Jean Baptiste BERAUD,
sdb
Les 5, 6, et 7 novembre 2008, se sont déroulées à l'Institut Catholique de Yaoundé - Nkolbisson, les XXVIIIès Conférences Théologiques, organisées par l'Ecole Théologique Saint Cyprien. Un thème très vaste les animait : " La religion, l'Afrique et l'Occident, hier, aujourd'hui et demain ". Simples réflexions sur quelques éléments de " ce que nous avons vu et entendu " (Ac 4, 20).
"Le cadre historique
du refus de
Comment ne pas voir l'enfermement du nouveau chef de
"La Françafrique et
l'héritage politique des Pères de l'indépendance d'Afrique "
Il est clair aussi que tout n'a pas été qu’écrasement. Tout est gris dans l'humanité, et non rigoureusement blanc ou noir. Même son de cloche du côté de l'Eglise venue d'Europe vers les côtes du continent noir. " Ici, les missionnaires arrivent avec l'appui des colonisateurs. Dans les bagages des militaires qui viennent " pacifier " ces nouvelles terres, arrivent aussi les croix et les bannières ". M. Pongui ne simplifie pas les événements aussi nettement. Il sait prendre du recul, et il sait dire à ses auditeurs : " Nous ne pouvons pas mettre toujours les torts sur les autres. Nous avons à nous questionner nous -mêmes, et à prendre notre destin en mains. L'Histoire est ce qu'elle est, mais aujourd'hui, c'est nous qui l'écrivons ".
" L'implication
de l'Eglise dans le mouvement de la décolonisation "
M. Roger Onomo Etaba, Professeur historien, distingue les
multiples formes d'action des hommes d'Eglise dans le mouvement de la
décolonisation : " Il y a eu parmi eux des colonialistes et des
anticolonialistes, des nationalistes et des indépendants… et il y a eu tous les
autres…La décolonisation a-t-elle été assurée sans dépendance politique, économique,
culturelle ? " M. Onomo aime pour
sa part à souligner : " Je suis afro optimiste… " Un trait personnel
qui favorise la recherche. Aucune question ne le gêne : " Y a-t-il eu
collusion entre christianisme et colonisation ? " L'historien Onomo n'est pas sûr que Jean Paul Sartre
puisse affirmer cela trop fortement.
S'il y a eu avant le Concile Vatican II des Eglises convaincues que " des peuples étaient là pour disposer des autres ", il y avait déjà aussi celles qui savaient que " tous avaient le droit de disposer d'eux-mêmes". Et de citer Pie XII qui, le 2 juin 1957, demandait aux missionnaires de passer la main au clergé indigène. Bien auparavant, s'écrie encore l'orateur, au 17e siècle, le Pape Alexandre VII demande à des missionnaires en partance pour la " Cochinchine " de veiller à fonder un clergé local. Tout n'était pas aussi clair pour tous. Curieusement, en 1957, un homme considéré comme très ouvert, Mgr Chapoulie, parlait, au sujet de la décolonisation, de prévoir une "autonomie progressive".
" Le poids
actuel de l'Eglise dans les relations Afrique Occident "
Face au triptyque " Religion, Afrique, Occident ",
pas d'hésitation chez le nouvel orateur
pour dénoncer d'emblée : " Que peuvent attendre les Africains de ces
sociétés occidentales où il semble que le nom de Dieu n'a plus de sens ?
" Le Père Martin Birba qui
développait ce thème dit encore en substance : " L'Afrique a gardé le sens
de l'humain, qui au nord se perd. Un paganisme se développe en Occident sans
comparaison avec ce qui a été connu jusqu'ici. Des masses répètent facilement
avec Nietzsche : " Dieu est mort. Nous l'avons tué ". Le paganisme de
nos villages a gardé quelque visage humain. Celui de ces pays du nord est un
paganisme militant. Il méprise tout ce qui est religieux… Nous traversons une
grave crise de l'identité missionnaire, et la mission, comme initiative de
l'Occident est terminée. Nous avons à faire preuve de créativité.
L'Occident doit chercher à connaître les Christologies du
Sud. Comment réaliser la communication de la foi en nos régions ? Et de rappeler tel essai historique, lorsque
par exemple, les Pères Blancs essayaient de transmettre
L'effort pour
la Justice et les Droits de l'Homme doit être plus fort… ". Et de marteler : "Vous avez des paroisses où les fidèles sont capables de marcher longuement sur les genoux pour un pèlerinage. Ils peuvent aller à la messe très tôt le matin durant les 365 jours de l'année, et prier chaque jour trois chapelets. Dès que vous leur demanderez un effort de réconciliation avec un voisin, ou une action sociale, ils vous répondront que " vous n'avez pas à vous mettre sur ces terrains… ". " Nous sommes devant un déplacement. La fornication vient en tête de liste des condamnations morales. L'amour du prochain, l'action sociale comme charité envers les frères, n'est pas questionnée ".
Le Père Pierre de Charentenay, SJ, Directeur du Centre Théologique de Sèvres à Paris, et Rédacteur en chef de la revue Etudes, venu participer à la soirée, est prié de s'exprimer. Intervention très brève: " Nos Eglises, dit-il simplement, sont différentes. Les Européens ont leurs problèmes. Vous avez les vôtres. Il y a chez nous un déclin de la foi. Il y a aussi de nouvelles forces bien vivantes qui surgissent. Ce sont des lieux de renouveau du christianisme auxquels il nous faut être attentifs ".
Si les XXVIIIe conférences théologiques visaient à clarifier certaines interrogations, les organisateurs peuvent se dire : " Mission accomplie ".

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