Gildas Mouthé
Du 18 au 21 novembre dernier, ils se sont retrouvés à l'Université
Catholique d'Afrique Centrale dans le cadre d'un colloque international. Le
thème de cette concertation portait sur le second Synode des Evêques pour
l'Afrique.
Permettre aux théologiens des différentes Facultés du
continent africain d'amorcer un large débat sur le thème du prochain Synode des
Evêques pour l'Afrique, et d'apporter leur contribution aux Evêques du SCEAM,
c'est l'objectif principal qui a motivé la tenue des travaux de Yaoundé. Le
colloque international organisé par la Faculté de théologie de l'Université Catholique
d'Afrique Centrale, a porté sur le thème de la seconde assemblée spéciale du
Synode des Evêques pour l'Afrique à savoir : L'Eglise en Afrique au service de
la réconciliation, de la justice et de la paix : " vous êtes le sel de la
terre… vous êtes la lumière du monde " (Mt 5, 13.14).
Pendant quatre jours, les théologiens africains et
d'ailleurs, toutes disciplines confondues, ont mené une réflexion profonde dont
l'issue devait déboucher sur des propositions concrètes à soumettre aux Evêques
au cours de leur Synode. En s'appuyant sur les Linéamenta, les théologiens
africains ont voulu proposer des éléments de réflexion pour une meilleure prise
de position sur les questions de réconciliation, de justice et de paix.
Comme l'a rappelé l'Abbé Antoine Essomba Fouda, Doyen de la Faculté de théologie de
l'Université Catholique d'Afrique Centrale, " dans une Afrique saturée de
mauvaises nouvelles, une Afrique de conflits, de division, d'intolérance, de
violence, de terrorisme, des replis identitaires, tribalistes et
ethnocentristes, l'urgence d'une évangélisation permanente et en profondeur
dans le temps, se fait de plus en plus sentir ". La célébration de la 13e
Journée mondiale du malade à Yaoundé du 9 au 11 février 2005 sous le thème
" Le Christ, Espérance pour l'Afrique " (jeunesse, santé et sida) est
venue encore le confirmer, et mis à nu le drame d'un continent pauvre,
souffrant et mal organisé.
Le VIH/SIDA y a élu domicile, y fait des ravages et détruit
à petit feu son tissu social. Si le drame de ce syndrome menace l'humanité
toute entière, force est de constater avec stupeur et amertume que l'Afrique
est le continent le plus touché. Les statistiques l'illustrent fort bien. Sur
30 millions de personnes infectées et affectées par cette terrible maladie dans
le monde entier, 25 millions vivent en Afrique subsaharienne.
Ainsi donc, dans l'annonce en Afrique du règne de Dieu
advenu en Jésus Christ, l'engagement pour la réconciliation, la justice et la
paix apparaît comme lieu d'actualisation de ce règne d'amour. Dans cette
perspective, il importe, selon l'Abbé Antoine Essomba Fouda, de redécouvrir les
fondements de la foi chrétienne, toute chose qui permettra aux chrétiens
africains de s'identifier au Christ qui les écoute et prend à cœur leur misère.
En marche vers le second Synode des Evêques pour l'Afrique, l'Association des
théologiens du continent a voulu apporter son savoir- faire et son expertise dans la résolution des maux et des
calamités qui minent le continent. On ne le dira jamais assez, le regard que le
théologien porte sur l'Eglise d'Afrique " Famille de Dieu " est assez
important.
En fait, ce regard, c'est l'intelligence de la foi. Celle-ci
se manifeste simultanément comme une œuvre de la raison, et une œuvre de la
foi. En tant qu'œuvre de la raison, la théologie utilise les instruments de
connaissance dont l'intelligence humaine peut disposer à une période déterminée
de l'histoire, et comme œuvre de la foi, elle s'appuie essentiellement sur la
révélation comme parole écrite, mais aussi comme parole reçue, interprétée et
transmise de générations en générations. Cette conjonction de la foi et de la
raison permet d'obtenir par un travail assidu et méthodique, un ensemble
organique de connaissances solides.
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