
2002 : Moniteur
(Université Yaoundé I Cameroun)
2001 : Cadre d’administration
(Ministère de la Condition Féminine)
4. CONNAISSANCES DES LANGUES (Parlées et écrites)
• Bassa : (Très bien)
• Français : (Très bien)
• Anglais : (bien)
• Espagnol : (passable)
Langues classiques
• Latin : (très bien)
AUTRES ATOUTS
• Titulaire d’un permis de conduire « B »
Sports pratiqués
• Football
• Hand-ball
• Volley-ball
Fait à Yaoundé, le 27 juillet 2010
Charles Jean Marie MINYEM
Coordonnées :
TEL 237 99 57 93 22
237 75 68 12 13
Email : chminyem@yahoo.fr
Rédigé par : Dr Charles Jean Marie MINYEM | 27/07/2010 à 03:35
It is with great pleasure that I read your paper. Congratulation for research carried out. Focus on the applicability of your findings. Way to to.
Rédigé par : Roncs Ese-Etame, USA | 31/07/2010 à 05:14
RAPPORT DE SOUTENANCE
Thèse de Doctorat /Ph. D en philosophie
Titre :
Rationalité africaine et développement économique
Candidat : Charles Jean Marie MINYEM
Le vingt six février, l’an deux mille dix, le candidat Charles Jean Marie MINYEM a soutenu une thèse de Doctorat/Ph.D en Philosophie, intitulée Rationalité africaine et développement économique devant un jury composé de cinq enseignants de rang magistral.
Président : Gabriel NDINGA BOUNDAR, Professeur (UCAC)
Rapporteurs : Hubert MONO NDJANA, Professeur (UY I)
Robert NDEBI BIYA, Professeur (UY I)
Membres : MBONJI EDJENGUELE, Professeur (UY I)
Pius ONDOUA, Maître de Conférences (UY I)
Ouvrant la séance, le président du jury a donné la parole au candidat pour exposer son travail, surtout dans ses principales articulations.
Prenant la parole à son tour, M. MINYEM commence par signaler que sa thèse s’intègre dans la spécialité « Ontologie et Métaphysique ».
Dans la présentation de sa recherche, l’étudiant, après avoir préalablement et clairement dégagé la problématique, a mis en lumière les hypothèses qui ont guidé à l’élaboration de sa thèse et les résultats auxquels il est parvenu.
Selon lui, le développement économique de l’Afrique ne peut plus se penser à partir de la rationalité occidentale. Elle a montré ses limites, le modèle économique qu’elle soutend est inadapté par rapport aux réalités socio-économique de l’Afrique. Et de l’avis de notre candidat, pour mieux asseoir sa thèse, il a mené une étude approfondie de l’Egyptologie et des phénomènes culturels du peuple « basa ». « L’Afrique ne peut donc véritablement se développer et de façon durable que si elle origine son développement économique à partir d’une rationalité qui lui est propre. Il est donc urgent de retourner à l’école du savoir africain » pour se réapproprier toutes les intelligibilités contenues dans le passé culturel, religieux et mystique de notre continent. Ainsi à partir d’une opération de « convertibilité », elles sont susceptibles d’acquérir une épaisseur nouvelle en vu du développement de l’Afrique.
Le dialogue qui a suivi cette présentation, entre le candidat et les membres du jury, a permis d’éclairer les points obscurs et d’apprécier la valeur de la thèse. C’est ainsi que les diverse interventions ont été enregistrées selon l’ordre de passage suivant :
• Pr. Robert NDEBI BIYA
La thèse est très originale. Le candidat a le courage de penser en proposant une lecture philosophique de nos cultures africaines.
En effet, l’étudiant MINYEM évalue de manière critique les phénomènes culturels africains en rapport avec le développement économique. Il avance avec justesse que la non maîtrise de ces phénomènes selon la rationalité occidentale n’implique pas nécessairement qu’ils soient impropres, voire opposés au développement économique. Tout au contraire, leur prise en compte après un examen sans préjugé, contribuerait à propulser en avant le développement économique en Afrique.
