La revalorisation du SMIG : un brin d'espoir pour les travailleurs sans qualification
Claude Zéba
Au lendemain de ce que d'aucuns ont qualifié d' " émeutes de la faim " survenues en fin février 2008, les pouvoirs publics semblent résolus à relever le niveau du pouvoir d'achat de leurs concitoyens. Des décisions " salutaires " ne font que se succéder.
Le panier de la ménagère a, depuis des lustres, pris un coup de minceur. Et cela, pas besoin de se plier en quatre ou de se triturer les méninges pour le démontrer, ou pour s'en rendre compte. De plus en plus, les Camerounais, dans leur immense majorité, mangent, se soignent et/ou se vêtissent mal, fait remarquer Abdoul Tamo garagiste au quartier Brazzaville à Douala.
Fort heureusement, les autorités semblent avoir pris la mesure de la situation (à la faveur des récents événements de février, pense t-on). On en veut pour preuve le branle bas observé ces derniers mois tant du côté de la Présidence la République
Ce (re)déploiement, pour de nombreux Camerounais, prend un coup d'accélérateur avec la signature le 7 mars 2008 par le Chef de l'Etat Paul Biya de deux décrets et de deux ordonnances. Notamment l'Ordonnance N°2008/001 du 7 mars 2008 portant révision du taux du tarif extérieur commun applicable à l'importation du ciment ; l'Ordonnance N°2008/002 du 7 mars 2008 portant suspension des droits et taxes de douanes à l'importation de certains produits de première nécessité ; le Décret N°2008/100 du 7 mars 2008 portant revalorisation du taux d'indemnité de non logement servie aux personnels civils et militaires, et le Décret N°2008/099 du 7 mars 2008 portant revalorisation de la rémunération mensuelle de base des personnels civils et militaires.
Des actes enrichis et parachevés, selon des analystes, par le Décret N° 2008/2115 PM du 24 juin 2008 portant revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) dont le texte fixant le champ d'application dudit décret est rendu public six jours après sa signature, c'est-à-dire le 30 juin 2008. Ainsi, le SMIG. passe de 23.514 F 28.216 F 5 000 F la CSTC 62 000 F la CSTC
Coup d'épée dans l'eau ?
A l'observation, le lancement des actions gouvernementales visant à redonner du sourire aux citoyens, est parti il y a plus d'une dizaine d'années avec la signature, toujours par l'actuel Chef de l'Etat, de l'Ordonnance N° 94/006 du 16 février 1994 portant suspension de droits et taxes sur certains produits jugés de " première nécessité ", après la dévaluation du franc Cfa en janvier 1994. Et dans le même sillage, mais répondant cette fois aux revendications des aviculteurs qui demandaient au gouvernement de leur accorder des subventions pour relancer la filière, le Président de la République
Et baisse de 5% les droits de douane sur l'importation de cet intrant, qui constitue 70% de la provende, aliment utilisé dans l'élevage des poules. Une décision qui s'étend également sur d'autres produits dits de " première nécessité ", mais qui, à l'instar de la précédente décision, restera lettre morte. Obligeant les autorités camerounaises à prendre les mesures des 7 mars et 24 juin 2008 qui, elles aussi, éprouveraient d'énormes difficultés à se mettre sur les rails.
Du coup, on est amené à se demander qu'est-ce qui fait problème ? La réponse la plus juste est donnée par cet enseignant de la Faculté

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