8h 30. Le car Hiace d'une compagnie de transport interurbain de la place à bord duquel les Evêques avaient pris place, met le cap sur Rhumsiki, précédé de deux Toyota Hilux 4x4 du Bataillon d'intervention Rapide. Le minibus transportant les Evêques est suivi de près de deux autres Toyota Hilux 4x4, dont celle de Mgr Henri Djonyang, Vicaire Général du Diocèse de Maroua-Mokolo à bord de laquelle avait pris place Mgr Samuel Kléda, Vice-Président de la CENC. L'autre, la dernière, comme les deux premières, est occupée par de jeunes soldats du BIR, la mine imperturbable. Ils étaient visiblement prêts à dégainer à la moindre alerte. Un dispositif sécuritaire qui traduit la hantise dans laquelle vivent les populations des régions du Grand Nord du fait des attaques récurrentes des coupeurs de route et des preneurs d'otages.
A peine sortis de la ville de Maroua, que les hôtes de Mgr Philippe Stevens sont émerveillés par la beauté et l'étendue des yaérés qui s'offrent à leurs yeux et où s'étendent à perte de vue les champs de karal ou de sorgho, une culture de contre saison qui pousse sous l'effet du froid qui sévit dans la région de novembre à février. " On se croirait dans une de ces régions d'Europe ou d'Amérique où l'on pratique l'agriculture moderne et mécanisée ", lance un des passagers à bord du car Hiace. Et le nouvel Evêque du Diocèse de Sangmélima, Mgr Christophe Zoa d'ajouter à la suite du premier " Comme le bon Dieu a su équilibrer la nature… ! Aux populations des zones arides, il donne des cultures adaptées à leur condition, et à celles des régions équatoriales, les leurs ". Mais très vite, cette vue va contraster avec celle que l'on trouve dans les collines et autres escarpements du département du Mayo-Tsanaga.
Chemin faisant, le Curé de la paroisse Saint Paul de Mokong, le Père Théophile Délices et ses fidèles, contraignent le cortège de NNSS les Archevêques et les Evêques à une première escale. Les prochains arrêts seront les paroisses Sainte Famille de Mokolo-Tada (la toute première paroisse du Diocèse fondée en 1946 par les missionnaires Oblats de Marie Immaculée), et Sacré-Cœur de Rhumzu. Et c'est finalement à 12h 45 que le cortège arrive au pied du pic de Rhumsiki, après avoir avalé plus de 130 km dont 80 en bitume. Chacun s'empresse d'immortaliser l'instant. Les commentaires et les appréciations fusent de partout au sujet des " merveilles " du Seigneur. Pour les habitués de l'Etat d'Israël, au rang desquels Mgr Barthélémy Yaouda Hourgo (Evêque de Yagoua) et Mgr Christophe Zoa, " ce paysage n'a rien à envier aux collines et escarpements de Capharnaüm et de Galilée. A la seule différence que là-bas, l'homme, par son travail, a fini par les dompter ".
Au bout d'un quart d'heure, les Evêques sont invités à se rendre à la chapelle Saint Michel Archange de Rhumsiki, un poste eucharistique de la paroisse Saint Pierre de Mogodé, où attendaient le Curé, le Père Angello M., le chef du village, de même qu'un groupe de jeunes. Après l'échange des civilités et le partage du verre d'eau proposé par le Curé et ses ouailles, la visite des sites et des personnages touristes pouvait alors commencer.
14h 05. Le cortège emprunte le chemin du retour avec escale à la paroisse Saint Pierre de Mogodé, où un déjeuner est offert à tous les membres de la délégation. A 18 heures, le cortège franchit le portail du Grand Séminaire Saint Augustin de Maroua. C'est la fin de la visite, et tout le monde pouvait reprendre une activité physique, culturelle, spirituelle… normale.

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