Sylvestre Ndoumou
Au moment où nous allions sous presse, nous avons appris les arrestations de Polycarpe Abah Abah (ancien ministre des l'Economie et des Finances) et Urbain Olanguena Awono (ancien ministre de la Santé Publique
Le gouvernement n'a pas encore clarifié les raisons pour lesquelles ces personnalités ont été arrêtées. On peut cependant supposer que c'est dans le cadre de l'Opération Epervier, lancée contre les gestionnaires indélicats des fonds publics.
En attendant d'être plus édifié sur cet événement, relisons avec beaucoup d'attention, cet extrait de l'homélie de l'Archevêque de Douala, le Cardinal Christian Tumi, à l'occasion de la Journée la Paix
La criminalité, la délinquance, le banditisme, le pillage économique, ne cessent de s'aggraver. Le Cameroun a encore repris sa ''place'' de premier pays le plus corrompu au monde ! On oublie que l'injustice possède en elle-même sa propre punition. Il y a des événements qui devraient faire réfléchir plus d'un Camerounais… Je loue les efforts du gouvernement dans sa lutte contre la corruption et la délinquance économique de certains dirigeants qui se croient intouchables.
Je félicite les magistrats qui travaillent comme le prophète, au risque de leur progrès professionnel et même de leur vie, dans le respect de leur conscience et de la loi devant laquelle tous les Camerounais sont égaux.
Mais, je m'interroge toujours sur les retombées des sanctions prises contre tel concitoyen sûrement coupable de corruption, et de détournements des biens publics.
Mes questions sont certainement celles que la plupart d'entre vous se posent. Elle se résument en quelques mots : " C'est bien d'arrêter et de mettre en prison ceux qui détournent les fonds publics. Mais nous aimerions savoir combien ils ont rendu à l'Etat ? Combien ils ont restitué dans les caisses de l'Etat qu'ils ont pillées ? "
L'Eglise Catholique enseigne que " la réparation de l'injustice commise exige la restitution du bien dérobé à son propriétaire : Jésus bénit Zachée de son engagement : ''Si j'ai fait du tort à quelqu'un, je lui rends le quadruple.'' Ceux qui, d'une manière directe ou indirecte, se sont emparés d'un bien d'autrui, sont tenus de le restituer, ou de rendre l'équivalent en nature ou en espèce, si la chose a disparu, ainsi que les fruits et avantages qu'en aurait légitimement obtenu son propriétaire.
Sont également tenus de restituer à proportion de leur responsabilité et de leur profit tous ceux qui ont participé au vol en quelque manière, ou en ont profité en connaissance de cause ; par exemple ceux qui l'auraient ordonné, ou aidé, ou recelé. " (Catéchisme de l'Eglise Catholique N° 2412). A méditer.

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