Interview réalisée par Sylvestre Ndoumou
Lors d'une Eucharistie célébrée à la Cathédrale Saints
Le 14 juin 2008, vous avez célébré une messe à la cathédrale de Douala, et vous avez dénoncé la perte du sens de Dieu, du sens du Christ, du sens de la vie éternelle et d'autres valeurs encore dans notre société. Qu'est ce qui selon vous, est à l'origine de telles attitudes ?
Lors de la messe d'ordination diaconale que j'ai célébrée à la Cathédrale la Parole
Un prédicateur qui ne s'efforcerait pas de confirmer par l'exemple de sa vie la Vérité
Un prédicateur qui ne s'efforcerait pas de confirmer par l'exemple de sa vie la Vérité
Chers fils, retenez que toute mission est reçue. On ne se donne pas une mission. C'est l'Eglise, par l'Evêque, qui donne une mission au prêtre, et ce dernier n'a pas à se donner librement et personnellement une autre mission que celle que l'Evêque lui a confiée. S'il le fait, il devient un hors-la-loi et devrait être traité comme tel. Pouvez-vous nous expliquer les raisons de cette observation au cours de cette célébration ?
Lorsque je disais aux jeunes diacres qu'ils retiennent que toute mission est reçue et qu'on ne se donne pas librement et personnellement une mission dans l'Eglise, je voulais rappeler à ceux d'entre les prêtres et même certains chrétiens, qu'il n'est pas permis de s'ériger en exorcistes sans mandat de l'Evêque qui est seul à pouvoir confier une telle mission à un prêtre. Quelqu'un qui veut devenir chef d'Etat par exemple, doit solliciter le suffrage du peuple pour accéder à la Magistrature Suprême la Vérité la Vie. Comment la Parole
Les fidèles présents à cette célébration ont cru comprendre que votre homélie s'adressait en particulier aux exorcistes non mandatés. Que leur reprochez-vous exactement ?
Si les fidèles présents à la messe du 14 juin 2008 à la Cathédrale
Vous avez également fustigé cette attitude qui consiste à semer la peur parmi les fidèles. Que faut-il faire pour rassurer les chrétiens que seul le Christ est la solution à tout ?
Le chrétien devrait s'efforcer de se convaincre que par sa mort et sa résurrection, le Christ a vaincu la mort et la peur. Le Christ souhaite la paix à tous ceux qui croient en lui : il leur dit : n'ayez plus peur, car j'ai vaincu le monde. Le Pape Jean-Paul II nous a souvent répété qu'un chrétien ne doit pas avoir peur, mais qu'il doit s'efforcer dans l'espérance. Nous chantons si souvent ce refrain du psaume 26 dans lequel nous disons : " Ma lumière et mon salut, c'est le Seigneur. Le Seigneur est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte, le Seigneur est le rempart de ma vie, devant qui tremblerais-je " ? Par ailleurs, dans son épître aux Romains au chapitre 8, versets 35 et suivants, Saint Paul nous dit : Si Dieu est avec nous, qui peut être contre nous ?...Qui sera l'accusateur de ceux que Dieu a élus ? C'est Dieu qui justifie. Qui donc condamnera ?...Qui nous séparera de l'amour de Dieu ? La tribulation, l'angoisse, la persécution, la faim, la nudité, les périls, le glaive ?... J'en ai la certitude, ni la mort, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté dans le Christ Jésus Notre Seigneur. Si nous voulons que le Christ soit notre seul sauveur, il faut lui faire confiance et éviter l’attitude des Maccabées qui partaient lutter pour la cause du vrai Dieu, mais en mettant en même temps dans leurs poches des gris- gris, comme si on pouvait mettre en balance Dieu et les faux dieux ! ".
Notre pays a connu en février des émeutes dites de la faim. Face à tout ce que nous avons vécu, quels conseils pouvez-vous prodiguer à la jeunesse ?
