J.B.P. NLEND
Vendredi le 1er Janvier 2010, les fidèles de l’Archidiocèse de Douala sont venus massivement nombreux dire au revoir au Cardinal Christian Tumi. A la grande messe, les fidèles ont écouté des discours ou des témoignages qui ont fait la peinture enjolivée du Cardinal. Quels beaux textes. On avait presque les larmes aux yeux en écoutant tour à tour le représentant des jeunes, la représentante des religieux et religieuses et l’ Abbé Clément Ndjewel , délégué du clergé. Tous ont témoigné leur gratitude au Cardinal pour son oeuvre titanesque, et relevé des traits de son caractère hors de commun.
Homme de liberté et de convictions, bon pasteur proche de son peuple qu’il a généreusement servi pendant près de vingt ans, Dieu lui a fait l’honneur d’entendre de son vivant des éloges que l’on dédie généralement aux morts. Quand il quittera ce monde, on ne dira rien de plus que ce que l’on a entendu ce jour. Peut-être même que l’on ne dira plus rien, ou alors on se réservera de plonger dans la flagornerie insipide et la jactance ubuesque. Le Cardinal, le Maître, ce jour, nous a appris que de l’homme, on ne devrait rien dire. Il ne s’est pas du tout reconnu à travers les portraits qu’on lui avait faits. L’homme est un mystère. L’homme le plus connu peut paradoxalement être aussi le plus méconnu. L’ondoyance le caractérisant, tout en étant le même, l’homme peut subir des mutations assez fortes pour déjouer tout pronostic sur lui. Si ce changement est fait dans le bon sens, on parlera de conversion. S’il est fait dans le mauvais sens, on parlera de corruption. L’homme est en même temps capable de conversion et sujet à la corruption. On ne doit pas lui accoler d’étiquettes définitives. Si nous nous sommes tous trompés pendant près de vingt ans, nous devons impérativement prendre conscience et nous amender pour ne plus jamais nous prononcer sur qui que ce soit. Ou alors, si notre avis est requis, que nous puissions avoir le courage de dire la vérité. Une fois de plus Eminence vous avez marqué un point à votre actif. Nous avons apprécié votre sens très élevé de jugement. Vous ne vous complaisez dans la flatterie et le mensonge. Confus et décontenancés, un peu honteux aussi, les fidèles se sont séparés en se donnant rendez-vous pour le 9 janvier 2010, date choisie pour l’accueil et l’installation de Monseigneur Samuel Kleda, nouvel archevêque de Douala et nouveau Directeur de publication de L’Effort camerounais. Le poste est majestueux et convoité. Alea jacta est. Finies les supputations et conjectures, Douala a son Evêque, qui vient de très loin, choix des hommes et confirmation de Dieu, « l’homme qu’il faut pour le moment à Douala », pour reprendre le Cardinal. Monseigneur Kleda est son fils spirituel, cela se sait. Ce dernier a toujours joui de l’estime du Cardinal, mais le choix d’un Evêque est fondamentalement divin. Le rôle des hommes, quoique significatif y est minime. Dieu lui-même se charge de donner à son peuple des guides qui prolongeront son action salvifique auprès des hommes. Le nouvel Archevêque a tout pour réussir. Il a des atouts personnels : la jeunesse, la santé, l’intelligence, l’ascétisme, la piété. Il a à sa disposition un clergé jeune et dynamique et des fidèles généreux et acquis à la cause de l’Eglise. Tous les espoirs sont désormais placés en lui. A sa manière, il enseignera, sanctifiera et gouvernera l’assemblée des fidèles de Douala. Le 9 janvier tous les prêtres de son Diocèse lui ont fait acte d’allégeance, gage d’obéissance et de soumission. L’avenir, dans l’intérêt de tous doit être entrevu sous le prisme de la franche collaboration. Les ratés d’hier, les couacs et les maladresses de jadis doivent servir à tous, pour parvenir à plus de fraternité et de convivialité. Il nous incombe à tous de consolider les acquis et de relever le défi lié à toute mission véritablement chrétienne : vivre ce qu’on prêche, c’est-à- dire l’Evangile du Christ et non notre Evangile. Nous devons donc ravitailler notre capital confiance et de fidélité. Excellence, laissez tomber les étiquettes ! Découvrez vous-mêmes vos fils et filles. Ils sont tous perfectibles. L’Effort camerounais vous souhaite un heureux et fructueux ministère à la tête de l’Archidiocèse de Douala.

Lorsque les dispositions du droits canonique font de Mgr Kléda Archevêque Coadjuteur avec droit de succession, Son Eminence Christian cardinal Tumi se comporte dès lors en archevêque coadjuté avec devoir de cession. L'Eglise illustre par là une fois de plus qu'elle est incontestablement mère et enseignante. Une leçon magistrale dans nos satrapie tropicales où les gouvernants une fois au pouvoir attrapent le kam no go
Rédigé par : Nzinkeu Dépaulo | 15/07/2010 à 04:12