MAUREEN DIONE, COORDINATRICE DU CODASC DE L'ARCHIDIOCESE DE DOUALA : ''Les chrétiens doivent nous aider à soutenir les personnes nécessiteuses''
Interview réalisée par Sylvestre Ndoumou
Le service de la Caritas de l'Archidiocèse de Douala entend vulgariser son action auprès du public. Sa Coordinatrice, Mme Maureen Dione, explique dans ces colonnes le travail d'accompagnement que réalise l'Eglise auprès des couches défavorisées.
Les gens entendent parler de la Caritas et du CODASC. De quoi s'agit t-il ?
La Caritas, c'est la charité destinée aux personnes qui ont des difficultés matérielles. Pour ce qui est du CODASC, c'est le service diocésain des activités socio -caritatives. Ses activités sont divisées en deux volets : la Caritas active qui accompagne et appui les activités de développement, la formation et l'encadrement des groupes organisés aux activités génératrices de revenus. Ensuite, la Caritas passive qui est l'assistance aux personnes nécessiteuses. Cette catégorie concerne particulièrement les malades et les personnes âgées. Je fais ces précisions pour que les gens évitent de faire des confusions. Lorsqu'on parle de la Caritas, certains pensent qu'il s'agit uniquement de l'assistance aux personnes nécessiteuses. La Caritas est une activité qui a été bien organisée par les Evêques du Cameroun pour organiser et coordonner la charité dans chaque Diocèse.
En ce qui concerne la Caritas passive, dans quels domaines vous intervenez ?
Nous intervenons surtout dans le domaine de l'assistance aux personnes nécessiteuses. Par exemple, nous organisons régulièrement des journées médicales pour les malades, et nous intervenons de manière ponctuelle sur certains cas spécifiques. Notre public cible est constitué des malades qui ont besoin de l'assistance pour se faire opérer, les réfugiés, les voyageurs égarés qui ont besoin de manger quelque chose, etc. Par contre au niveau de l'assistance scolaire des enfants démunis, elle est assurée chaque année pour aider les enfants issus des familles pauvres à bien débuter leur année scolaire. A la veille de chaque rentrée, nous organisons ce que nous appelons la rentrée scolaire de l'espoir. Nous faisons appel aux personnes de bonne volonté qui peuvent nous aider à préparer la rentrée scolaire de ces enfants.
Rencontrez-vous des difficultés dans ce travail ?
Les difficultés ne manquent pas. Plus haut, j'ai souligné que nous faisons dans la Caritas active et passive. Mais nos partenaires financent beaucoup plus la Caritas active, c'est -à- dire le développement. Pour ces bienfaiteurs, les fonds destinés à soutenir la Caritas passive doivent provenir des donateurs locaux, en particulier les chrétiens et les personnes de bonne volonté. Les partenaires n'assurent que l'organisation et la création des Caritas paroissiales qui sont nos antennes dans les paroisses (COPASC). Il y a des gens qui veulent bien aider les pauvres, mais ils ne savent toujours pas à quelle porte s'adresser. Je voudrais profiter de cette occasion pour dire que le CODASC est là pour orienter et organiser la charité. Nous ne disposons pas d'assez de moyens pour véritablement répondre à toutes les sollicitations.
Etant donné toutes ces difficultés à assumer les charges liées à la Caritas passive, avez-vous un appel à lancer en direction de ceux qui voudraient vous soutenir ?
Je profite de cette occasion pour m'adresser aux éventuels bienfaiteurs. Je voudrais leur dire que le CODASC est une structure d'Eglise bien organisée qui accompagne particulièrement les couches défavorisées dans toutes les paroisses de l'Archidiocèse de Douala. Toute personne de bonne volonté qui veut témoigner de son amour envers les personnes nécessiteuses, peut nous contacter à la paroisse Saint Paul de Nylon où se trouve notre siège. Nous avons besoin de l'aide, et celle-ci doit provenir de nos chrétiens.
Comment est apprécié ce travail que vous faites ?
Je dois préciser que beaucoup de gens ne connaissent pas ce que nous faisons, en dehors des nécessiteux. En réalité, ce sont ceux que nous aidons qui doivent permettre aux autres de nous connaître. Malheureusement, lorsque certains sont satisfaits, ils ne donnent plus signe de vie et gardent l'information pour eux-mêmes. Dans les paroisses, il y a les Caritas paroissiales qu'on appelle COPASC. Ce sont autant de relais qui peuvent faire connaître au public ce que nous faisons.
Etes-vous satisfaite du travail que vous faites envers les pauvres ?
Je suis contente, mais pas satisfaite, parce que, faute de moyens, nous ne parvenons pas à répondre à toutes les sollicitations que nous adressent les nécessiteux. Lorsque je vois toutes ces personnes qui ont faim, qui sont malades ou qui n'ont pas de logement, et que je ne sois pas capable de les aider, je suis triste. C'est pourquoi je vous disais tout à l'heure que je n'étais pas satisfaite, mais plutôt contente de voir la joie qui rayonne sur les visages de ceux que nous aidons, malgré les moyens limités.

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