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« Le Père Meinrad Hebga rappelé à Dieu | Accueil | Une, édition N° 425, du 5 au 18 mars 2008 »

Editorial : Revendication légitime, dangereux dérapages !

Sylvestre Ndoumou

Les derniers événements qui viennent de mettre la paix et la sécurité de notre pays à rude épreuve, sont encore à nos yeux, un cauchemar qui ne sera pas oublié de si tôt. Comme dans un mauvais rêve, les citoyens épris de paix et de justice ont encore du mal à comprendre les violences inexplicables qui ont transformé le mot d'ordre de grève lancé par les syndicats des transporteurs en déclaration de guerre contre le peuple camerounais.

Pourtant chaque Camerounais se reconnaît dans la cherté du prix du carburant à la pompe, la hausse constante des prix des denrées de première nécessité, et la dégradation des conditions de vie. Mais aujourd'hui, nous sommes tous dans la douleur et la souffrance. Certains ont injustement perdu un être cher dans ces violences aveugles, d'autres ont été menacés dans leur intégrité physique, certains, après le pillage de leurs biens, ont perdu le fruit de longues années de labeur.

Pourtant, la revendication en elle-même était légitime. Depuis près d'une vingtaine d'années, les Camerounais, toutes catégories sociales confondues, vivent dans des conditions de précarité incroyable. La crise économique a tout dévasté sur son chemin.

Les entreprises ont fermé à la pelle, l'emploi se fait rare, les jeunes diplômés sont contraints de vieillir dans le chômage, les prix des denrées alimentaires connaissent une hausse régulière, le prix d'une boîte d'arachide, d'un kilogramme de poisson ou de viande est hors de portée des bourses moyennes. Peu de citoyens peuvent se permettre d'assurer leurs frais médicaux…  D'une manière générale, " le pouvoir d'achat de la population tend vers zéro.

La vie devient excessivement chère, non seulement pour les produits importés, mais même pour les biens nécessaires à la vie de tous les jours que l'on trouve sur place ", comme l'ont souligné les Evêques du Cameroun, dans leur Lettre Pastorale sur la crise économique dont souffre le pays en 1990. Pour ces raisons, nous croyons que le mot d'ordre de grève lancé par les syndicats n'était en réalité que le relais des lamentations du bas peuple depuis des décennies, mais auquel personne ne semble prêter une oreille attentive.

Dangereux dérapages

La revendication pourtant légitime des syndicats a donné lieu à d'incroyables exactions. Des hordes de jeunes ont fait régner la terreur, en orchestrant  la casse et le pillage ici et là à travers le territoire national. Est-ce encore au nom de l'amélioration des conditions de vie des citoyens qu'ils agissaient ? Nous en doutons.

On ne peut pas piller des structures économiques, paralyser le fonctionnement de l'Etat, empêcher aux enfants d'aller à l'école, empêcher aux malades de se rendre dans les hôpitaux, instaurer un climat de terreur et d'insurrection pour obtenir de meilleures conditions de vie. A regarder de près, tout a été mis en œuvre pour installer le chaos dans notre pays ! Ce sont des actes que toute personne de bonne volonté devrait condamner.

Tous coupables

La crise que traverse actuellement  notre pays, est la conséquence de plusieurs facteurs visibles et invisibles dont le cocktail finit toujours par provoquer une explosion à la moindre étincelle. Tous, nous sommes coupables à des degrés divers. Nous en sommes arrivés là parce que nos gouvernants ne prennent pas en compte les doléances du peuple. Promesses fallacieuses, injustice, favoritisme,  corruption, insensibilité aux souffrances du peuple…

Si aucune réponse positive et efficace n'est  donnée au problème du chômage des jeunes, lorsque le peuple croule sous le poids des taxes et impôts, il n'est pas difficile que l'accumulation de tant de frustrations aboutisse à des débordements que nous venons de vivre dans notre pays. C'est pourquoi, le Pape Benoît XVI, nous interpelle en ces termes : " En respectant la personne, on promeut la paix, et en bâtissant la paix on jette les bases d'un authentique humanisme intégral. C'est ainsi que se prépare un avenir serein pour les nouvelles générations ".   

Le dialogue   

Au milieu des cris et des lamentations qui expriment notre souffrance, il est donc urgent, même dans le cadre des difficultés actuelles et des tensions y relatives, de s'engager pour donner vie à une écologie humaine qui favorise la croissance de l'arbre de la paix. Favoriser la croissance de l'arbre de la paix, c'est mettre en place les bases d'un dialogue fécond avec les jeunes et les populations. Ceux qui nous gouvernent doivent descendre de leur piédestal pour écouter, échanger et dialoguer avec leurs concitoyens, afin qu'ils n'aient pas le sentiment d'être abandonnés à eux-mêmes, comme le dit Arthur de Gobi Near (1816-1882) :

"Un peuple a toujours besoin d'un homme qui comprenne sa volonté, la résume, l'explique et le mène où il doit aller". Mais, pour comprendre le peuple, il faut nécessairement le dialogue. Un dialogue ne peut exister sans une approche à même de "fédérer" toutes les couches de la société pour le même objectif. Accepter de dialoguer, c'est d'abord un état d'esprit. Une acceptation de l'autre et de la différence. Le dialogue suppose au moins deux qui font le "serment" de s'écouter, de s'entendre et de se comprendre.

