Propos recueillis par Claude Zéba
La semaine précédant la célébration de la Journée
internationale des réfugiés, l'Association des réfugiés sans frontières (ARSF) a appelé au boycott des festivités organisées par le HCR à l'occasion de cet événement. Il évoque ici les raisons de cet acte, tout en demandant l'arrêt de la mascarade servie chaque année par l'institution onusienne à l'opinion.
Pourquoi appelez-vous les structures traitant des questions des réfugiés à boycotter les festivités organisées par le HCR à l'occasion de la Journée
internationale des réfugiés 2008?
Nous boycottons et appelons au boycott pour deux raisons. La première c'est que la situation des réfugiés au Cameroun est caractérisée par une précarité renforcée et un avenir incertain. La deuxième raison c'est que le gouvernement a la responsabilité de mettre en œuvre la loi n° 2005/006 du 27 juillet 2005 relative au statut du réfugié, promulgué par le Président de la République. Malheureusement
, jusqu'à ce jour, nous continuons d'attendre le décret d'application de cette loi. Il n'existe pas de Commission nationale chargée des questions des réfugiés, il n'y a pas de Commission de recours pour le réfugié, et donc pas de disposition qui prévoit une marge budgétaire allouée aux réfugiés. Cela n'empêche cependant pas qu'on vienne servir du menu fretin aux réfugiés dans le seul but de les distraire ou de les détourner des questions essentielles. Nous pensons qu'organiser des festivités où on vient manger, boire et prononcer de beaux discours pour faire croire à l'opinion que les réfugiés du Cameroun sont bien traités, c'est de la tricherie, de la mascarade. C'est pourquoi nous refusons de composer avec eux. Nous refusons d'être instrumentalisés. Au lieu de s'occuper des gens tout au long de l'année, les responsables du HCR n'attendent que l'approche du 20 juin pour s'acquitter de leurs tâches. Alors que toute l'année, les réfugiés sont abandonnés à eux-mêmes et personne n'en parle. Aujourd'hui, tout le monde sait ce qui se passe avec les réfugiés tchadiens parqués comme des animaux à Langui, dans le département de la Bénoué. C'est
très grave… Le gouvernement camerounais et le HCR ont décidé de déplacer les réfugiés de Maltam pour Langui parce que, disaient-ils, le camp de Maltam était très proche de N'djaména. Ils les ont ramenés à plus de 400 km
de là. Sans qu'ils aient pris la peine de préparer le terrain. Il y a 2200 personnes qui y sont jetés en pâture, d'autres suivront. Elles sont sans logis, ni eau ni nourriture. C'est ce explique le soulèvement de ces réfugiés il y a quelques semaines. Ce sont les citoyens de la localité qui essayent de leur venir en aide avec leurs pauvres moyens. Et puis, ces villageois ne sont pas habitués à ce genre de populations. Il y a des risques d'affrontements à la longue, entre réfugiés et les populations locales. Parce que ventre affamé n'a point d'oreilles.
Tel que vous décrivez la situation, il ressort que le problème ne date pas d'aujourd'hui. Pourquoi avoir attendu seulement cette année pour le dénoncer ?
Ce n’est pas la première fois. Nous avons toujours appelé au boycott de cette manifestation. Même en 2005 quand les réfugiés et les demandeurs d'asile se sont soulevés à Yaoundé pour revendiquer leurs droits. Le HCR, à l'occasion, avait délocalisé cette fête pour venir la célébrer à Douala. Nous l'avons boycottée. Parce que nous pensons que depuis que nous sommes là, ni le gouvernement ni même le HCR, ne font suffisamment d'efforts pour s'occuper des réfugiés. Nous sommes les défenseurs des Droits de l'homme, nous continuons à faire pression sur les décideurs pour que les choses changent.
Qu'attendez-vous concrètement du HCR et du gouvernement camerounais ?
