G. M
Le sujet était à l'ordre du jour d'un atelier régional tenu à Buéa.
S'alimenter est un droit, et même un devoir pour tout être humain. Nourrir les détenus, fait partie intégrante des obligations de l'administration pénitentiaire. La question de la qualité et même de la quantité de cette nutrition est une grande préoccupation, tant pour cette administration que pour les détenus. Cette question ne saurait d'ailleurs laisser indifférent quiconque s'intéresserait un temps soit peu aux conditions de détention des prisonniers. Ce sujet a d'ailleurs fait l'objet d'un atelier régional de restitution de l'étude sur les normes nutritionnelles minimales applicables dans les prisons centrales.
Initier par le Pacet II (Programme d'amélioration des conditions des détenus et de respect des droits de l'homme), l'atelier d'un jour qui s'est tenu à l'Enap de Buéa a vu la participation des responsables de l'administration pénitentiaire de l'antenne de Douala notamment : les quatre délégués provinciaux, les régisseurs de prisons centrales, les chefs des services administratifs et financiers, les responsables des cuisines des dites prisons, les fournisseurs, les ONG, ainsi que des experts en nutrition.
Au cours de cet atelier ouvert par le Délégué provincial de l'administration pénitentiaire pour le Sud-Ouest, M Elangwe, les participants ont eu droit à des exposés d'une très grande profondeur. Le premier exposé présenté par le régisseur de la prison centrale de Buéa s'est articulé sur la situation alimentaire dans les prisons centrales.
Notons que l'état des lieux de la nutrition dans les prisons concernées a été passé au crible par des experts, qui, quelques deux semaines auparavant, avaient procédé à des études sur le terrain. Les participants ont également bénéficié de l'expérience des ONG qui s'emploient au quotidien dans l'alimentation des détenus. Ces échanges qui ont porté sur les contraintes et les difficultés liées à l'alimentation des détenus à l'intérieur des prisons, ont permis aux uns et aux autres d'avoir une prise de conscience collective de la nécessité absolue d'améliorer les repas des détenus.
De manière concrète, les participants ont pris conscience de la carte alimentaire de chaque région concernée, et des difficultés rencontrées par les fournisseurs à rentrer dans leurs frais. L'expert commis à cet effet a sillonné toutes les prisons, et son rapport devrait être appréhendé comme un travail scientifique, et non comme un instrument de critique. Les travaux en groupes ont permis d'amplifier les enseignements reçus.
A l'issue des travaux, des recommandations ont été faites. Les plus importantes sont celles relatives à l'allocation des crédits consistants et substantiels dans les prisons. Il est aussi question de veiller à l'accélération des procédures de paiement des factures des fournisseurs auprès des comptables. Les participants ont aussi prescrit le respect de la périodicité des allocations budgétaires, toute chose qui permettrait aux gestionnaires des établissements pénitentiaires de faire des prévisions conséquentes en matière alimentaire.
Ils ont enfin souhaité que soit nécessairement transformé les crédits alloués à l'alimentation en caisse d'avance, une révision de la mercuriale, ainsi que l'adoption des prix actuels du marché.
Il convient de rappeler que le Pacdet est un programme d'amélioration des conditions de détentions et du respect des droits de l'homme de la coopération Cameroun-Union Européenne. L'agence de Douala qui est dirigée par M. Hyppolite Sando, compte quatre provinces à savoir : Douala, Bafoussam, Bamenda et Buéa. Il s'agit d'un programme ambitieux qui mobilise des ressources financières des partenaires au développement. Il serait donc opportun à l'administration pénitentiaire et au gouvernement en général, de saisir la balle au bond pour un meilleur traitement du détenu.

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