De nouveaux médicaments contre le paludisme sur le marché
Claude Zéba
Deux jours durant, du 21 au 22 avril 2008, les hommes et les femmes des médias de la province du Littoral ont vu leurs capacités en matière de sensibilisation des masses sur l'utilisation correcte de ACT (Artemisinin based combined therapy en anglais, ou Combinaisons thérapeutiques à base d'Artémisinine) renforcées à la faveur d'un séminaire organisé par le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), avec le concours de la Délégation la Journée
Le paludisme ou malaria, on ne le dira jamais assez, est un fléau tant pour la communauté mondiale que pour le Cameroun. Les statistiques sont à ce propos plus que parlants. Il fait plus d'un million cinq cents (1 000 500) cas pour plus de trois mille décès dans les formations sanitaires par an.
C'est une maladie qui représente à elle seule près de 50% des consultations dans les formations sanitaires des zones endémiques, 23% des hospitalisations et 35 % des décès d'enfants de moins de 5 ans, et est cause de nombreux disfonctionnements tant chez le sujet porteur du parasite que dans la société : séquelles à type d'épilepsie et des difficultés d'apprentissage liées aux troubles psycho-moteurs qui engendrent à leur tour l'arrêt des fréquentations des classes ou des lieux de travail.
Les couches les plus touchées, disent les experts, sont les femmes enceintes (56, 9%), les enfants de moins de 5 ans (45, 7%) et 40 % des enfants de plus de 5 ans sont exposés au paludisme. Elle absorbe 40% du budget annuel de santé des ménages, et représente 26 % des arrêts maladies en entreprise. Ce qui réduit la productivité des travailleurs et partant, la croissance de l'économique du pays. Toute chose qui a amené les autorités à classer cette pathologie au rang de premier problème de santé publique.
A l'échelle planétaire, le paludisme tue plus d'un million de personnes par an dont près de 90% en Afrique. Un enfant africain de moins de cinq ans en meurt toutes les 30 secondes. A ce titre, il passe pour être la quatrième cause de mortalité des enfants en Afrique, devant le redoutable SIDA. Les pertes liées à cette maladie seraient de l'ordre de 12 milliards de dollars américains par an pour le seul continent africain.
Pour couronner le tout, l'OMS avance le chiffre de 350 à 500 millions de cas de crises de paludisme enregistrées chaque année dans le monde. Notamment dans les 82 pays endémiques les plus touchés par la maladie : l'Afrique, l'Amérique latine et l'Asie du Sud-Est. Pire, l'agent vecteur de la maladie avait réussi à développer des résistances aux anciens antipaludéens.
Tous les ingrédients sont donc réunis pour que le Cameroun, de concert avec la communauté mondiale, lance une croisade contre ce fléau qui n'a que trop perduré. C'est ainsi qu'est née, en 1998, l
Une mobilisation qui justifierait, selon les observateurs, l'institution par l'ONU, de la Journée la Journée
Nouveaux protocoles de traitement
Face à la résistance de la maladie aux traitements (en monothérapie) administrés jusqu'à une date récente, les experts ont pu mettre sur le marché en 2004 de nouveaux protocoles de traitement, les ACT, capables de venir à bout de la maladie (en quelques jours seulement de traitement) en cas de crise de paludisme sous sa forme la plus simple. Un produit commercialisé au Cameroun depuis le 19 février 2007.
Plus connu sous le sigle ACT en anglais (Artemisinin based combined therapy), ces nouveaux protocoles sont des combinaisons thérapeutiques à base d'Artémisinine, médicaments efficaces, si l'on s'en tient à l'Organisation Mondiale de la Santé la Santé
C'est dans ce sillage que deux types d'ACT seront retenus au Cameroun : les combinaisons Artesunate + Amodiquine (ou falcimon kit et arsucam) et l'Artémether + lumefantrine (encore appelé Coartem). Ils sont disponibles aux lieux et prix ci-dessous indiqués (voir tableau) et sont administrés selon une posologie qui varie en fonction de l'âge et du poids du patient.
