Gildas Mouthé
C'est un essai que Mgr Victor Tonye Bakot a publié à sa sortie d'hôpital. Il est question pour l'Archevêque métropolitain de Yaoundé, de livrer à l'humanité la réflexion qu'il a mené sur la souffrance.
Cette réflexion faite sur 45 pages, est encadrée par une couverture recto verso en quadri sur couché bleu ciel brillant assortie d'une photo de la Cathédrale Notre
Cette méditation du Prélat se décline en sept parties axées sur deux pôles. Mgr Victor Tonye Bakot réfléchit tour à tour sur le film de l'accident, la souffrance, la joie qu'il a éprouvé dans cette souffrance, l'école de la sagesse, l'Europe, milieu qui l'a accueilli, la qualité de la rationalité occidentale. Il aborde également des sujets divers, le tout se terminant par une prière d'action de grâces.
Pour Mgr Victor Tonye Bakot, la souffrance est physique et spirituelle. A la question de savoir pourquoi y a-t-il la souffrance, le Prélat pense qu'il faut dépasser la conception traditionnelle qui perçoit la souffrance comme une conséquence du péché, pour l'inscrire dans la dynamique du salut apporté par Jésus-Christ. En effet, la souffrance, dit-il, est le cadre de la manifestation et de la révélation de Dieu. Elle est même une théophanie où Dieu parle à l'homme. Le langage de la croix est donc le lieu où cette théophanie est vécue, où Dieu invite l'homme à participer à la souffrance du Christ.
En souffrant dans sa propre chair, l'auteur a compris la nécessité de se mettre à l'écoute du langage de la croix. Un langage qui invite à la compassion envers tout homme souffrant, un langage qui invite tout homme à savoir souffrir et à apprendre à vivre avec sa souffrance. Laquelle, au-delà de son côté négatif et déprimant, comprend une dimension positive. Ainsi, les croyants qui sont aux côtés de ceux qui souffrent sont invités à être pour eux de bons samaritains, car tous sont crées à l'image et à la ressemblance de Dieu.
La douleur et la peine doivent donc cesser d'être des moments de désespoir, il faut toujours garder les yeux fixés sur la croix du Christ et là, apprendre à vivre avec la souffrance et savoir souffrir dans la dignité, la joie, en mettant Dieu au centre de sa souffrance, de sa vie. Dans sa souffrance, l'homme doit toujours chercher à comprendre le langage de la croix qui est un langage d'amour, un langage du bien.
La souffrance spirituelle et collective en Afrique
L'Afrique est un grand souffrant et Mgr Victor Tonye Bakot, à la suite du Pape Jean Paul II dans son Exhortation Apostolique Post Synodale Ecclesia in Africa, n°41, souhaitait " que l'Eglise continue patiemment et inlassablement son rôle de bon Samaritain ", invite le croyant africain à sortir du victimisme dans lequel il se renferme. Le sous-développement qui caractérise les pays africains est un problème comportemental et spirituel.
C'est ce que le Père Engelbert Mveng appelait " la Pauvreté
Pour un développement durable de l'Afrique, l'Archevêque métropolitain de Yaoundé préconise deux remèdes : l’appropriation des règles du développement qui s'expriment dans la rationalité occidentale d'une part, et d'autre part, une collaboration missionnaire dans une charité basée sur l'Evangile. Ceci permettrait aux pays africains d'instaurer une société en paix avec elle-même et aux pays européens de vivre avec leur conscience.

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