Léa-Lisa Westerhoff et Patrice Gouy, MFI.
Si l'OMS donne le tempo au plan mondial afin de coordonner la lutte contre la maladie, les divers pays et régions réagissent également. Premier touché, le Mexique a annulé toute activité publique et fermé les écoles jusqu'au 6 mai. Pour l'Union européenne, c'est le 30 avril que les ministres de la Santé ont tenu une réunion extraordinaire. Du Maroc aux Philippines, le point sur les diverses mesures.
Au Mexique, les mesures de précaution montent d'un cran. Le gouvernement de Felipe Calderon a fait fermer toutes les écoles du pays jusqu'au 6 mai, ce qui était déjà le cas des lycées et Universités de Mexico, et annulé toute activité publique dans la capitale. En outre, le gouvernement mexicain augmente la surveillance sanitaire, notamment dans les aéroports de Mexico et de Toluca. Cela suffira-t-il ? Les experts sanitaires estiment que le Mexique n'a pas encore atteint le sommet de la courbe et que de nouveaux décès vont intervenir.
On craint en effet que l'absence d'infrastructures médicales en province empêche de détecter à temps les personnes contagieuses et de connaître les causes des décès. Les Etats-Unis et le Canada ont émis une alerte aux voyageurs. Les autorités de ces pays déconseillent les séjours au Mexique, ce qui inquiète les marchands de soleil déjà durement touchés par la crise financière.
Réunion européenne extraordinaire le 30 avril
Alors que les cas suspects se multiplient en Europe, les ministres de la Santé de l'Union européenne ont tenu une réunion extraordinaire, jeudi 30 avril, pour faire le point sur les risques représentés par l'irruption de la grippe nord-américaine et coordonner les efforts européens. " La présidence a suivi la situation de très près, elle est consciente de la gravité de l'irruption de la maladie sur le continent américain et est déterminée à minimiser le risque de l'impact dans l'Union européenne ", a précisé la présidence tchèque.
D'ici cette session d'urgence, la quarantaine de cas suspects aura été analysée et l'on saura si d'autres personnes de retour du Mexique auront été contaminées, ailleurs qu'en Espagne et en Ecosse. D'ores et déjà les experts européens indiquent que l'on ne devrait pas procéder comme pour la grippe aviaire, et qu'il serait parfaitement inutile de prévoir des zones de confinement.
En revanche, toutes les personnes qui auraient des raisons de se croire affectées, devraient sans tarder consulter un médecin. En attendant, la gestion de cette alerte a provoqué une discordance entre la Commission européenne qui déconseille les déplacements au Mexique et aux Etats-Unis et la présidence tchèque de l'Union qui critique cette recommandation.
Le Maroc prend ses précautions dans l'attente du 1er mai
Après un premier cas de grippe nord-américaine avéré en Espagne, le Maroc voisin se mobilise. A l'issue d'une réunion d'urgence le 27 avril, la ministre de la Santé a annoncé les premières mesures pour éviter une propagation de la maladie dans le royaume. La principale est la surveillance des arrivées au Maroc. En priorité dans les aéroports où, selon le Ministère de la Santé, des caméras thermiques placées sur les portiques de sécurité ont été activées. Ces appareils permettent de détecter les personnes dont la température est supérieure à 37°c, atteintes de fièvre donc, pour ensuite les placer sous observation.
Dans les ports qui ne bénéficient pas d'un tel équipement, ce sont les médecins présents sur les bateaux qui doivent renforcer la vigilance pour détecter des cas de grippe éventuels. Enfin, sur les routes, la surveillance risque d'être plus difficile à organiser.
Aucun cas de fièvre n'avait encore été signalé aux autorités à la date du 27 avril, mais avec le premier cas espagnol, la pression est forte. Du côté des médicaments, le Ministère de la Santé n'a pas été en mesure de fournir des chiffres. Cependant, selon les autorités, des quantités " suffisantes de masques et de vaccins ont été achetées ". Nourredine Chawki, directeur de l'épidémiologie et de la lutte contre les maladies infectieuses au ministère marocain de la Santé, précise ainsi : " Nous disposons de médicaments antiviraux. Nous disposons d'équipements pour la protection individuelle, dont des masques ".
L'Asie mieux préparée mais inquiète quand même
Habitués à réagir après la crise de la pneumonie atypique (SRAS) de 2003 et la grippe aviaire, les pays asiatiques ont renforcé les mesures de surveillance. Car on a beau être mieux préparé, cela n'empêche pas d'être inquiet. En témoigne la chute des cours de la bourse de Hong Kong le 27 avril.
L'ancienne colonie britannique a pourtant pris les devants : elle disposerait de vingt millions de doses d'antiviraux pour sept millions d'habitants et de ces fameuses caméras thermiques, dernière génération, qui permettent de détecter la présence de fièvre chez les passagers en provenance des zones affectées.
Ces caméras, on les retrouve dans les aéroports de Kansai et de Narita au Japon où la grippe se traduit d'abord par une avalanche d'annulations, que ce soit pour les voyages d'affaires et de tourisme vers le Mexique.
Partout des cellules d'urgence et des numéros verts ont été mis en place et, particulièrement, en Nouvelle-Zélande où neuf étudiants et leurs professeurs étaient toujours en quarantaine après avoir été testés positifs à leur retour du Mexique. Chez le voisin australien, à compter du 28 avril à minuit, les capitaines des avions en provenance du Mexique et d'Amérique du Nord sont contraint à faire le point sur l'état de santé de leurs passagers avant de pouvoir atterrir. En Indonésie, qui reste le plus grand pays musulman de la planète, toutes les importations de porc ont été suspendues à compter du 27 avril.

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