Par ailleurs, nous affirmons avec insistance, que l’approche de notre étudiant est pertinente. Non seulement la méthode cartésienne s’avère limitée, asymptotiquement nulle pour appréhender les réalités complexes des sociétés africaines, mais le développement économique qu’elle a engendré est une force aveugle et suicidaire qui libère et écrase l’homme. Un apport positivement vital dérivant des peuples africains est nécessaire pour féconder et apprivoiser leur développement économique initié par la logique cartésienne.
• Pr. Hubert MONO NDZANA
Il a tenu à rappeler les circonstances et les incompréhensions qui ont donné lieu à la co-direction de cette thèse.
« Si mon nom figure sur cette thèse en tant que directeur, bien que je
ne l’ai pas dirigée en fait, cet affichage ne constitue ni un acte
d’usurpation, ni une manifestation magique de quelque nature ».
La direction de cette thèse lui avait été confiée par le conseil scientifique. C’est pourquoi il a débloqué administrativement la situation pour que la thèse soit soutenue.
Ensuite dans une longue intervention, le Professeur a émis des réserves quant à la portée philosophique de cette thèse. En effet, après avoir relevé des incorrections au niveau de la forme, il a attaqué le fond qu’il considère comme « l’éloge de l’obscurantisme », « travail massivement dominé par la défense et l’illustration de la magie, de la sorcellerie, de l’extase et autres pratiques ésotériques ». Enfin, il attire l’attention sur le spectre de la post modernité dont le père Hebga fut le précurseur local et le candidat MINYEM serait son disciple.
Le candidat a rétorqué à l’observation du Professeur qu’il n’a pas du tout dit de remplacer la philosophie par la magie, la sorcellerie et autres pratiques ésotériques. Mais il pense que ces phénomènes paranormaux, selon l’expression du Père Hebga doivent être aussi l’objet d’attention de la part de la philosophie moderne. Par ailleurs, la pensée cartésienne qui déclare magie ou sorcellerie tout ce qui ne cadre pas avec sa logique s’avère aujourd’hui limité et dépassé par d’autres logiques modernes non cartésiennes. Désormais, il faut aller au-delà de la pensée cartésienne et pourquoi pas intégrer aussi la non « rationalité » maudite et condamnée des sociétés africaines. Il ne s’agit donc pas de supprimer mais de dépasser la rationalité cartésienne.
• Pr. MBONJI EJENGUELE
M. MINYEM a manqué de rigueur dans son approche méthodologique. Aussi l’introduction générale n’a-t-elle rien d’une introduction d’une thèse de Doctorat. La conclusion générale tient en cinq (5) pages, ce qui est insignifiant. En outre, la présentation de la bibliographie est incohérente.
Il a invité le candidat à être plus attentif à l’évolution de la physique quantique dont les avancées peuvent aider le philosophe à mieux appréhender certains phénomènes culturels africains qui sont dits irrationnels.
• Pr. PIUS ONDOUA, (Examinateur)
Le professeur Pius Ondoua a inauguré son intervention par des interrogations préliminaires :
a) Sur la nouvelle pratique instaurée de deux rapports dans ce jury, dont l’un n’aura pas fait un rapport au sens universitaire strict, mais aura démoli plutôt le travail, faisant ainsi office d’examinateur, ce qui n’était pas prévu dans le texte portant constitution du jury de soutenance ;
b) Sur l’utilisation par le chef de département, second rapporteur de l’espace ouvert par la soutenance pour donner des instructions et orientations concernant la gestion du département (choix des sujets à traiter pour des thèses notamment), alors que les conseils du département sont prévus à cet effet.
Revenant à l’examen de la thèse, le Pr. Pius ONDOUA l’a trouvée originale et intéressante, sur le plan de la thématique comme sur le plan de la structuration. S’agissant du fond, la thèse visait à poser le problème du pluralisme des rationalités, l’auteur optant ici pour l’affirmation de l’existence d’une rationalité africaine face à la négation de celle-ci par la rationalité analytique dominante, à partir de la définition de la rationalité sous le seul prisme opérationaliste et instrumental. Cette thèse visait aussi à reposer la problématique du développement et à dépasser l’articulation du développement économique avec le seul capitalisme, l’auteur optant ici pour l’utilisation de la rationalité africaine et des possibilités de maîtrise du réel qu’elle offre pour promouvoir un développement économique dont le modèle serait défini par les Africains eux-mêmes. Sur le plan de la forme, très peu d’observations ont été faites (sur la langue, la présentation matérielle…).
