Père Fabien Deleclos,
franciscain
La fête de Noël nous permet de
retrouver la source profonde, le motif et le sens de la fête. Nous ne pouvons
pas nous contenter de réveiller un beau souvenir. C'est Jésus Christ qu'il nous
faut accueillir aujourd'hui. Le mettre au monde. Non seulement croire à la Nativité, mais la
réaliser.
Que devons-nous fêter ? La révélation de l'amour et de la bonté de Dieu, l'accueil d'une bonne nouvelle de quelqu'un qui peut nous libérer, nous sauver, nous apprendre à aimer, nous transformer en un peuple ardent à faire le bien. Mais pour comprendre, pour obtenir, il faut nous laisser déranger. La puissance et la bonté de Dieu éclatent dans ce qu'il y a de plus ordinaire et de plus simple. Une famille d'ouvriers, une naissance au hasard d'un voyage imposé, un enfant pauvre, ce n'est pas de ce côté que nous sommes tentés de chercher Dieu, ni le secret du bonheur. Nous préférons les honneurs, le faste et l'abondance. Et voici que Dieu se présente à nous, pauvre de tout ce que nous convoitons, recherchons, ambitionnons.
A Noël, Dieu dérange parce qu'il ne garde pas son rang. Il bouscule nos hiérarchies et nos préséances. Pour le découvrir, pour l'approcher, tout l'attirail de la vanité, de la puissance et de l'astuce, ne servent à rien. Il bouscule nos ambitions et nos théories, nos calculs et nos certitudes. Il nous donne l'impression de tout mettre à l'envers. En réalité, il remet tout à l'endroit. Si nous ne trouvons pas Dieu, c'est parce que nous ne le cherchons pas, ou que nous le cherchons partout, sauf où il se trouve : du côté de ceux qui sont sans parole, sans pouvoir, sans puissance… Et cela nous heurte ou, en tout cas, nous contrarie.
La véritable fête de Noël, la plus belle, la plus concrète, le plus efficace pour nous et pour le monde, c'est que Jésus naisse en chacun de nous dans la foi et dans l'amour. Nous devons pour cela nous faire un cœur de pauvres, conscients de notre misère et de nos limites, avides de vérité et de lumière, ouverts aux autres et désireux de leur porter ces mêmes bienfaits en leur révélant le Christ. Il ne s'agit pas pour cela d'être riches et forts, bien portants, majestueux et tout puissants. Il nous suffit d'aimer un peu plus, un peu mieux, de servir davantage, là où nous sommes, sans attendre des visions ou des miracles. Il nous faut, comme le Christ, nous rapprocher des pauvres, lutter pour plus de justice.

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