Propos recueillis par Gildas Mouthé
Après près de quatre mois de vacances, les Mouvements et autres Associations d'actions Catholiques reprennent du service le 18 octobre prochain. En prélude à cette reprise d'activité, L'Effort camerounais est allé à la rencontre de l'Aumônier Général de l'Apostolat des laïcs. L'Abbé Antoine Owona. Dans un premier temps il dresse le bilan à mis parcours des activités, et dresse par la suite la feuille de route du nouvel exercice.
Monsieur l'Abbé, quel bilan faites-vous de la première partie de vos activités ?
Je pense que le bilan est assez positif. Chaque dernier samedi du mois, on se retrouve, et depuis janvier, nous avons abordé toute une série de thèmes. En janvier donc, nous avons abordé l'Exhortation Post-Synodale Chritifideles Laïci qui invite les laïcs à mettre leur foi en pratique pour le bien de la société, pour le bien de l'évangélisation. En février, nous avons eu un thème qui portait sur la responsabilité, foi et charité pour notre jeunesse, car février c'est le mois de la Jeunesse. En
Puisque vous parlez d'innover, quelles seront les particularités de l'exercice qui s'annonce ?
Cette année, la première innovation c'est qu'on a crée une douzaine de nouvelles associations nationales. Certes elles sont encore arrimées à l'Aumônerie générale. Mais nous pensons qu'il faut apporter une nouvelle orientation, car la plupart des chrétiens réduisent leur foi dans la pratique de la piété et du culte dans les Eglises, les chapelles et les Cathédrales. Nous ne voulons pas défendre aux chrétiens d'aller à la messe, c'est d'ailleurs une obligation dominicale. Mais en plus de la prière personnelle, en plus de la foi, en plus de la messe, il faut que cette foi porte des fruits dans la société. La foi est faite pour le salut du monde, l'Eglise est faite pour le salut du monde, mais beaucoup de nos chrétiens restent encore uniquement dans le privé. La première nouveauté consistera donc à mettre en place une douzaine de nouvelles associations qui s'occuperont de la mise en place de la foi à l'extérieur de l'Eglise. La deuxième nouveauté, c'est que nous sommes dans l'année de Saint Paul, et nous voulons que les laïcs célèbrent cet évènement d'une manière particulière. C'est pourquoi le comité national nous a demandé de faire un congrès national pour les laïcs, une célébration spéciale pour la jeunesse. La troisième innovation est financière. Vous êtes sans ignorer qu'on ne peut rien faire sans argent. Nous avons souhaité dans le comité que chaque laïc dans tout le pays, puisse donner 100 francs Cfa par an seulement. Les laïcs se plaignent souvent que l'Eglise leur demande beaucoup d'argent. Ces laïcs donnent l'argent dans l'Eglise pour beaucoup d'autres choses, mais ne cotisent pas pour eux-mêmes. Alors nous avons proposé qu'au niveau national, chaque laïc donne 100 Francs Cfa par an, et pour les travailleurs mille francs par an. C'est une innovation que nous voulons proposer aux responsables nationaux. Cet argent devra nous permettre de sortir de la misère et de la mendicité, mais aussi de ne pas toujours tendre la main aux organismes internationaux qui ne donnent même plus beaucoup. Donc, avec cet argent, nous entendons construire un centre national des laïcs. L'autre innovation a trait à l'arrivée des reliques de Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus. Cet évènement doit attirer notre attention sur la souffrance, sur la contemplation, et même sur le doute dans la foi, car Sainte Thérèse nous apprend que le doute aide à grandir dans la foi. Ces reliques sont donc une aubaine pour notre pastorale, et on va en parler aux mouvements.
Avez-vous un message à l'intention des laïcs qui hésitent encore à prendre le train ?
Aux laïcs qui traînent encore les pieds, nous disons qu'on ne peut pas avoir sa foi tout seul, parce qu'on ne peut pas avoir sa foi tout seul. Avoir la foi en restant à la maison, sans jamais aller à la messe, sans jamais aller dans un mouvement ce n'est pas bon. Donc nous demandons aux laïcs de se joindre aux autres pour vivre, manifester, partager, célébrer, se réjouir d'être heureux et ensemble, c'est ça même l'Eglise. A ceux qui sont déjà dans les mouvements, nous disons qu'il ne faut pas seulement s'inscrire, aller rester à la maison et ne pas assister aux réunions. Il faut assumer ses responsabilités. Bref notre gros problème, c'est les moyens. Si nous avions les moyens de payer ne serait-ce que le transport à certains de nos chrétiens, de leur remettre les photocopies des enseignements après nos rencontres, ils viendraient en grand nombre. Nous leur rassurons que nous travaillons pour leur faciliter la tâche. C'est pourquoi nous comptons sur leur générosité à travers les différentes cotisations (100 frs et 1000 Frs Cfa) que nous allons initier dès la reprise de nos activités.

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