Claude Zéba
La question de reconditionnement des produits est depuis quelques semaines au centre des préoccupations. La Société Maya et Cie tire la sonnette d'alarme.
" Chers consommateurs, certains commerçants reconditionnent les huiles importées d'origine diverse, qu'ils mettent dans des bouteilles d'un litre et demi, les faisant passer pour des huiles Mayor. La consommation de certaines de ces huiles de qualité douteuse, peut être néfaste pour votre santé. Par conséquent, la Société camerounaise de raffinage Maya et Cie décline toutes responsabilités pour tous les consommateurs qui se laisseront tromper en achetant ces huiles ". Ainsi les dirigeants de la Maya et Cie mettaient-ils en garde leurs consommateurs, en ce début du mois d’avril, contre des produits labelisés Mayor qui ne seraient pas d'origine.
Sans, toutefois, donner plus de précisions quant aux indices qui permettent de distinguer le vrai produit du faux. Le communiqué se contentant simplement de rappeler aux consommateurs d'" exiger toujours et toujours votre label de garantie que vous trouverez sur vos points de vente agréés ". C'est une action, explique un des responsables de la société sus citée et qui a requis l'anonymat, qui participe de la prise de conscience de la part des consommateurs. Cela y va de la santé de tous. Notre source précise par ailleurs que c'est une action qui aurait dû être initiée en haut lieu ou par des organismes oeuvrant pour la protection des droits des consommateurs… Avant de faire remarquer que ce n'est pas un problème propre à la société Maya et Cie. " Mais soucieuse de la santé de nos consommateurs, nous avons pris sur nous de tirer la sonnette d'alarme ", conclut-il.
On va faire comment… ?
Interrogées, nombre de ménagères ne semblent au courant ni de la mise en garde ni du danger qu'elles et leur maisonnée, courent en consommant des produits au conditionnement approximatif. " Je ne sais même pas ce que c'est Maya et Cie, encore moins sa mise en garde contre ces huiles dites mal conditionnées…Nous sommes invitées comme je viens de l'apprendre d'exiger nos labels qualité chaque fois que nous achetons de l'huile. Je veux comprendre par là qu'il s'agit de l'huile Mayor. Cela suppose de notre part de nous ravitailler désormais dans des points de vente agréés. C'est bien beau. Mais c'est oublier que depuis le renchérissement du coût de la vie qui a conduit à la révolte de février 2008, très peu de ménages se préoccupent de la qualité. C'est la course au moins cher.
Et qui dit moins cher, dit aller vers ces produits qu'on dit mal reconditionnés. ", déclare Mme Ndjotchoua. Pour Alexandre T., tenancier d'un restaurant de fortune au quartier Brazzaville à Douala: " Le problème de conditionnement, surtout celui des denrées alimentaires, à Douala est à prendre très au sérieux. Ici, tout ou presque, est pris à la légère, même la santé des citoyens. Ce qui est important c'est le gain qu'une activité peut rapporter. Peu importe si celle-ci hypothèque dangereusement la santé de la population ". C'est un peu plus de la moitié de la population qui a un esprit retord ; un esprit porté à la tromperie, au faux et à l'usage du faux.
De l'alimentation à l'habillement en passant par divers produits manufacturés, tout est contrefait ou reconditionné. Pour ce qui est des huiles de table d'origine douteuse, elles sont reconditionnées dans des bouteilles d'eau minérale ou de yaourt, petit et grand format, issues de la récupération dans les poubelles. Ensuite, l'entretien de ces bouteilles laisse à désirer, puisqu'elles sont à peine plongées dans de l'eau savonneuse et remises en circulation, regrette t-il.
C'est clair qu'une telle précaution n'enlève que de la saleté visible sur l'emballage, mais ne détruit pas les microbes et autres virus qui s'y sont agrippés et qui peuvent être à l'origine de plusieurs maladies diarrhéiques ou pulmonaires. Heureusement, quelques Camerounais à l'instar d’Alexandre, affirment être conscients de la situation et prennent des mesures pour ne pas exposer leur santé, ni celle des autres.

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