C'est sans doute la raison pour laquelle, le français et l'anglais ont été adoptés comme les langues officielles du Cameroun après l'indépendance. Un peu plus d'un demi- siècle après, quel bilan pouvons-nous faire du bilinguisme dans ce pays, alors que le Cameroun a célébré la journée nationale du bilinguisme le 6 février dernier ?
En effet, l'essor du bilinguisme a buté sur plusieurs obstacles. Au lendemain des indépendances, l'utilisation du français ou de l'anglais était considérée comme une forme de néo-colonisation. Seule la classe dirigeante (il faudrait d'ailleurs que tous ceux qui la composent soient concernés), en plus de quelques intellectuels, utilisait ces langues pour communiquer. Avec le temps, ce problème a disparu dans les consciences et a laissé la place à celui qui oppose les anglophones aux francophones. Le fossé entre ces deux groupes était si grand, que pour l'un ou l'autre, apprendre l'anglais ou le français signifiait se laisser assimiler par l'autre. Et aujourd'hui, certains Camerounais affirment n'avoir pas les moyens d'apprendre l'une ou l'autre de ces langues.
Conséquences
honteuses
Le bilinguisme reste stagnant dans ce pays. Face aux
anglophones, un francophone ne peut ni dire un mot, ni se faire comprendre.
Bref, il devient étranger au milieu de ses frères camerounais et vice versa.
Parler français à Bamenda, Buea, Kumbo est tout aussi mystérieux que parler
anglais à Yaoundé, Garoua ou Bertoua. A l'Université, c'est encore pire. On
entend souvent les " anglos " qui disent même au campus 'i no di hear me that french', alors même
qu'ils font les études en français. La question qui se pose est de savoir
comment ces gens arrivent à s'épanouir dans leurs études ? La réponse reste
énigmatique. Dans le même ordre d'idées, on trouve des professeurs de français
qui se contentent d'enseigner en français, ignorant presque tout de l'anglais.
Et la réciproque est généralement vraie. Comment voulez-vous que les étudiants
assimilent l'une ou l'autre de ces langues ?
La population camerounaise serait-elle abandonnée à elle-même ? Nous pensons le contraire, puisque dans les établissements scolaires, les cours sont dispensés en français et en anglais. Nous pouvons ainsi citer quelques centres de formation bilingue : Centre Pilote de Yaoundé créé en 1985, les centres provinciaux de Douala créé en 1989, de Buea créé en 1990 et de Bamenda et Ebolowa créés en 1995. Les autres chefs lieux de régions ont vu leur centre créé et ceux-ci constituent un acquis certain pour le bilinguisme et l'édification de la nation camerounaise. Car il serait vraiment honteux qu'à l'étranger, on retrouve encore des Camerounais qui sont presque nuls dans l'une ou l'autre langue officielle du pays. Et voilà, le Cameroun bilingue !
Pour tout dire, le bilinguisme s'avère être une chance pour le Cameroun. Pourquoi ce pays ne sauterait-il pas sur l'occasion qui lui a été donnée par l'histoire ? Adviendra-t-il un jour où un Camerounais pourrait utiliser ces deux langues officielles pour obtenir un emploi, voire devenir citoyen du monde ? Bref, nous osons croire que le bilinguisme est d'abord individuel avant d'être collectif. C'est un Camerounais bilingue qui fait le bilinguisme du Cameroun. A chacun de prendre ses responsabilités !

vous avez raison de souligner que nos ministeres ne sont pas sur la longueur d'onde du bilinguisme.
Les juridictions francophones rendent les decisions en francais uniquement et le pauvre anglophone qui a obtenu son document juridique dans une zone franchophone doit se presenter a la cellule de traduction du ministere de la justice ou il paiera 10 000f par page de traduction et 40 000f de fais de signature pour obtenir une version anglaise de son document.
Si le Cameroun etait bilingue, les documents aussi seraient bilingues.Payer aussi cher pour une version anglaise d'un document dans un pays cense etre bilingue, c'est un peu trop non?
Chers gouvernants, pensez-y
Rédigé par : mami | 04/06/2009 à 16:58
votre commentaire ne laisse pas apparaitre les traces du thème de l'édition de la journée de du bilinguisme de cette année au Cameroun.Bien vouloir actualiser vos information.
Rédigé par : engelbert mfomo | 30/01/2012 à 20:15
je me penche bien sur l'idée émise par mami. Il est vraiment incensé que notre gouvernement ne reflète pas notre Pays dit bilingue. Le bon exemple vient d'en haut
Rédigé par : Bouba | 31/01/2012 à 11:04
On parle du bilinguisme au Cameroun, mais je me rend compte que c'est le Cameroun qui est bilingue et non les camerounais. l'exemple du haut niveau de la hiérarchie nous prouve que les citoyens camerounais ne sont pas bilingue. Quelle exemple donc pour les subordonnées? C'est vraiment dégueulasse pour un pays bilingue où on trouve encore dans les administrations, la rue,etc des personnes incapables de s'exprimer en Français et en Anglais. Qu'en est-il de notre système éducatif?
Rédigé par : TCHAPSTON | 25/03/2013 à 07:03