Le sujet était au centre d'une conférence sur la trisomie 21, donnée
dans la salle des rencontres de la Cathédrale Notre
Ces êtres fragiles se retrouvent ainsi marginalisés, rejetés, exclus dans une société qui a tendance à les considérer comme des " choses ", des personnes bizarres, anormales qui font honte à la famille, qui pèsent sur le budget de la famille car non productives.
A l'instar du mongolisme, la trisomie 21 fait partie de ces maladies à polémique. L'enfant trisomique est bafoué, insulté, maudit par ses proches, isolé et même rejeté parce qu'il fait honte. Les plus radicaux vont même jusqu'à envisager l'élimination pure et simple de ces êtres humains " à problème ", qui ne sont pas productifs, mais plutôt consommateurs. Les solutions dans ce cas ont alors pour noms : l'euthanasie, l'avortement thérapeutique.
Cette dernière option condamne d'ailleurs l'enfant avant même qu'il ne vienne au monde. De telles attitudes font ainsi penser que dans nos communautés, nous sommes incapables d'accepter les infirmes, ceux qui souffrent dans leurs corps et même dans leurs âmes, nous sommes insensibles à la souffrance de notre prochain, de notre semblable.
Avec autant d'indifférences nos sociétés s'apparentent davantage à " des parcs à robots où le seul critère d'admission est l'efficacité ", pour reprendre les propos de l'Abbé Jean Bertrand Salla, enseignant de théologie morale à l'Université Catholique d'Afrique Centrale.
Il convient ainsi de rappeler avec force que de tels
agissements sont contraires à la doctrine de la Mère Eglise
Dans cette perspective, l'Abbé Jean Bertrand Salla, l'un des panélistes à cette réflexion rappelle que " toute personne a droit a tout ce qui est énoncé dans la charte des droits fondamentaux de la personne humaine, et parmi ces droits, il y a le droit inaliénable à la vie ". Au nom de sa dignité, la personne frappée de trisomie 21 ou de toute autre déficience ne doit pas souffrir de discrimination. " Toute discrimination basée sur les facteurs génétiques est une sorte de génocide, c'est un attentat contre la vie humaine ", a-t-il martelé.
Ce qui doit être répété avec force, c'est l'égale dignité de tout être humain qu'il soit malade ou en bonne santé. Car comme l'a souligné le Saint Père Benoît XVI, lors de sa rencontre avec l'association des intellectuels pour la défense de la vie : " le développement biologique, culturel ou intellectuel ne doit jamais devenir un élément discriminant ".
De la sollicitude
pour ceux qui souffrent
Si nous voulons être fidèles à l'enseignement de Jésus sur l'homme souffrant, il faut que nous devenions de bons Samaritains qui volent au secours des personnes malades et abandonnées. Dans ce sens, il est indispensable de développer une culture de l'accueil et de l'amour qui témoigne de façon déterminante de la solidarité à l'égard de ceux qui souffrent.
Comme nous l'a appris le Saint Père, lors de sa visite aux malades du centre de réhabilitation des handicapés d'Etoug Ebé " devant un frère ou une sœur plongée dans le mystère de la croix, notre présence habitée par la prière, un geste de tendresse et de réconfort, un regard, un sourire, en font plus parfois que bien de discours ". Pour y parvenir, il importe que dans nos communautés de vie, nous entreprenions d'abord d'abattre les barrières, les peurs irrationnelles que la société africaine érige encore en discriminant ceux qui sont porteurs de handicaps et de pathologies.
Bon à savoir, la trisomie 21 est une aberration chromosomique caractérisée par la présence d'un chromosome supplémentaire sur la paire 21. Les patients trisomiques souffrent entre autres d'une déficience intellectuelle, des apnées de sommeil pouvant même induire des dépressions, ils souffrent aussi de différentes autres complications.
Le remède contre cette maladie n'ayant pas encore été trouvé, les trisomiques ont besoin d'être aidés dans leur vie quotidienne. C'est pourquoi la fondation " comme les autres " a annoncé par la voie de sa fondatrice Agnès Ntolo Belinga, l'ouverture dès la rentrée scolaire prochaine, de deux classes spéciales pour les enfants atteints de trisomie 21 à l'école primaire la retraite et à l'école catholique d'Efok.

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