Claude Zéba, envoyé
spécial à Maroua
Le premier orateur, le Pr. Ombiono Siméon, Coordinateur du
Service National Justice et Paix de la
CENC, après avoir passé en revue quelques situations
dramatiquement injustes, pense qu'" Il n'est pas possible de parler
justice avec une conscience faussée. L'Eglise doit s'employer à éduquer les
consciences, à les éveiller au sens de la justice et de la vérité sur Dieu, au
delà de la petite formation primaire en vue de la prise de la première
communion ". Heureusement, poursuit-il " L'idée des écoles théologiques
nous semble une heureuse trouvaille. Elle doit être généralisée, et prolonger l'initiation chrétienne qui
favorisera chez nos chrétiens une appropriation du message évangélique ".
Comme solutions au problème d'injustice, le Pr. Ombiono propose entre autres la
création au sein des structures d'écoute ; des institutions de conciliation
calquées sur le modèle de la bonne vieille case à palabres, où il est davantage
question de concilier les parties belligérantes que de sanctionner. La
publication annuelle d'un rapport national de l'observation de la justice, et
la critique positive du droit. Aussi, souhaite-il que les médias internationaux
soient saisis des cas d'injustices flagrantes. Puisque le gouvernement nous a
habitués à réagir promptement quand une chaîne de télévision, une radio et/ou un journal se
saisit d'un cas. Cela, parce qu'il y va de l'image et de la notoriété du pays.
Autrement, les situations vécues par la
Côte d'Ivoire, le Zimbabwé et tout récemment la Guinée
L'Abbé Jean-Bertrand Salla, Docteur ès Théologie Morale et professeur d'éthique politique à l'Université catholique d'Afrique centrale (UCAC), a, pendant toute la matinée du 6 janvier 2009, entretenu l'auditoire sur le thème même du Séminaire des Evêques à savoir : " Réconciliation, Justice et Paix : une interpellation éthique pour l'Eglise d'Afrique et du Cameroun ". L'homme soutient pour sa part que " La longue route vers l'apprentissage de la réconciliation fait appel à des valeurs éthiques africaines et chrétiennes telles : le dialogue, la capacité de positiver les différences ethniques, tribales, politiques et idéologiques, le refus de la dialectique du maître et de l'esclave qui, à un moment donné, avait mis en honneur la lutte des classes comme moteur de l'histoire et du changement social ". Il observe également que "Le faste de nos liturgies contraste gravement avec l'absence d'engagement dans la lutte pour le respect des droits humains ! La prière dans nos églises devient un peu un délire essentiellement émotionnel, parfois elle se transforme en mystification bruyante ! Le tintamarre est grand ; quelques personnes se défoulent vraiment dans le Seigneur ; mais est-ce qu'on prie ! Chapelles et cathédrales sont pleines ". Mais, interroge t-il " pourquoi en même temps les cœurs se vident-ils d'amour et de paix ! Voilà à mon avis une autre interpellation de ce Synode. Pourquoi nos sociétés sont-elles le spectacle de la corruption, des détournements, des conflits, des haines et des massacres, alors qu'on a partout à des postes stratégiques, ces chrétiens engagés que notre Mère l'Eglise a si bien formés ? Tout laisse donc croire que la manière de prier aura un certain impact dans la manière de faire et la force de témoignage chrétien en Afrique ". Le prochain intervenant tablera sur le thème " Saint Paul fondateur des églises : impact sur l'évangélisation du Grand Nord ". Le prétexte de ce sujet donne l'occasion à l'Abbé Idrissa Christophe, enseignant au Séminaire Saint Augustin de Maroua, de faire la lumière sur le mandat missionnaire de Paul, sa mission, sa stratégie missionnaire, ses fondations à travers la Palestine. De là, à établir une corrélation avec le travail missionnaire au Nord Cameroun, la méthode et le style de vie des premiers évangélisateurs du Nord Cameroun. Le très remuant professeur d'exégèse et de méthodologie à l'UCAC et à l'Ecole théologique Saint Cyprien de Ngoya (Yaoundé), l'Abbé Elvis Elengabeka clôturera le bal des exposés. Il fait " Une lecture de la conversion de Saint Paul ". Il articulera sa réflexion autour de deux axes majeurs: les enjeux de la conversion et les (principaux) textes évoquant la conversion de l'Apôtre Paul. C'est ainsi qu'on apprend, s'agissant des enjeux, que la conversion de Paul fut une source importante de connaissance non seulement du christianisme, mais également du judaïsme. Et l'orateur de sortir des débats, rappelant comme modèle de conversion celle de Paul. Une conversion qui prend à la fois sa source en soi-même (Paul), chez les autres (Anani) et chez le tout autre (Dieu).
Des échanges parfois passionnés et passionnants qui ont suivi chacun des exposés, NNSS les Evêques ont émis le vœux que toutes les remarques, les propos tenus par les uns et les autres, les questions soulevées,… soient consignés dans un document qui sera publié sous la forme d'un cri à l'endroit du peuple de Dieu et des autorités. Vœu réalisé, pourrait-on dire, puisque qu'un message des Evêques a été délivré à la fin du Séminaire.

Je remercie le journaliste Claude Zéba qui a su restituer ma pensée.
Rédigé par : Abbé Jean Bertrand SALLA | 04/02/2009 à 07:40