Claude Zéba
Experts et dirigeants du monde se penchent sur la question depuis le 7 décembre dernier, et ce, jusqu’au au 18 à l’effet de trouver les voies et moyens applicables à et par tous, afin de contenir l’augmentation moyenne des températures sur la planète terre sous la barre de 2° Celsius.
Telle une épée de Damoclès, l’augmentation à une vitesse super sonique des températures constitue une menace pour toutes les espèces vivantes. A commencer par la gent humaine. Loin d’être l’affaire de quelques régions plus ou moins exposées comme le pôle Nord ou les zones arides et désertiques, elle tend à se généraliser. Selon les scientifiques du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, IPCC en anglais), les zones les plus touchées à l’avenir par ce fléau seront l’Afrique, l’Asie, et l’Amérique du Sud, en raison de leur vulnérabilité et de leur extrême pauvreté.
A l’échelle planétaire et sous régionale, les risques liés au réchauffement climatique se mesurent en terme de fonte des masses de glace dans les régions de très basse température, l’augmentation du niveau de la mer, source de nombreuses inondations décriées de par le monde, et bien évidemment la hausse quasi généralisée des températures. Au Cameroun, on assiste depuis quelques années à l’avancée du désert résultant de la déforestation et de la diminution drastiques des précipitations pour ce qui de la zone soudano-sahélienne, et la perturbation des rythmes des saisons dans la zone équatoriale. Les conséquences de ces changements sont, on ne peut plus, incommensurables pour tout ce qui va et vient sur la terre et dans les eaux. Les environnementalistes n’excluent pas la probabilité de l’extinction, dans quelques années, de certaines espèces dont l’homme, de la surface de la terre si des mesures appropriées ne sont pas prises à temps pour stopper cette déferlante.
La faute, soutiennent-ils, aux gaz à effet de serre provenant de l’activité humaine et qui plus est d’une dangerosité à nulle autre pareille à la couche d’ozone, sans laquelle la vie sur/sous terre serait impossible. Cette couche, à en croire nos experts, permet de protéger la faune et la flore des rayons ultraviolets et de n’en laisser passer qu’une faible quantité. Sans ce filtre, la vie sur terre serait impossible, tranchent-ils. Or, cette couche d’ozone, si précieuse, est soumise à l’action nocive des SAO (substances qui appauvrissent la couche d’ozone : le dioxyde de carbone ou CO2, le méthane ou CH4, l’oxyde nitreux ou N2O, les hydrofluorocarbones ou HFC, les hydrocarbures perfluorés ou PFC et les hexafluorures de soufre ou SF6) favorisant ainsi l’apparition d’un trou de plus en plus étendu en son sein. Les pays dits industrialisés (Etats-Unis d’Amérique, Japon, Allemagne,...) ou émergents (Chine, Inde, etc.) sont passés maîtres dans l’art d’émettre ce gaz, le CO2 notamment, indésirable à partir d’une certaine quantité (parce qu’après tout, il reste utile. Utile surtout à la photosynthèse étant donné que toute l’énergie disponible pour la vie sur la biosphère l’est grâce à ce procédé).
Mesures préconisées
Prenant conscience des menaces à venir, la communauté internationale s’est réunie et a adopté en 1998 le fameux protocole de Kyoto ratifié par 175 pays (à l’exception notable des États-Unis, grand pollueur de la planète) dont le Cameroun (28 août 2002). Ce premier traité international de lutte contre les changements climatiques est entré en vigueur en 2005. Il prévoit une réduction des quantités de gaz à effet de serre émises par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012, par rapport aux niveaux de 1990. Or, le traité de Kyoto arrive à expiration fin 2012. Le nouvel accord international qui sortira du sommet de Copenhague devrait logiquement couvrir la période 2013-2020. Les scientifiques souhaitent que ce texte s’articule autour de l’objectif principal et global qu’est celui de contenir l’augmentation moyenne des températures sous la barre de 2°C. Parce qu’au-delà, « le dérèglement du climat aura des conséquences catastrophiques et irrémédiables telles que les crises humanitaires, les exodes, les atteintes aux droits de l’homme qui risquent de se multiplier dans un futur proche ».
Ils pensent par ailleurs qu’un tel scénario ne sera possible que si, à Copenhague, les gouvernements concluent un accord fondé sur trois engagements majeurs, à savoir :
- Les pays industrialisés adoptent des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020 (par rapport aux niveaux de 1990). Ces objectifs devront être réalisés en grande partie sur leurs territoires nationaux.
- Les pays industrialisés débloquent 100 milliards d’Euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à : construire un modèle énergétique durable et sobre en carbone ; s’adapter aux impacts des changements climatiques ; mieux gérer les risques liés aux catastrophes naturelles ; répondre aux crises humanitaires qui seront de plus en plus récurrentes,… et à lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, responsables de 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
- Les pays en développement s’engagent à leur tour à limiter la croissance de leurs propres émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2020.
- Cela passe, pour ce qui est du Cameroun ; par la lutte contre la déforestation, la vulgarisation des foyers améliorés et les énergies renouvelables (biogaz, énergie solaire et éolienne), la baisse du coût d’accès à ces sources d’énergie, la densification et la modernisation du secteur du transport en commun, la mise en terre des plants, etc. Des gestes simples mais combien vitaux, si tout le monde m’était le coeur à l’ouvrage.
Le Vatican, qui dispose d'un statut d'observateur à l'ONU et qui est représenté au sommet de Copenhague a attiré, dimanche 6 décembre dernier, la veille dudit sommet, l’attention des dirigeants participants audit sommet sur le respect de la planète, créature de Dieu. Le Pape Benoît XVI a souhaité que le sommet mette en valeur les actions qui respectent la création et promeuvent le développement, tout en respectant la dignité humaine et le bien commun.
Source : http://www.copenhague-2009

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