Et c'est donc pour permettre à la population de faire un usage " correct " desdites combinaisons, qu'un séminaire a été organisé la semaine dernière à l'intention des journalistes, considérés à juste titre comme des relais entre le Programme et le public. Séminaire au cours duquel ces professionnels de la plume et du micro seront renseignés sur les notions élémentaires liées à la maladie, ainsi que sur la meilleure façon de communiquer sur l'utilisation des nouveaux antipaludéens.
Définition et symptômes
Le paludisme, jadis considéré comme une maladie des zones tropicales avant d'étendre ses tentacules au reste du monde, est une maladie grave, multiforme et mortelle. L'agent vecteur de cette maladie (le plasmodium) est le plus souvent transmis par les piqûres d'un moustique, l'anophèle femelle, qui a besoin de sang pour entretenir ses œufs. Mais on peut aussi en être victime par la contamination de la mère au fœtus, lors d'une greffe ou lors d’une transfusion sanguine.
Les symptômes les plus courants sont : fièvre, fatigue, maux de tête, troubles digestifs, frissons, douleurs articulaires, pertes d'appétit, nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée chez les tout petits... A ces symptômes, s’ajoutent parfois des manifestations plus graves, telles que la température très élevée (supérieure à 40°c), l'anémie sévère, le coma, les convulsions généralisées, l'hypoglycémie, l'insuffisance rénale, les infections sévères, les hémorragies, urines rares, urines noires ou coca-cola, difficultés respiratoires, froideurs des extrémités, coloration jaune des yeux, des paumes de mains et des plantes de pieds...
Dès que l'un de ces signes est décelé chez un sujet, il est conseillé de se rendre dans le Centre de santé le plus proche pour une prise en charge correcte qui consiste à identifier la maladie par un diagnostic biologique et/ou clinique, et à administrer un traitement adéquat dans les meilleurs délais (moins de 24 heures) pour éviter une issue fatale.
Mais tout compte fait, préviennent les spécialistes, mieux vaut toujours prévenir que lutter contre la maladie. Une prévention qui passe par l'assainissement du cadre de vie de la population et l'utilisation des moustiquaires imprégnées distribuées gratuitement sur toute l'étendue du territoire aux enfants de moins de cinq ans et aux femmes enceintes.
Tableau des prix des médicaments selon qu'on se les procure dans les formations sanitaires publiques, les pharmacies ou dans le sous-secteur privé pharmaceutique à but non lucratif
Dans les formations sanitaires publiques |
Présentation du médicament |
Prix (en F Cfa) |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 3 + 3 |
140 | |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 6 + 6 |
230 | |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 12 + 12 |
400 | |
Artéméther + Luméfantrine comprmés (20 + 120) mg blister 6 x 1 |
280 | |
Artéméther + Luméfantrine comprmés (20 + 120) mg blister 6 x 3 |
500 | |
Artéméther + Luméfantrine comprmés (20 + 120) mg blister 6 x 4 |
600 | |
Dans les pharmacies d’officine |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 3 + 3 |
235 |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 6 + 6 |
385 | |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 12 + 12 |
665 | |
Artéméther + Luméfantrine comprimés (20 + 120) mg blister 6 x 1 |
470 | |
Artéméther + Luméfantrine comprimés (20 + 120) mg blister 6 x 3 |
830 | |
Artéméther + Luméfantrine comprmés (20 + 120) mg blister 6 x 4 |
1000 | |
Dans le sous secteur privé pharmaceutique à but non lucratif |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 3 + 3 |
175 |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 6 + 6 |
285 | |
Artésunate + Amodiaquine comprimés (50 + 153) mg coblister 12 + 12 |
490 | |
Artéméther + Luméfantrine comprimés (20 + 120) mg blister 6 x 1 |
345 | |
Artéméther + Luméfantrine comprimés (20 + 120) mg blister 6 x 3 |
615 | |
Artéméther + Luméfantrine comprmés (20 + 120) mg blister 6 x 4 |
735 |




Commentaires