Au terme des travaux de l'Assemblée ordinaire du Synode des
Évêques, on a remis au Saint-Père une liste de 55 propositions finales,
approuvées durant la XXIII
°
Congrégation générale. Par une décision bienveillante, le Souverain Pontife
Benoît XVI a permis qu'une version des propositions, en langue italienne, provisoire,
officieuse et non officielle, faite par le Secrétariat Général du Synode des
Évêques, soit publiée dans le Bulletin de la Salle
de Presse du Saint-Siège. C'est la seconde
fois que le Pape Benoît XVI prend la décision d'informer le public des éléments
destinés à la rédaction de l'Exhortation apostolique post-synodale.
Proposition 38 :
Tâche missionnaire de tous les baptisés
La mission d'annoncer la Parole
de Dieu est la tâche de tous les disciples
de Jésus-Christ, comme conséquence de leur Baptême. Cette conscience doit être
approfondie dans chaque paroisse, dans chaque communauté et organisation
catholique ; On doit proposer des initiatives qui fassent parvenir la Parole
de Dieu à tous, et
spécialement à nos frères baptisés, mais qui n'ont pas été suffisamment
évangélisés. Puisque la Parole
de Dieu s'est faite Chair pour se communiquer aux hommes, un moyen privilégié
pour la connaître, c'est la rencontre avec les témoins qui la rendent présente
et vivante.
Dans la
Mission
, les Instituts missionnaires apportent une
collaboration particulière, en vertu de leur propre charisme et expérience. En
outre, la réalité des nouveaux mouvements ecclésiaux est une richesse
extraordinaire de la force évangélisatrice de l'Église à notre époque, au point
d'inciter l'Église à développer de nouvelles formes d'annonce de l'Évangile.
Les laïcs sont appelés à redécouvrir leur propre responsabilité d'exercer leur
tâche prophétique, qui découle directement de leur Baptême, et de témoigner de
l'Évangile, dans leur vie quotidienne, chez eux, au travail, et partout où ils
se trouvent. Ce témoignage amène souvent à la persécution des fidèles à cause
de l'Évangile. Le Synode fait appel aux responsables de la vie publique, pour
qu'ils assurent la liberté religieuse.
Il est nécessaire en outre d'ouvrir des itinéraires
d'initiation chrétienne dans lesquels, par l'écoute de la Parole
, la célébration de
l'Eucharistie et l'amour fraternel vécu en communauté, puissent faire avancer
vers une foi toujours plus adulte. Il faut prendre en considération la demande
nouvelle qui naît de la mobilité et du phénomène migratoire, qui ouvre des
perspectives nouvelles d'évangélisation, parce que les immigrants ont besoin
non d'être évangélisés, mais parce qu'ils peuvent être eux aussi les agents de
l'évangélisation.
Proposition 39 :
Parole de Dieu et engagement dans le monde
Les Pères du Synode adressent une pensée particulière à tous
ceux qui, comme croyants, sont engagés dans la vie politique et sociale. On
souhaite que la Parole
de Dieu puisse soutenir une forme de témoignage capable d'inspirer leur action
dans le monde à la recherche du véritable bien de tous, et dans le respect de
la dignité de chaque personne. Il faut en conséquence qu'ils soient préparés
par une formation adaptée selon les principes de la Doctrine
sociale de
l'Église
Proposition 44 :
Moyens de communication sociale
L'Église est appelée non seulement à répandre la Parole
de Dieu par
l'intermédiaire des moyens d'information, mais aussi et surtout à intégrer le
message du salut dans la nouvelle culture que la communication crée et
amplifie. Le contexte nouveau de communication nous permet de multiplier les
moyens de proclamation et d'approfondissement de la Sainte
Écriture. Avec sa
richesse, l'Écriture requiert de pouvoir parvenir à toutes les communautés, en
arrivant à ceux qui sont loin, par ces différents instruments qui nous sont
offerts, comme la télévision, la radio, les journaux, Internet… Ce sont, en
tout cas, des formes qui peuvent faciliter la pratique de l'écoute obéissante
de la Parole
de Dieu. Il est nécessaire de préparer des catholiques, convaincus et
compétents, dans le domaine de la communication sociale.
Proposition 46 :
Lecture croyante des Écritures: historicité et fondamentalisme
La lecture croyante de la Sainte
Écriture, pratiquée depuis l'antiquité
dans la Tradition
de l'Église, cherche la vérité qui sauve, pour la vie de chaque fidèle et pour
l'Église. Cette lecture reconnaît la valeur historique de la tradition
biblique. C'est précisément cette valeur de témoignage historique, qu'elle veut
redécouvrir par la signification vivante des Saintes Écritures, destinées aussi
à la vie du croyant d'aujourd'hui. Une telle lecture de l'Écriture est
différente des " interprétations fondamentalistes " qui ignorent la
médiation humaine du texte inspiré, et ses genres littéraires.
