BENOIT ESSIGA, PRESIDENT DE LA CONFEDERATION GENERALE DES TRAVAILLEURS : '' Que le gouvernement cesse d'organiser la fête du travail ! ''
Propos recueillis par Gildas Mouthé
la CGT
A l'occasion de la fête internationale du travail qui se célèbre le 1er mai, L'Effort camerounais est allé à la rencontre de M. Benoît Essiga. Dans une interview riche et franche, le président de
Monsieur le président, l'édition 2008 de la fête internationale du travail consacre une place de choix à la sécurité du travailleur. Quel commentaire vous inspire le choix de cette thématique ?
Je pense qu'en premier lieu, il faut savoir à qui est destiné cette thématique. Concerne t-elle les travailleurs, le patronat ou le gouvernement ? Donc pour moi, il faudrait qu'on sache sur quoi ce thème repose. Est-ce qu'il y a des choses qui démontrent aujourd'hui par exemple qu’il y a plus d'accidents sur les lieux de travail que les bas salaires, la précarité de l'emploi, et moins de liberté syndicale dans notre pays ? Je pense que ce sont des éléments assez importants dans un socle.
Avez-vous l'impression que la sécurité du travailleur camerounais soit une préoccupation majeure pour le patronat et les autorités ?
L'insécurité vient de la précarité d'abord. Donc, quand on parle de précarité de l'emploi, il y a tout ce qui recouvre cette thématique. La précarité peut se matérialiser par les bas salaires qui ne permettent pas d'avoir un pouvoir d'achat suffisant. La précarité peut-être liée au statut même du contrat entre le travailleur et son employeur. Bref, ce sont toutes ces choses qui ne vont pas dans le sens de donner une certaine force psychologique aux travailleurs. Et lorsque le moral est touché, vous avez beau avoir toutes les mesures de sécurité, l'accident surviendra inéluctablement. C'est donc dire que l'environnement moral du travailleur peut avoir des répercussions sur la sécurité au sein de l'entreprise.
Que répondez-vous à ceux qui estiment que la fête internationale du travail a cessé d'être un moment de réflexion pour devenir un évènement purement folklorique ?
Je réponds qu'au Cameroun, le réflexe de parti unique demeure. C'est l'un des vestiges du parti unique qui se prolonge depuis 1991, et l'établissement de la pluralité politique. Cette commémoration continue d'être faite comme lorsque nous étions sous le régime du parti unique, c'est-à-dire, lorsque les travailleurs étaient des sujets du parti au pouvoir et ne pouvaient agir que sur la base des ordres donnés par celui-ci. Toutes les manigances consistent encore aujourd'hui à voir défiler les travailleurs comme de petits soldats devant le patronat et les autorités. Une fois la mise en scène achevée, les pauvres travailleurs retournent à leurs besognes quotidiennes. Pour tout dire, en ce qui concerne ma Confédération syndicale à savoir la CGT Liberté 1972 a




Commentaires