Le ministère de Saint Paul
Abbé Joseph-Roger Lima
De tous les Apôtres, Paul estime avoir le plus travaillé aux œuvres de la foi. Apôtre des gentils, il a œuvré à la propagande de la foi en milieu païen. Au risque de sa vie, il a traversé des situations angoissantes, souffrant de faim, de soif et du dénuement, affrontant le péril et la persécution. Entre la prison et la liberté, il trouve le temps de fonder une église ou de rédiger une lettre pastorale ou dogmatique. Paul n'a connu Jésus que mort et ressuscité, il n'a pas connu Jésus de son vivant sur la terre. Et pourtant, Paul est un passionné de Jésus, et son ministère est auréolé de l'amour indéfectible qu'il éprouve pour le Christ.
Il est l'homme de la totalité, un travailleur infatigable qui ne manque pas de reprendre les communautés léthargiques : " Frères, il faut nous imiter ! Nous n'avons pas eu une vie désordonnée parmi vous, nous ne nous sommes fait donner par personne, le pain que nous mangions, mais de nuit comme de jour, nous étions au travail dans le labeur et la fatigue pour n'être à la charge d'aucun de vous… ".
Paul est un Apôtre itinérant. Voyageur charismatique et surdoué, il parcourt une partie considérable de l'Asie mineure et de l'Europe Ancienne : " Ils parcoururent la Phrygie la Parole la Mysie
Aussitôt après cette vision, nous cherchâmes à partir pour la Macédoine la Macédoine
Le livre des Actes des Apôtres retrace d'une manière détaillée, les voyages apostoliques de Paul, qui constituent l'essentiel de son ministère. Paul a le souci de la formation religieuse des communautés qu'il vient de mettre sur pied. Loin d'être un prédicateur stérile ou un administrateur des sacrements, Paul s'emploie à orienter son ministère pastoral sur l'orthodoxie de la foi et de l'authenticité de la vie ecclésiale par le rassemblement et l'unité : " Il m'a été signalé à votre sujet par des gens de Chloé qu'il y a parmi vous des discordes ". (1Cor1, 11).
Dans son ministère apostolique, Paul ne s'approprie pas les communautés qu'il érige. Il fustige au contraire toute tentative d'appropriation : " J'entends que chacun de vous dit : " Moi je suis à Paul ", et " Moi à Appolos " et " Moi à Céphas " et "Moi au Christ "… je rends grâce de n'avoir baptisé aucun de vous, si ce n'est Crispus et Caïus, de sorte que nul ne peut dire que vous avez été baptisés en mon nom ". (1 Cor2, 12-15).
Paul a bien compris le sens christologique de l'Eglise et le caractère ecclésial de la communauté chrétienne. Plus encore, il a eu une grande maîtrise sur l'identité mystique et morale du disciple, serviteur du Christ et de Dieu. Il a donné un sens profond au ministère apostolique, lui concédant un caractère ecclésial et sacramentel : " Selon la grâce que Dieu m'a accordée, tel un bon architecte, j'ai posé le fondement, un autre bâtit dessus, mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit. De fondement en effet, nul ne peut poser d'autre que celui qui s'y trouve, c'est -à dire Jésus Christ ". (1Cor 3, 10-11).
L'Apôtre fonde ainsi son ministère sur la connaissance et la découverte de la personne de Jésus Christ. Son enseignement dogmatique et profondément christologique et ecclésiologique. C'est dans ce déploiement christologique qu'il fonde une théologie des sacrements institués par Jésus et rattachés à sa personne comme enracinement. Il parfait l'anthropologie chrétienne, en faisant de l'homme un mystère de la bonté de Dieu et le temple de l'Esprit Saint : " Ne savez-vous pas que vous êtes un temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? " (1Cor3, 16).
Le ministère de Paul est assorti d'une rectitude morale admirable. Il est le chantre de la morale chrétienne, louant la vertu et dénonçant le vice ; " On entend parler que d'inconduite parmi vous, et d'une inconduite telle qu'il n'en existe pas même chez les païens ! ". (1 Cor 5, 1). L'Apôtre développera par la suite une morale des mœurs, fondement théologico- métaphysique de toute la morale chrétienne.




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