Le contraire, c'est ce qu'on pourrait appeler "le dialogue de sourds" où l'émetteur ne reçoit aucune réponse à son message ou s'il la reçoit, c'est aux antipodes de ce qu'il souhaiterait recevoir. Dans tous les cas, le dialogue valeur cardinale de la culture ancestrale, a fait ses preuves. L'arbre à palabre aux temps de nos grands parents était une occasion pour effectivement "palabrer", mais en fin de compte le dialogue aidant, les problèmes trouvaient leurs solutions. Les conflits naissent, d'abord faute de dialogue, grandissent faute de dialogue, s'éternisent faute de dialogue.

Construire la paix

Il est urgent que chaque citoyen de notre pays devienne un défenseur acharné de la paix, quelle que soit sa condition sociale. Pendant les moments d'incertitude et de doute, chacun de nous a pu se rendre compte de la beauté de la paix, de la préciosité de la paix. Ne jouons pas avec la paix dans notre pays, c'est un jeu dangereux dont personne ne peut mesurer les conséquences. Le Pape Benoît XVI adresse à  toutes les personnes de bonne volonté cette interpellation, afin que nous devenions des apôtres de paix dans nos différents milieux de vie :

" Que tout chrétien se sente engagé à être un infatigable ouvrier de paix et un vaillant défenseur de la dignité de la personne humaine et de ses droits inaliénables. Dans un esprit de gratitude envers le Seigneur pour avoir été appelé à faire partie de son Église qui est, dans le monde, " signe et sauvegarde de la transcendance de la personne humaine ", le chrétien ne se lassera jamais d'implorer du Seigneur le bien fondamental de la paix, qui a tant d'importance dans la vie de chacun.

De plus, il éprouvera la fierté de servir avec un généreux dévouement la cause de la paix, allant à la rencontre de ses frères, spécialement de ceux qui, non seulement souffrent de la pauvreté et de privations, mais sont aussi privés de ce bien précieux. Jésus nous a révélé que " Dieu est amour " (1 Jn 4,8) et que la vocation la plus grande de toute personne est l'amour. Dans le Christ, nous pouvons trouver les raisons suprêmes de devenir de fermes défenseurs de la dignité humaine et de courageux bâtisseurs de paix ".

Dans leur Lettre Pastorale sur la crise économique  dont souffre le pays,  publiée le 17 mai 1990, les Evêques du Cameroun ont adressé une prière à

la Vierge Marie

, pour implorer son soutien aux couches défavorisées  de notre pays. Cette prière est toujours d'une brûlante actualité aujourd'hui : "  Nous prions

la Vierge Marie

, Reine des Apôtres et Patronne de notre pays, de porter au pied de son Fils … comme un écho de toutes de toutes nos voix qui montent vers lui en ces temps de crise. Qu'au jour de sa visite… il nous trouve tous unis dans la foi, la prière et la solidarité, autour de notre Mère

la Reine

des Apôtres.

C'est à elle que s'adresse notre dernière prière. Qu'elle daigne jeter sur son peuple du Cameroun son regard maternel qui ranime la foi et redonne l'espérance ; qu'à tant de travailleurs réduits au chômage, à tant de familles sans ressources, à tant d'enfants qui n'ont pu aller à l'école faute  de moyens, à tant de jeunes qui s'interrogent sur leur avenir, à tant de malades privés de soins parce que démunis, à tant de paysans découragés, son cœur maternel trouve des paroles qui réconfortent et qui rassurent… qu'elle obtienne pour tous ses enfants du Cameroun, la libération définitive du joug de cette crise, et pour le monde entier, la libération de ces structures de péché qui sont à l'origine de tous ces maux ".

Commentaires

Samedi passé 15 mars 2008, alors tous les fidèles de la paroisse sainte elisabeth de Batcham ville étaient en pélerinage à Doumelong, les bandis ont visité la paroisse. Au presbytère, il y'avait un pétite fille. Les mafrats ont garrés la moto devant le presbytère, ont frappé à la porte. la petite fille ouvre, ils entrent, regardent les chambres mais sans rien prendre puisqu'ils avaient tout pris lors de leurs premiers passage le mardi 11 mars 2008 à 20 heures. Tout ce qu'ils ont dit cette fois si était de dire au Curé de la paroisse qu'ils vont revenir. Tous les fidèles de la paroisse sont dans la crainte. On ne sait exactement ce qu'ils veulent. Les enquêtes sont ouvertes, mais d'abord nous confions tout au bon Dieu qui connait et sait d'où ils venaient et d'où ils sont.

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