Que le HCR revoit à la hausse la pitance accordée aux réfugiés, qu'il prenne véritablement en charge la santé, l'éduction,… dans des proportions acceptables pour tous. Voilà, en gros, ce que nous demandons. Le HCR s'occupe déjà de la santé et de l'éducation des enfants. Mais c'est insuffisant pour des gens qui manquent de tout. Tenez par exemple, pour une famille de cinq enfants, le HCR ne prend en charge et de manière insignifiante, que la scolarisation d'un seul enfant. Les quatre autres sont abandonnés à eux-mêmes. Au niveau primaire, le HCR accorde une bourse de 25000 F
.CFA par enfant. Vous conviendrez avec moi que cet argent ne couvre pas les frais des fournitures scolaires, de restauration, de taxi, encore moins d'habillement de l'enfant sur une année scolaire. Sur le plan de la santé, le HCR ne va pas au-delà de 200 000 F
.CFA. Si vos dépenses de santé dépassent cette somme, vous devez trouver le surplus par vous-même. De plus, ceux qui souffrent des maladies des yeux ne sont pas pris en charge. Aussi, le HCR accorde des prêts pour des micros projets à hauteur de 50 000 F
.CFA. C'est dérisoire. Imaginez quelqu'un qui a des arriérés de loyer, ou d'autres dettes ou encore qui ne mange pas à sa faim. Que va-t-il pouvoir faire avec cette somme ? Si le HCR a des problèmes de trésorerie, il n'a qu'à fermer. Nous refusons de penser qu'il manque de moyens. Parce que les responsables s'engraissent sur notre dos. Nous les voyons, tout le monde les voit. D'où leur viennent les moyens pour se taper ce train de vie princier, si ce n'est l'argent des réfugiés ? Autant de raisons qui nous poussent à boycotter les festivités du HCR. Nous profitons de vos colonnes pour appeler le gouvernement, de même que l'ONU qui a placé le HCR ici à prendre leurs responsabilités. Parce que si le personnel qui est en place est défaillant, il vaut mieux le changer avant qu'il ne soit trop tard.
Ne craignez-vous pas qu'en boycottant le HCR, les réfugiés ne soient privés même du peu qui leur est accordé à ce jour, ce qui compliquerait davantage leur situation ?
Si le gouvernement et le HCR se sentent incapables de faire mieux en l'état actuel des choses, ils n'ont qu'à le faire savoir. Au moins là, on sera situé, et la communauté internationale tirera les conclusions qui s'imposent et verra dans quelle mesure relancer la machine. Je vous citerais l'exemple du Gabon. Un jour, le ministre gabonais de l'intérieur a déclaré que son pays n'était pas préparé à accueillir les réfugiés. Les pays tels que les Etats-Unis, le Canada, la Suède
,... les pays épris de paix et de justice, ces pays qui défendent les droits de l'homme, ont accueilli ces réfugiés qui étaient destinés au Gabon. Un réfugié, ce n'est pas un chercheur d'emploi. C'est quelqu'un qui a été poussé hors de son pays par des dictateurs, par les violences de la guerre. A ce titre, il ne devrait pas être traité comme un chercheur d'emploi ou un aventurier.
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Rédigé par : brejmkp tszvxo | 31/07/2008 à 22:20
je voudrais ici remercier le responsable des réfugiés pour cette analyse correcte et sans faille.je suis tchadiens et présentement au Tchad.je suis victime de la mascarade camerounaise en concert avec le HCR Cameroun.Il ya de quoi pour que le HCR au Cameroun ferme ces portes.je le repette pour une meilleure audition qu'un réfugié n'est pas un chercheur d'emploi ni un aventurier plus encore un mandiant. Ce que les Cameroun et le HCR Cameroun ont fait aux réfugiés Tchadiens Dieu leur demandera Compte un jour.
Merci.
Rédigé par : Joseph Tignimo | 19/11/2008 à 06:01
Bonjour,par cette présente je viens tres respectueusement vous demander l'adrèsse complète de l' HCR CAMEROUN DOUALA ET YAHOUNDE ,Comptant sur votre reponse propice veuillez agrée mes considerations les plus distinguées !!!!SALUTATIONS
Rédigé par : loubelo robert hyacinthe | 24/12/2008 à 03:16
Sehr wertvolle Informationen! Empfehlen!
Rédigé par : gesundheit | 11/03/2009 à 10:05
JE SUIS CAMEROUNAISE LES CRITIQUE SONT LES BIENVENUES DANS NOTRE PAYS.MAIS COMME VOUS POUVEZ LE CONSTATER NOUS AVONS AUSSI NOS PROBLEMES ET LES VOTRE NE NOUS LAISSENT PAS INDIFERENT MALGRE LA LENTEUR DANS LA RESOLUTION. JE CROIS QUE LE GOUVERNEMENT CAMEROUNAIS PREND EN COMPTE VOS REVENDICATIONS VOUS N'AVEZ QU'AVOIR AVEC LE ADOPTION DE LA LOI DE 2005 MALGRE QUE SON APPLICATION TARDE MAIS COURRAGE.il faut aussi le voir nous sommes l'un des rarre pays de la sous région Afrique central à faire autant dont aider nous à vous aider
Rédigé par : christel | 11/12/2009 à 06:31