Gildas Mouthé
Dans un arrêté signé le 23 septembre dernier, le Préfet du Mfoundi a interdit la production, la diffusion et la vente de la littérature érotique et autres supports pornographiques dans les lieux dits non autorisés. La mesure vise à purifier les mœurs dans la cité capitale.
C'est un secret de polichinelle, le sexe est devenu banal dans notre société. Cela est perceptible à travers les supports vidéo érotiques et autres romans pornographiques, qui se vendent à ciel ouvert dans nos villes. Aucun lieu n'échappe à cette activité dans la capitale politique du Cameroun. Les abords des ministères, des écoles, et même des lieux sacrés comme les églises et autres temples sont infestés par un commerce qui a pris des proportions alarmantes.
Grand match, films X, plaisirs mortels, sont entre autres, les titres de films scandaleux que les vendeurs à la sauvette proposent à une clientèle qu'on retrouve au sein des différentes couches de notre société. Même s'il est évident que ces supports pornographiques aiguisent les appétits pervers de certaines personnes, force est de noter qu'ils heurtent malheureusement la sensibilité de beaucoup d'habitants de Yaoundé.
C'est le cas de Sandrine N qui se dit choquée chaque fois qu'elle tombe malencontreusement sur un roman pornographique. Paul Z est plus amer. Pour lui, de telles pratiques ne sont que l'illustration d'une société en décrépitude où l'on a laissé certaines valeurs disparaître.
Fort du constat selon lequel l'immoralité a atteint son paroxysme à Yaoundé, le préfet du Mfoundi a décidé de frapper du point sur la table. Joseph Beti Assomo entend, à travers la mesure d'interdiction qu'il vient de prendre, purifier les mœurs dans la ville aux sept collines. Plus précisément, il est question de protéger la moralité publique, d'assainir l'environnement dans lequel évolue la jeunesse, de réglementer un secteur qui, ces dernières années a tendance à aller à la dérive.
Invité du journal de 13 heures sur le Poste national le 24 septembre dernier, le préfet du Mfoundi a laissé entendre que cette mesure d'interdiction s'inscrit dans le cadre d'une opération de salubrité morale, dans la mesure où la vente des revues, films et autres supports pornographiques se déroule à ciel ouvert dans la ville de Yaoundé. Plus grave encore, la clientèle de ce commerce est essentiellement constituée de jeunes gens dont la plupart sont des mineurs.
Par ailleurs a-t-il poursuivi, les cabarets et autres maisons closes à Yaoundé ont choisi d'exploiter la nudité des jeunes filles qui exhibent leurs corps à une certaine clientèle. Tout comme l'on signale l'existence dans certains quartiers de la capitale politique, des vidéos club spécialisés dans la diffusion clandestine des films pornographiques.
Face à la gravité de la situation, Il était urgent, selon le préfet du Mfoundi de remettre de l'ordre dans tout cela. Seulement même si l'on peut se féliciter de cette mesure préfectorale, celle-ci suscite quelques curiosités, surtout lorsqu'on sait que cette interdiction concerne uniquement les lieux dits non autorisés par les pouvoirs publics.
Est-ce donc à dire que cette activité devrait se dérouler ailleurs ? A cette question Joseph Beti Assomo affirme qu'il existe des lieux adaptés à ces activités, notamment les salles de projection qui sont régies par une certaine réglementation. En outre, a-t-il confié à notre confrère de la CRTV Poste

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