Notre pays a connu en février dernier des émeutes qui ont entraîné des conséquences néfastes tant sur le plan humain que matériel. Vous me demandez quels conseils prodiguer à la jeunesse, comme s'ils étaient les seuls responsables de la situation qui s'est produite. Je pense que c'est toute la société qui doit s'interroger : la famille, l'école, les communautés, les dirigeants de notre pays à tous les niveaux. C'est pourquoi, devant cette situation, il est important de se poser la question de savoir pourquoi cela est arrivé. Tout acte posé a une cause. Pourquoi les jeunes se sont-ils soulevés ? Aurait-on pu éviter ce soulèvement ? Qui est responsable de cette situation ? Comment peut-on remettre les pendules à l'heure ? Si les jeunes, du moins une bonne frange de ceux-ci ont décidé, profitant d'une grève des transporteurs, il me semble que la grève n'a été que l'étincelle qui a allumé l'incendie qui couvait depuis un moment. Après un évènement comme celui-là qui a coûté de nombreuses vies humaines et entraîné de très nombreux dégâts matériels, il est indispensable de procéder à un examen de conscience sans complaisance, les responsables de leur côté, et les jeunes de leur côté. Qu'auraient pu faire les responsables pour empêcher ces évènements ? Chaque camp devrait chercher à voir en quoi il est responsable de ce qui est arrivé. D'aucuns ont appelé ces émeutes, les émeutes de la faim. On dit couramment que ventre affamé n'a point d'oreille. Pourquoi le ventre est-il affamé ? Là encore, chacun doit répondre à la question. Une chose est sûre. Pour nous qui côtoyons les jeunes tous les jours, nous nous rendons compte que plusieurs d'entre eux veulent bien faire quelque chose pour participer au développement de leur pays et pour vivre dignement, mais ils n'en ont pas les moyens. Du côté des responsables, on ne voit pas beaucoup qui exhortent les jeunes à faire quelque chose pour sortir de la pauvreté ambiante. De temps en temps, de beaux discours, des déclarations sont faites, mais sans mesures d'accompagnement. C'est un peu, comme dit Saint Jacques, demander à quelqu'un qui a faim d'aller refaire ses forces sans lui en donner les moyens. Ce que je puis dire aux jeunes, c'est d'éviter de chercher à se faire justice en créant une injustice. Le dialogue doit être privilégié par rapport à la violence dont les conséquences aggravent la situation. Je souhaite voir les responsables de notre pays à tous les niveaux initier un vrai dialogue avec les jeunes pour voir avec eux quelles mesures objectives adopter pour sortir de cette situation pénible qui s'aggrave au jour le jour. Je souhaite que les budgets des différents départements ministériels soient utilisés de façon judicieuse. Nous avons des jeunes qui sont qualifiés et qui pourraient mettre leur savoir et leur compétence au service de leur pays. Je souhaite que les recrutements à tous les niveaux soient faits sur la base de la compétence et non des motifs personnels à coloration familiale ou tribale. Pour faire échec à un certain nombre d'injustices qui ont cours dans notre pays, il serait judicieux que les députés devant qui les budgets des départements ministériels sont validés, prennent la peine de vérifier que cet argent a été utilisé à bonne fin. Chaque année, on a comme l'impression que les députés ne prennent aucune peine de vérifier l'utilisation des budgets précédents ! Pour éviter que ce genre de situation se reproduise, je souhaite que de véritables tables rondes s'organisent pour voir ensemble comment chacun peut apporter sa contribution à la construction d'une nation plus juste et plus humaine, où les richesses ne soient pas la propriété de quelques-uns, mais qu'elles puissent être réparties équitablement entre tous. Tant qu'une véritable autopsie de la gestion financière des biens de notre pays ne sera pas faite, tant qu'on ne fera pas une comptabilité à livre ouvert dans chaque secteur, il y aura toujours de la grogne. Quand un enfant pleure et se révolte par ce qu'il n'a rien compris à ce qui lui arrive, au lieu de le terroriser, il vaut mieux le convaincre. Quand on a compris le " pourquoi " d'une situation, on peut en envisager le " comment ". Alors, je conseille aux jeunes de chercher à savoir sans se révolter, et aux responsables d'apprendre à expliquer, à convaincre sans chercher à terroriser. Voilà qui nous fera éviter à l'avenir des situations similaires à celles de février dernier.
