Par Daniel Ndemba
Avec talent, l'écrivain, ordonné Evêque le 4 octobre 2008, dépeint le quotidien d'une famille aujourd’hui pour provoquer en chacun le mouvement de conversion.
Le nœud de vipères (Ed. AMA) commis par Mgr Joseph Befe Ateba est un roman, c'est-à-dire une œuvre d'imagination en prose, assez longue qui présente et fait vivre dans un milieu, des personnages donnés comme réels, et nous fait connaître " leur psychologie, leur destin, leurs aventures ".
Sa couverture est sobre. L'assemblage des pages, c'est le moins qu'on puisse dire -toute forfanterie mise à part- n'est pas fameuse (voir P 115-116) ; et, même si on les compte de façon infinitésimale, quelques coquilles se sont glissées. Toutefois, passant par pertes et profits ces détails qui pourraient tenir lieu de faiblesses de l'œuvre, l'intrigue, elle, est de grande envergure.
A travers une saisissante narration, l'auteur déjà connu pour avoir publié, entre autres, Yobo, la spirale de l'épreuve et Dieu devant la barre (pièce de théâtre), nourrit son lecteur de déboires réels d'une famille minée par les intrigues que tisse une mère aux vues méphistophéliques. C'est le rituel des soirées au coin du feu dans un village - Fegmimbang - qui lui sert de support. Une des prestations du vieillard Sugbodo donne à connaître l'histoire affligeante d'une famille. En réalité, un nœud de vipères que noue, toutes affaires apparentes Abé, la mère, sous le regard impuissant de Tibi, le père. C'est cette mégère au nom évocateur qui tient le rôle central dans l'œuvre. Elle souffle le chaud et le froid, sans que personne n'ose lui dire mot, et se tient à l'affût de toutes les situations à même de la faire parvenir à ses sombres desseins.
Il lui est d'avis que la femme ne rend service à la société qu'en honorant les travaux champêtres et la cuisine. Toute autre idée à ce sujet lui semble inacceptable. Essossomo, protégée d'Alakoé - le fils aîné -, l'apprendra bien à ses dépens ; elle qui préfère suivre la voie de l'école plutôt que la voie du champ. Commencera alors pour elle une longue et difficile cavale que même ses douces amours avec Balama ne lui feront pas oublier. C'est en désespoir de cause que son protecteur et elles se verront délivrés à la fin des griffes d'une tigresse que la raison transformera en douce agnelle. Le lecteur le comprend avec Essossomo que la famille peut aussi bien être une " Béthanie " - l'amour dont la couvre Alakoé -, qu'un " nœud de vipères ", celui que noue Abé.
Devant l'aujourd'hui
d'une famille sociétale en crise
Tout écrivain a des dettes envers sa société. Lorsqu'il
écrit, il s'inspire toujours plus ou moins de faits ou événements qui jalonnent
l'existence. Le nœud de vipère, qui retrace le drame que vivent nos familles
aujourd'hui du fait de la méchanceté ou de la démission des parents, amène Mgr
Joseph Befe à ne point échapper à cette règle de la littérature. Homme cultivé,
il a beaucoup lu, beaucoup vu, et utilise les données qu'il a engrangées pour
informer, alerter et instruire. Il a construit son œuvre à partir du quotidien
de nos familles. Et si l'on se situe
dans la perspective de l'engagement pour la reprise en main d'une réalité
familiale en crise, ce roman apparaît comme une contribution importante.
En sus, toute œuvre pose une problématique. Et toute problématique postule à son tour une ou des solutions. Qu'en est-il de Le nœud de vipères ? Donner réponse à cette question revient à identifier les thèmes essentiels qui se dégagent de cette sortie éditoriale : héroïsme généreux, passion, tribalisme, héritage, la jeune fille et école, la valeur du mariage… Au moment où la famille fait les délices de l'actualité, il est en effet utile de se plonger dans Le nœud de vipères. Un livre qui n'a rien de savoir docte ; qui ne contient qu'une histoire simple, tirée de l'imagination créatrice d'un homme dont la seule intention est de raconter l'Homme et ses " hommeries ".
Risquer la conversion
Même si on peut avoir l'impression qu'il était pressé de
conclure son œuvre, Mgr Joseph Befe a réussi une intrusion risquée dans
l'univers complexe de

Parfait! à proposer aux élèves et étudiants et même aux journalistes qui voudraient se resouvenir de la bonne manière de faire une note de lecture.
Rédigé par : zang Paulin | 28/01/2010 à 03:39