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REVISION DE LA CONSTITUTION : Le projet de loi du gouvernement passe comme une lettre à la poste

Claude Zéba      

Le texte introduit le 5 avril dernier à l'hémicycle de Ngoa-Ekellé pour examen et adoption du projet de loi portant modification de

la Constitution

du18 janvier

1996 a

été voté le 10 avril 2008 par les élus réunis en séance plénière.

157 voix  " pour " et 5 " contre ", c'est le résultat du vote organisé à l'issue de l'examen du projet de loi portant modification de

la Constitution

introduit par le gouvernement. Des 157 députés du peuple ayant approuvé ledit projet, 151 appartiennent au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) du Président Paul Biya.

Les 6 autres voix " pour " sont issues de leur allié de toujours, l'Union Nationale pour

la Démocratie

et le Progrès (UNDP), une formation politique dirigée depuis sa création dans les années 1990 par Bello Bouba Maïgari, actuel ministre d'Etat, Chargé des Postes et Télécommunications.

Les cinq élus ayant choisi de ramer à contre courant du projet de modification de

la Constitution

proviennent de l'Union Démocratique du Cameroun (4) et du Mouvement Progressiste (1). Le groupe parlementaire du Social Democratic Front (SDF) ayant opté quant à  lui pour la politique de la chaise vide, dénonçant au passage un " hold-up démocratique ".

Ce qui veut dire en clair que des six articles de la loi fondamentale concernées par les innovations proposées par le gouvernement, cinq (les articles 6, 14, 15, 53 et 67) ont été examinés et adoptés dans leur forme telle que proposée par le gouvernement.

Seul l'article 51 (1) a été amendé par le plénipotentiaire du gouvernement. Ainsi, au lieu de lire cet article ainsi qu'il suit : " Les 11 membres du Conseil Constitutionnel sont désignés pour un mandat de six (6) ans non renouvelable " comme initialement édicté, lire plutôt : " Les 11 membres du Conseil Constitutionnel sont  désignés pour un mandat de six (6) ans éventuellement renouvelable ".

Toutefois, à en croire des sources dignes de foi, le vote du projet de loi gouvernemental de ce 10 avril était entaché de quelques irrégularités. Le député RDPC du département de

la Manyu

dans le Sud Ouest, Ayah Paul Abine étant absent au moment du vote a vu portant sa voix comptabilisée.

Alors même que l'intéressé déclare n'avoir pas laissé de procuration, encore moins des consignes de vote à qui que ce soit. Sa collègue, Mme Monjowa Lifaka Emilia, député RDPC du Fako Ouest, ayant voté en lieu et place de Ayah Paul Abine.

Pour de nombreux observateurs, le RDPC et ses alliés  viennent de réaliser un grand coup : assurer une présidence à vie au Président Paul Biya, de même qu'une immunité sans borne au cas où... Cela, en dépit des protestations vigoureuses d'une bonne frange de la population.

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