Gildas Mouthé
Une campagne spéciale de sensibilisation pour prévenir les accidents de la circulation en cette période de rentrée scolaire a été lancée officiellement par le ministre des Transports le 8 septembre dernier.
C'est un secret de polichinelle, la période de rentrée scolaire rime généralement avec un accroissement du trafic urbain, à cause du très grand nombre de voyages impliquant les jeunes scolaires de retour des vacances. Ce surcroît de trafic sur nos axes routiers couplé à l'imprudence de certains conducteurs, entraîne pendant cette période charnière, de nombreux accidents de la circulation sur nos routes.
Conscient de cette situation déplorable, le Ministère des Transports vient d'initier une campagne spéciale de prévention routière pour la rentrée scolaire 2008- 2009. L
Dans le cadre de cette campagne spéciale, les structures déconcentrées du Ministère des Transports doivent veiller, dans leurs circonscriptions respectives de compétence et en liaison avec les autorités administratives : au contrôle systématique de l'état des conducteurs par des tests d'alcoolémie et de fatigue ; au contrôle de conformité des permis de conduire desdits conducteurs ; à la vérification de l'état technique des véhicules par des contrôles visuels et la vérification de conformité des certificats de visite technique, attestant le passage desdits véhicules dans les centres de contrôle technique ; au respect des charges autorisées dans les véhicules ; au respect de la limitation de vitesse avec le déploiement des radars disponibles par la brigade motorisée.
Au cours du lancement officiel de cette campagne spéciale de prévention routière le 8 septembre dernier, le ministre des transports, Gounoko Haounaye a précisé qu'au cours des contrôles susmentionnés, les conducteurs en état d'ébriété ou de fatigue ne seront pas autorisés à continuer le voyage, et ils verront leurs permis de conduire saisis et suspendus ; les passagers en surcharge seront débarqués, les excès de vitesse seront sanctionnés par le retrait du permis de conduire du fautif ; les véhicules en mauvais états seront déclassés jusqu'à la réparation des éléments défectueux attestée par un procès verbal de contrôle technique avant leur remise en circulation.
Au-delà de ces mesures, le ministre des Transports a tenu à préciser aux promoteurs des agences de voyage qu'ils sont invités à garantir dans leurs agences respectives, le suivi de leurs conducteurs et la sécurité des voyageurs par le contrôle technique des véhicules exploités, la limitation du nombre de voyages par conducteur à travers un plan de rotation, et l'interdiction des surcharges. De leur côté, les passagers doivent aussi contribuer à leur propre sécurité au cours des voyages, en évitant toute attitude qui pourrait mettre les conducteurs sur les nerfs, ou qui pourrait inciter ces derniers à la vitesse et à la surcharge. Ils doivent jouir du droit d'une place assise confortable et dénoncer toute violation du contrat de transport par le conducteur ou les responsables des agences de voyage.
Toutefois, si l'on peut se féliciter de cette démarche du Ministère des Transports qui vise à épargner aux familles camerounaises " le spectre de la mort qui semble les hanter chaque fois qu'un des leurs doit prendre la route ", pour reprendre les propos du ministre des Transports, force est de signaler qu'un manque de moyens humains et financiers pourraient altérer l'efficacité de cette campagne spéciale de prévention routière. Même si Gounoko Haounaye a annoncé une augmentation du nombre de radars mobiles, parviendra t-il à stopper les pratiques maffieuses orchestrées par certains agents de son Ministère sur nos routes ?

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