Beaucoup de jeunes pensent que la solution c'est d'aller en Europe. L'Europe est-elle la solution aux problèmes des jeunes ?
Beaucoup de jeunes pensent trouver leur bonheur ailleurs que chez eux, en l'occurrence en Europe. Mais pourquoi ? S'ils sont amenés à chercher à fuir leur pays, c'est peut-être parce qu'ils n'ont pas, ou qu'on ne leur donne pas l'occasion de se rendre utile et de gagner dignement leur vie. L'Europe ne constituera jamais une solution à cette fuite en avant. Il faut que les dirigeants cherchent vraiment à comprendre pourquoi certains jeunes pensent trouver leur bonheur ailleurs que dans leur pays. Là encore, un véritable examen de conscience s'impose de part et d'autre. Chacun peut créer son petit " paradis : eldorado " là où il se trouve. Je souhaite pour ma part qu'une partie de l'argent qu'on dit avoir été détourné serve à aider les jeunes à faire quelque chose, à réaliser des projets rentables qui pourraient profiter autant à la nation qu'à eux-mêmes. Un peu plus de justice dans le partage des biens, et cela pourrait peut-être contribuer à aider nos jeunes à rester dans leur pays où ils pourront, par leur travail, se faire une situation honnête et respectable.
Face au chômage, les jeunes désespèrent et prêtent le flanc aux faux prophètes, notamment les sectes. Que peut faire l'Eglise pour qu'ils ne perdent pas l'espérance ?
Il est vrai que face à la pauvreté ambiante, beaucoup de personnes, notamment des jeunes, sombrent dans le désespoir et se laissent récupérer par les sectes qui ont pour la plupart l'avantage d'avoir beaucoup d'argent. Face à cette situation, l'Eglise a le devoir, comme en tout temps, d'annoncer la Parole la Genèse la Fontaine
A l'occasion de la journée de la communication sociale célébrée dans votre Diocèse, vous avez déclaré que le téléphone peut jouer un rôle capital dans l'évangélisation. Pouvez-vous être plus explicite ?
C'est vrai qu'à l'occasion de la journée de la communication célébrée dans mon Diocèse, j'ai déclaré que le téléphone peut jouer un rôle capital dans l'évangélisation. Tous les moyens de communication sociale doivent être mis au service de l'évangélisation comme le déclarait le Synode des Evêques, Assemblée Spéciale pour l'Afrique en 1994. Nous vivons en relation avec les autres de multiples manières, par les mots, les gestes, les danses, le théâtre et les rites. En Afrique, nous avons toujours eu de riches moyens culturels de communication. Aujourd'hui, de nouveaux moyens de communication, également appelés mass media, sont à notre disposition : télévision, vidéo, journaux, téléphone et internet. Ils nous relient aux peuples du monde entier. Par le téléphone, le fax et l'Internet, nous sommes instantanément en contact avec d'autres. Ces moyens de communication sont vitaux pour nous aujourd'hui. Ils influencent notre manière de penser, de ressentir, de prier, de vivre et de regarder la vie. Nous sommes aujourd'hui plongés dans une culture nouvelle. Aujourd'hui, le téléphone, le fax et l'Internet sont entrain d'unifier l'humanité et de la transformer en un " village global ". Pour beaucoup de personnes, ce monde est devenu le principal moyen d'information et d'éducation, de conduite et d'inspiration dans leur comportement comme individus ou comme familles, ou au sein de la société au sens large. Le synode africain nous invite :
*à partager la Bonne Nouvelle
*à développer un esprit critique, afin de voir les évènements à la lumière de la Bonne Nouvelle
*à utiliser tous les moyens possibles, y compris le téléphone, pour rendre Jésus et son message présents à la radio, à la télévision, dans les vidéos, les livres et les journaux. Cependant, comme toute culture, les mass media ont besoin d'être évangélisés. Les messagers de la Bonne Nouvelle la Bonne Nouvelle
On constate que le service de la Communication
C'est vrai que le service de la communication de notre Diocèse (SEDICO) fait son petit bonhomme de chemin avec les petits moyens dont il dispose. Le plus important dans un domaine comme celui de la communication, est de savoir gérer le peu de moyens à sa disposition. Il est important de savoir que le personnel de notre service diocésain de la communication est acquis à la cause de l'Evangile et travaille presque bénévolement, dans la mesure où ce qu'on leur donne n'est pas grand-chose, mais ces humbles serviteurs l'acceptent parce qu'ils connaissent eux aussi la modicité des moyens financiers de notre Diocèse. Vous savez sans doute que sur le plan financier, tous les Diocèses n'ont pas la même colonne vertébrale. Aujourd'hui, nous faisons ce que nous pouvons avec les petits moyens dont nous disposons. A force d'insister auprès des fidèles, ils comprennent de plus en plus que cette structure est leur affaire et non pas celle de l'Evêque ou du responsable du service. Aujourd'hui, les fidèles participent selon leurs moyens qui ne sont pas formidables dans un Diocèse rural comme le notre à une époque où la pauvreté frappe tous les portefeuilles ! Pour le moment, nous n'envisageons pas encore la création d'une radio. Un jour peut-être, si Dieu et nos moyens nous le permettent, nous nous y attellerons avec joie.
