Propos recueillis par Claude Zéba
Brûlé au 3e degré le 23 mars 2007 à Douala, Pierre Kwe parle de ses difficultés à s'adapter à sa nouvelle condition de vie et demande le secours des personnes de bonne volonté qui peuvent l'aider à se remettre de sa défiguration.
Légende : Pierre Kwe : aidez-moi !
Dans quelles circonstances s'est produit votre accident ?
L'accident dont j'ai été victime a eu lieu le 18 mars 2007 au quartier Ngodi à Douala. Nous étions au nombre de trois quand l'accident se produisait : une copine, un bébé d'un an et deux mois et moi-même. L'histoire débute par ce fait anodin : un jeudi, ma copine s'en va rendre visite à son papa puis elle retourne à la maison le même jour. Sur le chemin retour je la rencontre. Et puisqu'elle n'avait pas la clé de la maison, je rebrousse chemin avec elle et vient lui ouvrir la porte. Et nous y sommes entrés. Une fois à l'intérieur, un mystérieux et profond sommeil nous a tous emporté. Etant dans le sommeil, je suis réveillé par un bruit assourdissant. C'est alors que je m'aperçois que nous sommes envahis par les flammes. Au moment où je tente de m'échapper des flammes, je me rends compte que le bébé est encore dans le lit avec sa mère. Je tente de les sauver, et c'est à ce moment que le feu m'a complètement brûlé, comme vous pouvez le constater.
Ton épouse et l'enfant s'en sont-ils tirés de cet incendie ?
Nous avons été tous transportés à l'hôpital. Malheureusement, ils succomberont l'un après l'autre à leurs blessures. L'enfant a rendu l'âme deux jours après l'incident et sa maman, une semaine plus tard.
Quelle était l'origine des flammes ?
Jusqu'à ce jour, nous ne savons pas avec précisions ce qui a pu provoquer cet incendie. Mais d'après les sapeurs pompiers, cela serait lié à une fuite d'une bouteille de butane.
Quel a été le diagnostic des médecins en ce qui te concerne particulièrement quand on vous a transporté à l'hôpital ?
A mon arrivée à l'hôpital, on m'a administré d'abord quelques petits soins avant de me transférer aux urgences où j'ai passé trois jours. N'ayant pas les moyens pour supporter les coûts des soins, j'ai bénéficié de l'assistance de quelques âmes généreuses, ce qui a permis d'éviter le pire.
Aujourd'hui vous gardez les séquelles de cet incendie : visage, bras et une partie de votre torse complètement déformés. Que faut-il, selon votre médecin traitant, pour vous redonner votre physionomie d'antan ?
Mon médecin traitant, après consultations de plusieurs autres chirurgiens de la ville, a estimé qu'il ne pouvait pas faire mieux pour moi. Néanmoins, ils m'ont délivré un rapport médical. Un rapport qui indique d'ailleurs que la suite de mon traitement devait se poursuivre en Occident, ou tout au moins dans une structure mieux lotie que les nôtres. Concrètement, je dois subir une chirurgie esthétique et constitutionnelle.
Combien cela devrait-il vous coûter ?
Entre 50 et 60 millions de Fcfa, selon le médecin traitant le Dr Essomba.
Comment réunir autant d'argent quand vous dites n'avoir pas de d'argent ne serait-ce que pour vos premiers vos soins ?
Quand on m'a parlé de cette somme, j'ai eu les larmes aux yeux. J'ai même essayé de me suicider pensant que la mort serait mieux pour moi que d'apparaître sous la forme que vous voyez. Etant donné que je ne parviendrais jamais à réunir autant d'argent. Mais aujourd'hui, j'ai évolué dans ma pensée, c'est pourquoi je rejette l'option du suicide pour me tourner vers mes compatriotes, vers les âmes de bonne volonté, et surtout vers le couple présidentiel, Paul et Chantal Biya, pour implorer leur générosité.
Comment vivez-vous avec votre handicap aujourd'hui ?
C'est très pénible ! J'ai toujours des larmes aux yeux chaque fois que je sors. Certains de mes amis ou de mes proches qui m'aperçoivent à distance changent de direction pour éviter de me regarder en face. D'autres vont jusqu'à vouloir me rire à la face, comme si j'étais responsable de ce qui m'est arrivé…C'est dur à vivre !

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