Claude Zéba
Le dernier contingent de l'armée nigériane à Bakassi a décampé le 14 août 2008, comme le prévoit l'accord de Greentree.
Bakassi. Voici un nom qui, au départ, ne désignait qu'une extension de la péninsule de Calabar dans l'Océan Atlantique. Mais qui, au fil des ans est rentré dans les mœurs des Camerounais. Au point où, de Bakassi le Cameroun n'en compte plus qu'un, mais des dizaines. Toutes les zones d'accès difficile, les routes, les forêts ou les savanes difficilement exploitables ont été ici et là rebaptisées " Bakassi ".
Allusion faite évidemment aux difficultés qu'éprouve le pays du Président Paul Biya à exercer sa souveraineté sur cette partie de son territoire annexée depuis près de deux décennies par son géant voisin, le Nigeria. Ainsi, on se retrouve désormais avec Bakassi sur l'axe Maroua-Kousseri sur la nationale n° 1, non loin du village Zigagué où les coupeurs de route dictaient jadis leur loi aux usagers de la route ; sur l'axe Bibémi-Padermé dans le département de la Bénoué
Le 14 août 2008, le pouvoir d'Abuja a définitivement cédé le territoire occupé, sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies (ONU) et en présence des Etats- témoins que sont la France la Grande Bretagne la Cour La Haye
Synonyme de la fin des tribulations tant pour la nation camerounaise que pour son armée commise sur les lieux aux fins d'y matérialiser la présence camerounaise et qui y a payé un lourd tribut. Et peut-être aussi, la fin de ce que l'imagerie populaire a fini par taxer de casse tête chinois servi aux Camerounais ? Que non ! En effet, après la résolution pacifique du différend avec son voisin nigérian au sujet de Bakassi, un territoire d'environ 1000 km² riche en ressources halieutiques, minières et naturelles (le pétrole, notamment), le Cameroun devra désormais faire face à la rébellion du Delta du Niger opposée comme la majorité des Nigérians à la rétrocession de Bakassi.
Conscientes de cette menace, mais aussi de celle des séparatistes du Southern Cameroon National Council (SCNC) qui pourraient faire front avec les rebelles pour déstabiliser la zone, fait-on savoir de sources généralement bien informées, les autorités camerounaises auraient souscrit à une exploitation commune desdites ressources avec son géant voisin. Certainement, la rançon à payer pour avoir la paix et un peu de répit dans la zone. Etant entendu qu'à l'heure actuelle, il est difficile pour le Cameroun d'imprimer ses marques à Bakassi. L'accès à la zone est plus difficile côté camerounais que du côté nigérian, en plus, la population de la zone est essentiellement nigériane.
Toutefois, depuis le déclenchement du conflit avec le Nigeria en 1994, on sent une réelle volonté de la part de l'Etat camerounais à viabiliser et à prendre le commandement des lieux. Le gouvernement s'emploie depuis peu à y rendre accessibles les signaux de la Cameroon Radio-Television la République la République
Preuve, s'il en était besoin, que " la presqu'île de Bakassi fait partie intégrante du territoire national depuis le 14 août 2006, en application de l'Accord de Greentree, banlieue de New York, signé le 12 juin 2006 entre le Cameroun et le Nigeria ", comme on peut le lire sur le site de la Présidence la République
Remontant le cours de l'histoire, il ressort que le Cameroun et le Nigeria se disputent depuis une quinzaine d'années plusieurs territoires situés sur leur frontière commune, longue d'environ 1 800 km La Cour La Haye

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