Certains fidèles font usage à temps et à contre temps du téléphone portable, même dans les églises. Quelles dispositions sont prises dans votre Diocèse pour combattre ces comportements ?
C'est vrai que les gens font un usage désordonné et irresponsable du téléphone portable, y compris des fidèles. Nous prenons la peine de demander aux fidèles de fermer leur téléphone au cours des offices religieux pour leur propre bien et pour celui des autres. Dieu ne nous appellera pas au téléphone, ai-je l'habitude de dire aux fidèles. Il y a un temps pour tout : un temps pour utiliser le téléphone et un temps pour l'éteindre, afin d'entrer en contact avec Dieu qui nous nourrit de sa Parole. C'est un devoir de charité pour tout fidèle d'éteindre son téléphone dans une assemblée. C'est aussi un devoir de politesse, un savoir-vivre en société. Devant chaque église, les Curés ont affiché un papier invitant les fidèles porteurs d'un téléphone, de l'éteindre jusqu'à la fin de la messe pour ne pas perturber les autres fidèles qui ont envie de suivre la messe en toute tranquillité.
Nous sommes au début d'une nouvelle année pastorale. Quel message pouvez-vous adresser aux fidèles et ouvriers apostoliques en vue d'un engagement plus incisif dans l'évangélisation du Diocèse ?
En ce début d'année pastorale, comme tous les ans, je vais me retrouver avec mes collaborateurs pour leur présenter le nouveau projet pastoral qu'ils auront le devoir d'exploiter avec les fidèles de leurs paroisses respectives. Le message que je souhaite leur adresser est de toujours travailler à la promotion de l'Evangile, chacun dans le secteur où Dieu l'a placé. Comme d'habitude, j'insiste pour que l'article 104 de l'Exhortation Post-Synodale Ecclesia in Africa se traduise en actes concrets, pour que notre Eglise particulière puisse atteindre à moyen terme son autofinancement. Etant donné qu'il n'y a pas de réelle évangélisation sans justice, j'invite instamment les fidèles et leurs Pasteurs à s'impliquer très positivement dans la lutte contre les injustices et pour la paix. La promotion de la justice et de la paix, doivent faire partie du programme pastoral de chaque communauté chrétienne. Le souci des pauvres, qui sont " les pauvres de Yahvé ", doit être traduit en actes concrets. Voilà, à très gros traits vous vous en doutez, l'essentiel du message que je souhaite adresser aux fidèles et aux Ouvriers apostoliques de mon Diocèse en ce début d'année pastorale.

Merci tres Cher Eveque de c'est conseille je vais bien dormir ce soir pour le fait que je ne vous ai pas entandu mais je vous ai lu sa ma fait du bien.
Bonne chance et que le suigneur vous protege dans votre Mission
Justin Tchangoum
dans le Rauyome Unie
Rédigé par : Justin Tchangoum | 29/07/2009 à 15:19