Proposition 47 : La Bible
et le phénomène des
sectes
Nous faisons l'expérience d'une préoccupation profonde
concernant la croissance et la mutation du phénomène des sectes. Les sectes de
différentes origines, semblent de fait offrir une expérience de la proximité de
Dieu vis-à-vis de la personne, et promettent un bonheur illusoire par
l'intermédiaire de la Bible
,
souvent interprétée de manière fondamentaliste… Il est nécessaire que les
prêtres soient préparés comme il convient pour aborder ces situations
nouvelles, en les rendant capables de proposer une animation biblique de la
pastorale, adaptée aux problèmes ressentis par les gens d'aujourd'hui
Proposition 48 : Bible
et inculturation
Pour une inculturation authentique du message évangélique,
on doit assurer une formation des missionnaires avec des moyens adéquats, pour
connaître en profondeur le milieu de vie, les conditions socioculturelles, en
sorte qu'ils puissent s'insérer dans le milieu, dans la langue, et dans les
cultures locales. Il revient en premier lieu à l'Église locale de parvenir à
une inculturation authentique du message évangélique, en faisant naturellement
attention au risque du syncrétisme. La qualité de l'inculturation dépend du
degré de maturité de la communauté évangélisatrice.
Proposition 49 : "Missio
ad gentes"
La Parole
de Dieu est un bien pour tous les hommes, un bien que l'Église ne doit pas
conserver pour elle ; mais partager avec joie et avec générosité avec tous les peuples
et toutes les cultures, afin que, elles aussi, elles puissent trouver en
Jésus-Christ, la Voie
,
la Vérité
et la Vie
(cf. Jean 14, 6). En
regardant l'exemple de Saint Paul, des Apôtres et des nombreux missionnaires
qui, au long de l'histoire de l'Église ont apporté l'Évangile aux peuples, ce
Synode réaffirme l'urgence de la "Mission ad gentes " y compris à
notre époque. C'est une annonce qui doit être explicite, faite non seulement à
l'intérieur de nos églises, mais partout, et qui doit être accompagnée par le
témoignage cohérent de la vie, qui rend évident le contenu et le renforce. Les
Évêques, les prêtres, les diacres, les personnes de vie consacrée et les laïcs
doivent être proches aussi des personnes qui ne participent pas à la liturgie
et qui ne fréquentent pas nos communautés. L'Église doit aller vers tous, avec
le force de l'Esprit (cf. 1 Corinthiens 2, 5), et continuer de manière
prophétique à défendre le droit et la liberté des personnes, d'écouter la Parole
de Dieu, en,
cherchant les moyens les plus efficaces pour la proclamer, même au risque de la
connaître la persécution
Proposition 50 :
Bible et dialogue interreligieux
Le dialogue avec les religions non chrétiennes représente un
moment significatif dans la vie de l'Église, et dans le dialogue avec les
hommes. Les monothéismes, les religions traditionnelles de l'Afrique et de
l'Australie, les antiques traditions spirituelles de l'Asie, renferment des
valeurs de respect et de collaboration, qui peuvent aider grandement la
compréhension avec les personnes et avec les sociétés. Les lignes directrices
de ce dialogue sont données par la Déclaration
du Concile Oecuménique Vatican II
" Nostra Aetate ". Le Synode rappelle également la nécessité que l'on
assure à tous les croyants la liberté de professer leur propre religion, en
privé et en public, ainsi que la liberté de conscience.
Proposition 52 :
Dialogue entre chrétiens et juifs
Le dialogue entre chrétiens et juifs appartient à la nature
de l'Église… Fidèle à ses promesses, Dieu ne révoque pas l'Antique Alliance.
Jésus de Nazareth a été un juif, et la Terre Sainte
est une terre mère de l'Église.
Chrétiens et juifs ont en commun les Écritures du Peuple Juif, que les
chrétiens appellent Ancien testament. Dans la descendance d'Abraham, les juifs
et les chrétiens peuvent être une source de bénédiction pour l'humanité. La
compréhension juive de la Bible
peut aider à l'intelligence et à l'étude des Écritures par les chrétiens.
L'interprétation biblique chrétienne est fondée sur l'unité des deux Testaments
en Jésus, Parole faite chair. Dans sa Personne, s'accomplit le sens plénier des
Écritures avec une continuité et une discontinuité vis-à-vis des livres
inspirés du peuple juif.
Proposition 53 :
Dialogue entre chrétiens et musulmans
Le dialogue avec eux permet de mieux se connaître et de
collaborer dans la promotion des valeurs éthiques et spirituelles. Dans ce
dialogue, le Synode insiste sur l'importance du respect de la vie, des droits
de l'homme et de la femme, mais aussi sur la distinction entre l'ordre
sociopolitique et l'ordre religieux dans la promotion de la justice et de la
paix dans le monde. Un thème important dans ce dialogue sera aussi la
réciprocité et la liberté de conscience et de religion.
Source :
Eucharistiemisericor
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