Editorial : Semer l'espérance pour l'avènement d'un Cameroun renouvelé
Sylvestre Ndoumou
L'actualité récente dans notre pays montre que le tableau s'assombrit au fil des jours. Tout semble indiquer que les initiatives qui sont prises s'apparentent au mythe de Sisyphe.
Sisyphe est un personnage de la mythologie grecque qui, pour avoir osé défier les dieux, fut condamné à rouler éternellement dans le Tartare, un caillou jusqu'en haut d'une colline, alors qu'il redescendait chaque fois avant de parvenir à son sommet, tel que raconté dans l'Odyssée. Le mythe de Sisyphe, c'est ce à quoi ressemblent les actions entreprises par les autorités de l'Etat.
Plus un combat est engagé contre tel ou tel phénomène, plus on constate qu'il y a recrudescence. Ceux qui lisent la presse peuvent en témoigner. L'Opération Epervier ne semble pas avoir tempéré les ardeurs des détourneurs de fonds publics. Tout récemment, un haut responsable s'est enfui avec 100 millions de FCfa, tandis que d'autres, pour des larcins qu'ils croyaient passer inaperçus, viennent d'être convoqués au Contrôle supérieur de l'Etat.
Dans les transports, la suspension en cascade de certaines agences de voyage n'a pas mis fin au carnage quotidien sur nos routes. Au contraire, les accidents se multiplient à un rythme inquiétant. L'on signale ainsi le temps d'un week-end, environ 20 morts à Edéa, Lowé, Maroua. Pendant ce temps, les permis de conduire sont vendus comme des biscuits par des responsables dont l'impunité scandalise, tandis que les forces de l'ordre ferment volontairement les yeux sur la mafia qui se fait autour des vraies fausses visites techniques des véhicules.
Sur le plan de la sécurité, le déploiement des forces de l'ordre, aptes à brutaliser des populations sans défense, ne décourage point les malfaiteurs. Les morts d'Akwa à Bakassi, les dix personnes assassinées par les coupeurs de route dans l'arrondissement de Taïbong dans l'Extrême Nord, les braquages quotidiens des institutions bancaires, des structures économiques, et des domiciles privés, montrent que la situation n'incite guère à l'optimisme.
Sur le plan économique, les autorités semblent prêcher dans le désert. Les mesures prises pour lutter contre la vie chère ne prospèrent point. Des commerçants véreux opposent une vive résistance aux prix homologués au grand dam des populations qui ne savent plus à quel saint se vouer.
Que faire face à tant d'adversités ? Le journal catholique ne dispose pas de solutions miracles. Notre devoir est de rappeler à temps et à contre temps, l'exhortation de l'Eglise à la conversion pour que règne la sérénité dans notre pays. Nous pouvons nous convertir non par facilité, mais par nécessité, non par mise en demeure, mais par mise en forme, non par soumission à la force, mais par obéissance à notre foi. Se convertir, c'est-à-dire changer de mentalité, beaucoup plus que de direction, découvrir en soi le tout autre, plutôt que devenir soi-même tout autre.
Le Pape Benoît se veut plus précis : " Se convertir, signifie par conséquent : ne pas vivre comme tout le monde vit, ne pas faire ce que tout le monde fait, ne pas se sentir justifié en accomplissant des actions douteuses, ambiguës ou mauvaises par le fait que les autres font de même; commencer à regarder sa propre vie avec les yeux de Dieu ; donc, chercher le bien, même s'il est dérangeant : ne pas s'en remettre au jugement des multitudes, des hommes, mais au jugement de Dieu’’.
Autrement dit : chercher un nouveau style de vie, une vie nouvelle. Chercher une vie nouvelle, c'est refuser de coopérer avec les bandits et les malfaiteurs qui sèment l'insécurité dans notre pays, c'est dire non à la corruption et aux détournement des fonds publics, c'est travailler dans la charité pour l'avènement d'un Cameroun où il fera bon vivre pour tous ses fils.
Dans ce cas, nous pourrions alors dire que rien n'est perdu, tout est possible ! Dans un esprit patriotique, chaque citoyen devrait adhérer à ce qui se fait de bien pour les populations, et refuser de pactiser avec ceux qui ruinent nos espoirs, et donnent le meilleur d'eux-mêmes à éteindre la lumière qui devrait briller sur le Cameroun, ou alors, travaillent avec férocité pour mettre sous le boisseau, les rayons de soleil qui devraient revigorer des populations assommées depuis tant d'années par une existence marquée au fer rouge par l'insécurité alimentaire, le chômage, l'injustice et le tribalisme sournois.
Dans la multitude de maux qui nous accablent, des fléaux qui bloquent tout développement, des arrestations et incarcérations de présumés détourneurs de fonds publics, de l'incertitude qui plane sur le rapatriement des fonds détournés et planqués dans les pays occidentaux, chaque Camerounais devrait être un semeur d'espérance en vue de l'avènement d'un Cameroun renouvelé. C'est cette espérance qui nous aide à tenir dans ce contexte de tant de mauvaises nouvelles.
C'est pourquoi l'Eglise éclaire notre apostolat par la plume à travers ces paroles : " L'espérance chrétienne ne signifie pas une vie dans les nuages, le rêve d'un monde meilleur. Elle n'est pas une simple projection de ce que nous voudrions être ou faire. Elle nous porte à voir les semences de ce monde nouveau déjà présentes aujourd'hui, à cause de l'identité de notre Dieu, à cause de la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. Cette espérance est en plus une source d'énergie pour vivre autrement, pour ne pas suivre les valeurs d'une société fondée sur le désir de possession et de compétition’’.




slt a toute l´equipe de l´effort, je voudrai juste ce qu´est devenu le pere Antoine Tchonang ancien rec du journal?
Rédigé par: onduoa jaque | le 13/07/2008 à 19:02
Je n'ai pas de commentaire à faire. Dans ton éditorial, tu mentionnes le fait qu'un responsable se soit volatilisé avec la rondelette somme de 100.000000 de francs cfa. Peut- on avoir l'identité de la personne. La destination empreintée, son lieu de service précédent et d'autres informations capitales dans cette information.
Rédigé par: ondoua armand | le 14/07/2008 à 03:53