Le Professeur Pius ONDOUA a eu alors à poser au candidat les principales questions ci-après :
- Comment parler d’une rationalité africaine au singulier alors que l’on pourrait parler aussi ici d’une rationalité plurielle ?
- S’il y a articulation du développement économique capitaliste avec la rationalité cartésienne-instrumentale, comment évacuer tout questionnement sur les effets induits de développement technoscientifique par rapport à la gestion du présent et de l’avenir de la planète (problématiques politiques, bioéthiques…) ?
- Comment adhérer automatiquement au modèle dominant du développement sans lui substituer un modèle autre, véritablement autocentré, pour donner plus de corps à la thèse ?
- Comment enfin sortir de l’ésotérisme et du caractère secret de la rationalité africaine, pour en faire un réel levain de la transformation du réel ?
Pour terminer, le Professeur ONDOUA a invité le candidat à compléter ses lectures (bien que la bibliographie soit déjà abondante) avec les ouvrages d’Axel Kahn (Et l’Homme dans tout ça ?...), de Dominique Janicaud (La puissance du rationnel), de Marx et Engels (L’idéologie allemande), d’Edgar Morin (La méthode III, La connaissance de la connaissance).
D’une manière générale, le candidat en réaction à ces interrogations, a pu confirmer l’originalité de son travail, soucieux de proposer une voie spécifique du développement repensé à partir des cultures africaines elles mêmes, une voie assurément difficile, sur laquelle des recherches pluridisciplinaires devraient continuer d’être menées.
• Pr Gabriel NDINGA BOUNDAR (Président du jury)
Il partage les observations des différents membres du jury. Et fait observer que
le concept de rationalité déployé par le candidat manque de pertinence.
SYNTHESE
La délibération des membres du jury a abouti aux conclusions suivantes :
- La problématique est intéressante et actuelle ;
- La longue interprétation de l’Egyptologie et la forte considération sur le savoir Basa ont quelque peu occulté la porté philosophique de la thèse ;
- La mention «Honorable» est décernée au candidat à l’unanimité.
SIGNATURES DES MEMBRE DU JURY
Président : Gabriel NDINGA BOUNDAR, Professeur (UCAC)
Rapporteurs : Hubert MONO NDJANA, Professeur (UY I)
Robert NDEBI BIYA, Professeur (UY I)
Membres : MBONDJI EDJENGELE, Professeur (UY I)
Pius ONDOUA, Maître de Conférences (UY I)
Rédigé par : Dr Charles Jean Marie MINYEM | 11/08/2010 à 06:08
bjr docteur. je suis élève en classe de terminale à Edéa et par curiosité à la recherche du savoir surtout en philosophie, j'ai votre travail et je suis content de savoir qu' un jeune camerounais comme vous peut élaborer ce genre de travail qui selon moi mérite beaucoup d'honneur.
Rédigé par : Jean Paul ETAME | 14/10/2010 à 11:14
Merci cher Dr. ce travail me donne de constater que l'Afrique a en elle même les solutions pour son développement. Bien des chose à vous couraga.
Rédigé par : DJAGUEU JEROME STYVE | 07/12/2010 à 08:10
JE SUIS UN JEUNE CAMEROUNAIS RESIDANT A L OUEST DU PAYS CLASSE DE TLE A4 COMMENT POUR BIEN ASSIMILER LES COURS DE PHILO
Rédigé par : NENGUIE TCHIO YANNICK | 29/03/2011 à 02:23
félicitation Dr minyem je suis NGANA YOGO Paul étudiant en Master 2 histoire à l'université de yaoundé1 j'ai très personnellement pris part à votre soutenance et très syncèrement,je vous transmets mes chaleureuses félicitations.seulement,je travaille sur le thème:"l'évolution de l'éducation dans le Nyong et Kellé.Etude historique du cas de la ville de Makak des origines à nos jours" et je sollicite votre soutien.Je réponds au téléphone (+237)79611269 et à l'adresse électronique ngana.paul@yahoo.fr votre attachement ou dévouement au développement de la science,surtout en pays bassa m'obligerait.une fois de plus "félicitatiiiiioooooooonnnnns!!!!!!!!!"
Rédigé par : NGANA YOGO Paul | 06/04/2011 à 07:34