Gildas Mouthé
Une inspection inopinée effectuée à l'intérieur de la prison centrale de Yaoundé le lundi 11 août dernier, a permis aux forces de l'ordre de mettre la main sur des armes, de la drogue, des ordinateurs portables, et une importante somme d'argent.
Légende : Il faut sécuriser nos prisons
Les prisons camerounaises sont-elles devenues des garnisons militaires ? La question se pose de nos jours avec une certaine inquiétude, au vu de ces nombreuses armes qui circulent dans nos établissements pénitentiaires. Il y a encore quelques mois, c'est la prison centrale de New-Bell à Douala qui avait défrayé la chronique.
Des prisonniers pour la plupart des repris de justice, puissamment armés, avaient tenté de prendre la poudre d'escampette le dimanche 29 juin 2008. Cette tentative d'évasion qui avait laissé sur le carreau 17 victimes était venue remettre sur la sellette le l’éternel problème de sécurité dans les prisons camerounaises.
Alors qu'on n'avait pas encore fini d'épiloguer sur l’origine de la présence des armes à feu dans la prison de New-Bell, qu'une descente inopinée des forces de l'ordre dans les différents quartiers de la prison centrale de Kondengui a permis de mettre la main sur un véritable arsenal : 230 couteaux, 77 tournevis, des scies à métaux, 60 téléphones portables, un ordinateur portable pris entre les mains d'un détenu condamné à mort, de grosses barres de fer, 64 seringues, 5 kilogrammes
L'opération conduite par le Secrétaire d'Etat chargé de l'administration pénitentiaire et son homologue responsable de la gendarmerie, a en outre permis de mettre la main sur des tenues des forces de maintien de l'ordre, des disquettes d'ordinateurs, des pinces, marteaux, facturiers, carnets de commande, encreurs, cachets, ainsi qu'une importante quantité de vin et de whisky en sachet. Egalement saisie une importante somme d'argent d'une valeur de 4. 582.741 francs Cfa, dont plus de 500.000 francs sur un dangereux braqueur.
Laxisme
Invité du journal parlé de 13 heures le mercredi 13 août 2008 au poste national, le Secrétaire d'Etat chargé de l'administration pénitentiaire a laissé entendre que c'est après avoir eu des informations selon lesquelles une évasion massive était en préparation à la prison centrale de Kondengui que la dite opération a été montée.
Seulement, malgré le succès de celle-ci, l'on ne peut manquer de s'interroger sur un ensemble de faits troublants. En effet, comment peut-on expliquer que des prisonniers incarcérés dans une prison, puissent se procurer du matériel pourtant prohibé ? Ont-ils bénéficié de quelque complicité que ce soit, si oui à quel niveau ? Des questions et biens d'autres dont il n'est pas évident d'avoir des éclaircissements. Toutefois, le matériel ainsi saisi à l'intérieur de la prison centrale de Kondengui vient conforter la rumeur persistante faisant état d'un énorme trafic qui se déroulerait dans nos prisons.
Des sources internes dans ces milieux attestent que des produits pourtant interdits y sont vendus et consommés à ciel ouvert, avec parfois la bénédiction des gardiens de prison et de certains éléments des forces de l'ordre.
A en croire d'autres sources, la présence massive d'objets prohibés dans nos prisons provient de la vétusté de celles-ci. Le Secrétaire d'Etat chargé de l'administration pénitentiaire l'a d'ailleurs reconnu sur les ondes de la CRTV
La prison de New-Bell, construite dans les années 1930 pour accueillir 800 prisonniers, en accueille aujourd'hui près de 4000 ! Que dire de la prison centrale de Kondengui ? Construite pour accueillir un peu moins de mille personnes, aujourd'hui 4384 pensionnaires y séjournent. Lorsqu'on ajoute à cela le laxisme et la complicité de certains gardiens de prison, l'on ne peut s'étonner de la porosité qui caractérise nos pénitenciers.
Quoi de plus normal, quand on sait que bon nombre de ceux qui sont censés surveiller les détenus sont des personnes à la moralité douteuse. Le patron de l'administration pénitentiaire n'a-t-il pas affirmé lui-même sur les ondes de la CRTV
Aveu d'échec d'une administration dépassée par les évènements, ou tout simplement tentative de justification d'un responsable soucieux de tirer son épingle d'une situation embarrassante ? Toujours est-il que cette déclaration du Secrétaire d'Etat chargé de l'administration pénitentiaire conforte les uns et les autres sur une triste réalité : les recrutements dans la fonction publique camerounaise ne sont pas toujours organisés dans l'objectivité et la justice.

Bonjour, concernant cet article, pouvez-vous me contacter d'urgence à cette adresse email : krikricamer@hotmail.fr j'aimerais débattre de ce sujet avec vous.
Cordialement
C. ROCHER
Rédigé par : ROCHER | 29/05/2010 à 00:30
Bonjour, lorsque vous piquez des photos sur un site web, ce qui est déjà très inconvenant, faudrait au moins penser à mettre la source de provenance exemple pour la photo de la prison de NEW BELL à Douala mettre la source http://www.souvenirducameroun.com ce n'est pas parce que le web est public que tout appartient à tout le monde.
Cordialement
Christian ROCHER
Rédigé par : ROCHER | 29/05/2010 à 02:55